‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 133 sur 258 · VENDREDI DE LA PREMIÈRE SEM. — JÉSUS NOTRE CONSOLATEUR · texte numérisé non relu

VENDREDI DE LA PREMIÈRE SEM. — JÉSUS NOTRE CONSOLATEUR

défauts à redresser, de misères à soulager, de devoirs à remplir; vous tous, en un mot, qui sentez le poids de la nature, la révolte des passions, les épreuves do la vie, et qui appréhendez de loin les terreurs de la mort, venez tous, et « je vous soulagerai, je vous réconforterai, » je vous conduirai comme des brebis dans de gras pâturages, moi qui suis votre Pasteur; je vous fortifierai par ma doctrine, ma grâce, mes sacrements; je vous consolerai, réjouirai dans vos afflictions, comme un père ses enfants. Et ego reficiam vos.

0 bonté de Jésus! combien de fois je suis resté sourd à vos invitations si douces et si pressantes, tandis que j'écoutais la voix du monde et des passions, celle de l'orgueil, de l'ambition, de la vaine gloire, de la paresse et de la sensualité. 0 déplorable aveuglement ! Je m'en repens de tout mon cœur, et je suis résolu : 1° De ne plus chercher de consolation en dehors de vous et do votre grâce. 2° De recourir à la prière dans les remords, les combats, les difficultés et les amertumes. De vous seul, ô Jésus! je veux attendre le pardon, la victoire, la patience et la paix, selon votre promesse. Et ego reficiam vos.

2» Conditions à remplir pour être favorisé de jésus.

Le Sauveur nous a dit le bien qu'il veut nous faire, si nous allons à lui; il ajoute aussitôt les conditions à remplir pour participer à ses faveurs. « Prenez, dit-il, mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos do vos ûmes.1 »

Tollite; prenez, non de force, mais de bon cœur, mon joug sur vous; joug suave, qui ne ressemble en rien à celui du monde, de J'enfcr et des passions. Les devoirs que je vous impose sont entièrement conformes à la saine raison, à l'équité, à la justice. Ce sont des devoirs qui élèvent l'intelligence, ennoblissent la volonté et sont rendus faciles par ma grâce, par la douce paix dont ils remplissent le cœur fidèle et par l'assurance qu'ils donnent d'un bonheur éternel.

Ces devoirs, il est vrai, paraissent pénibles aux esprits superbes et insubordonnés, mais pourquoi ? parce qu'ils ne veulent d'aucun joug et tombent ainsi sous l'esclavage de leurs penchants vicieux.

(ljMalth. 11,29-50.

— Quant à vous, continue le divin Maître, entrez dans mon cœur; puisez-y par la méditation et la prière des sentiments d'humilité et de mansuétude, et jamais vous ne regretterez de vous être mis à mon service. L'humilité vous apprendra à aimer la dernière place, à vivre cachés et inconnus, sans aucune prétention; elle vous inspirera la soumission à l'autorité, la fidélité à tous mes préceptes; et par là vous trouverez le repos de vos âmes ou la paix promise à ceux qui observent ma loi sainte. Vax mulla diligcnlibus legem tuam.1 — En outre, la douceur vous fera goûter ce repos jusque dans les épreuves et les humiliations; car c'est le propre de cette vertu d'inspirer le calme et la patience dans toutes les afflictions de cette vie. — Ainsi nous parle Jésus.

Sommes-nous dociles à ce divin langage? D'où viennent nos troubles, nos agitations, nos mécontentements ? N'est-ce pas toujours du manque d'humilité, de mansuétude, de résignation? Oh ! que le service de Jésus nous serait facile et suave, si nous étions toujours soumis, dociles, patients, contents de Dieu et de sa volonté sainte! Supprimez toutes les angoisses de l'orgueil, les tortures de l'envie, les tourments de l'ambition, les inquiétudes de la vanité, les amertumes de l'amour-propre, et vous ferez l'expérience du bonheur des humbles ou des petits selon Dieu.

0 Jésus ! ô Marie ! faites-moi comprendre de plus en plus combien est dur le joug des mauvaises inclinations, et donnez-moi la grâce : 1° De vivre anéanti en votre présence et dans le sentiment continuel de mon impuissance au bien. 2° De me confier pleinement en vous et d'embrasser, avec votre secours, toutes les peines et les confusions qu'il vous plaira de m'cnvoyer.

SAMEDI DE LA PREMIERE SEMAINE. - L'Ave Maria.

Préparation. — Le samedi étant consacré à la divine Mère, nous réveillerons demain notre confiance en elle, en méditant 1° L'excellence de la Salutation angélique. 2° Ce que cette prière renferme de doctrine et d'enseignements pour nous. — Nous prendrons ensuite la résolution de la réciter souvent afin de mériter la protection de Marie, sans laquelle, dit saint Germain, personne ne peut triompher de soi-même, ni avancer dans la vie spirituelle. Nisi tu iter aperires, o Maria! nemo syiritualis evaderet.

(l)Ps. 113.

