‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 132 sur 258 · JEUDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE. — TRISTESSE SELON DIEU · texte numérisé non relu

JEUDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE. — TRISTESSE SELON DIEU

n'est point de sacrifice qu'on ne fasse alors en esprit de pénitence et pour imiter Jésus crucifié. — Tandis que la mauvaise tristesse, dit Cassien, nous rend rudes, impatients, chagrins ; tandis qu'elle nous décourage, nous éloigne du bien et nous porte au désespoir, la bonne tristesse nous apprend toutes les vertus et nous communique les fruits du Saint-Esprit. — Et quelle récompense n'en aurons-nous pas dans le ciel ! « Dieu lui-même, dit l'Ecriture, essuiera les larmes de ses Elus.1 » Après avoir semé dans les pleurs, nous récolterons dans la joie et l'allégresse, comme parle le Psalmiste.2 In exuUatione matent.

N'êtes-vous pas insensible à ce qui faisait pleurer les saints, c'est-à-dire aux maux de l'Eglise, aux scandales qui se commettent, aux outrages que reçoit la majesté divine, et à la pensée du grand nombre d'âmes qui périssent chaque jour? Vous êtes cependant si délicat, si susceptible, quand il s'agit de vos intérêts, de votre honneur et de votre santé. D'où vous viennent de telles dispositions? sans doute de ce que l'amour-propre domine en vous l'amour divin.

0 Jésus ! préservez-moi de cette joie vaine qui dissipe, qui est l'ennemie de la retenue et nous fait perdre en une heure le fruit des exercices pieux de tout un jour. Donnez-moi, au contraire, les dispositions saintes que vous aviez dans le Jardin des Olives, où la crainte, — l'ennui — et la tristesse s'emparèrent de votre âme. Daignez donc m'inspirer : 1° La crainte salutaire des coups de la divine justice. 2° Le dégoût des maximes el des satisfactions du siècle. 3° L'esprit de componction, qui me fasse pleurer mes fautes parce qu'elles ont blessé l'excellence infinie de votre Père céleste. Rendez-moi recueilli au milieu des affaires, — détaché du monde dans les sociétés, — ami de la solitude, du silence et de la prière, parmi les occupations les plus distrayantes. Je vous demande ces grâces par l'intercession de la Mère des douleurs.

(l)Apoc. 21,-i. (2) Ps. 123,5-6.

VENDREDI DE LA PREMIÈRE SEM. — JÉSUS NOTRE CONSOLATEUR. "2Tâ

VENDREDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE. — JéSUS notre Consolateur.

Préparation. — Le moyen par excellence de fuir la mauvaise tristesse et de conserver la paix de l'âme, c'est d'avoir recours à Jésus, le consolateur des affligés. Méditons donc : 1° Avec quelle bonté il nous presse d'aller à lui. 2° A quelle condition il nous fera part des biens et des consolations célestes. — « Venez tous à moi, nous crie-t-il, vous qui travaillez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. » Approfondissons le sens de cette divine parole. Venite ad me omnes qui taboratis et onerali eslis, et ego rc/iciam vos.1

lo Jésus nous presse de venir a lui.

Le Sauveur, pendant sa vie mortelle, disait à la Chananéenne : « Je ne suis envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël.2 » Aujourd'hui qu'il est mort et ressuscité, il dit aux hommes de toutes les contrées de la terre sans exception : « Venez tous à moi, » venite ad me omnes. — « Venez, » que craignez-vous? pourquoi redouter ma majesté, ma puissance, ma sainteté, ma justice? Ne suis-je pas votre Créateur, votre Père, votre Frère, votre Rédempteur? Venez par la foi, la prière, le désir, la dévotion, la confiance et l'amour. — « Venez a moi, » à moi qui vous conserve la vie, la vie du corps et celle de l'Ame; à moi qui vous donne la lumière de la raison et les splendeurs de la foi et du don d'intelligence; à moi qui vous nourris de ma chair, après vous avoir rachetés de mon sang. Venez à moi dans les églises, à toute heure, ou pendant la sainte Messe ou dans la Communion.

« Venez tous » sans distinction, sans excepter ceux qui sont couverts de la lèpre hideuse du péché. Je suis le môme qui ai rendu la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, l'usage de leurs membres aux paralytiques; j'ai guéri les malades, chassé les démons et ressuscité les morts ; il n'est point de miracles que je ne puisse faire en votre faveur. Venez donc tous avec confiance.

Mais venez surtout « vous qui travaillez » péniblement à l'édifice de votre perfection, « vous qui êtes chargés » de tant de

(1) Malth. 11, 23. (2) Matth. 15, 24.

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