1° Excellence de la salutation Angélique.

Comme Jésus nous a révélé la formule de prière que nous devons adresser chaque jour à notre Père qui est aux cieux; ainsi le Saint-Esprit par l'organe de l'Archange Gabriel, de sainte Elisabeth et de l'Eglise catholique, nous a composé la requête dont nous devons user à l'égard de notre céleste Mère.

L'Ave Maria ou la Salutation angéliqueest la rnis belle prière après l'Oraison dominicale. Par elle, en effet, nous vénérons, nous saluons et exaltons la Mère de nos ames dans les termes dont Dieu lui-même s'est servi, par son Ambassadeur fidèle, pour le grand mystère de l'Annonciation; nous la félicitons, avec l'Ange et sainte Elisabeth, de la sublime prérogative qui la distingue de toutes les créatures, en la rendant Mère du Créateur. Puis avec l'Eglise, inspirée de l'Esprit-Saint, nous la supplions, par sa divine Maternité, de nous venir en aide, pendant la vie et à la mort.

Ce n'est donc pas sans raison que les Saints ont attaché tant de prix à la récitation de cette touchante supplique. Le bienheureux Alphonse Rodriguez la récitait avec une tendre piété chaque fois qu'il entendait sonner l'heure. La nuit, les Anges venaient l'éveiller, afin qu'il s'acquittât de ce tribut de louanges à l'égard de sa Reine bien-aimée. De quelle estime n'était pas pénétré saint Alphonse pour la Salutation angélique! 11 la récitait à chaque quart d'heure, et il assurait qu'elle est plus précieuse devant Dieu que toute la création. Cette prière, en effet, a été comme l'annonce et le commencement du monde régénéré, monde de la grâce, infiniment supérieur à toute la nature. En outre, elle nous procure des biens si désirables, qu'une religieuse bénédictine, apparaissant après sa mort, déclara qu'elle serait prête à subir jusqu'au jugement général les douleurs de sa dernière maladie, pour obtenir un degré de gloire correspondant au mérite d'un seul Ave Maria.*

Avec quelle ferveur ne devrions-nous donc pas réciter cette prière, surtout quand l'heure sonne, ou que nous commençons une action, que nous devons sortir, recevoir quelqu'un, donner un conseil ! Faisons-le du moins : 1° Avant nos repas, notre repos, nos récréations. 2° Dans les combats que nous livrent le monde, la

(l) S. Alph.

chair et le démon. 3° Dans les peines et les épreuves de la vie, dans toutes les occasions difficiles d'exercer la vertu.

0 ma Souveraine et ma Mère, Marie ! je voudrais vous saluer et vous prier à tous les moments du jour et de la nuit. Car heureux sont les cœurs tout parfumés d'Ave Maria! ils répandent autour d'eux la bonne odeur de Jésus, dont vous êtes la plus parfaite image. Obtenez-moi la grâce de parsemer ma vie des roses précieuses de la Salutation angélique, afin qu'après ma mort j'arrive à vous tout embaumé de leur parfum.

2° Doctrine et enseignement de l'ave maria.

Dans cette prière, nous commençons par féliciter de ses grandeurs la Bière bénie du Verbe incarné. « Je vous salue, Marie, pleine de grâce. » Cette salutation, dit saint Thomas, étonne par sa nouveauté ; jamais on n'en avait entendu de pareille de la bouche d'un Ange. — Mais pourquoi l'Ange appelle-t-il Marie « Pleine de grâce? » parce que, dit l'angélique Docteur, elle en a reçu une plénitude assez grande pour sanctifier tous les hommes ; ce qui doit singulièrement fortifier notre confiance, lorsque nous la prions. Cette confiance s'accroît quand nous prononçons dévotement le nom de Marie, qui est un nom de douceur, d'espérance et d'amour, nom qui éclaire, fortifie et console tous ceux qui l'invoquent.

« Le Seigneur est avec vous, » c'est-à-dire d'une manière plus spéciale qu'avec les autres créatures. Et en effet, le Père n'est-il pas avec Marie, comme avec sa Fille par excellence, le Fils comme avec sa digne Mère, le Saint-Esprit comme avec son Epouse bienaimée? — « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, ô Marie! à la différence d'Eve qui est tombée sous la malédiction du péché et nous a entraînés dans sa ruine. Aujourd'hui nous sommes bénis avec vous, ô Mère de Dieu, devenue la Mère de nos âmes. Et d'où nous vient cette bénédiction ? De Jésus, le Béni avant tous les siècles, et de vous, ô Marie ! qui êtes toute-puissante auprès de lui. Et benedictus fractus tui ventris Jésus.

Après avoir ainsi salué et loué la bienheureuse Vierge, nous jetons un regard sur nous-mêmes, et pénétrés du sentiment de nos misères, nous lui disons : « Sainte Marie, Mère de Dieu ! » Les enfants aiment à redire le nom de leur Mère, et à proclamer ses titres de noblesse ; ils raniment ainsi leur amour et leur confiance.

médit, i. 24

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