LUNDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE. — LE BON PASTEUR
Non content de nous préférer à ses anges, qu'il a laissés périr en si grand nombre, il a parcouru, pour nous chercher, les monts, les collines et les vallées, travaillant, se fatiguant, bravant la faim, la soif et l'intempérie des saisons. On l'a vu subir toutes les injures, se laisser bafouer, flageller, couvrir de crachats et de meurtrissures, et supporter toutes sortes d'avanies pour nous sauver. Et le voilà qui tombe épuisé sous le fardeau d'une croix!
Oh ! que son corps ensanglanté, ses chairs en lambeaux, sa tète déchirée par les épines et son beau visage couvert de sang nous crient éloquemment à tous qu'il est le bon Pasteur, celui qui donne sa vie pour ses brebis ! Et de fait, tandis que le mercenaire s'enfuit et abandonne le troupeau à la dent des loups, Jésus monte au Calvaire, prend sur lui nos infirmités et subit volontiers la mort pour nous sauver. 0 admirable effusion de la bonté divine! inestimable tendresse de l'infinie charité! afin de ramener des esclaves, des brebis errantes et vagabondes, le Fils de Dieu luimême s'est livré pour nous.
Mais nous n'étions pas seulement des brebis errantes; nous étions encore rebelles ; et c'est à force de caresses que Jésus a triomphé de nos révoltes insensées. Dans le temps même où les hommes l'outrageaient, le faisaient mourir, il nous a comblés de biens. Du haut de la croix où il expirait, il nous donnait l'Eglise, nous laissait sa Mère et se léguait lui-même à nous dans l'Eucharistie. Oh ! ne cessons jamais de remercier ce tendre Pasteur d'avoir envoyé ses bienfaits au lieu de ses châtiments, à la conquête de nos cœurs obstinés.
0 Jésus! que vous rendrai-je en retour de tant de bontés gratuites? Je ne puis rien vous donner de meilleur que de vous consacrer mon amour. Mais faites que cet amour : 1° Soit docile, ou toujours prêt à vous obéir, au moindre signe de votre volonté. — 2° Qu'il soit dévoué ou disposé à vous suivre en tout et partout comme il vous plaira. — 3° Qu'il soit fort et généreux, c'est-àdire capable d'endurer des privations et de s'imposer des sacrifices pour vous rester fidèle, ô mon aimable Pasteur!
2° Jésus justifie chaque jour son titre de bon pasteur.
Jésus assure dans saint Luc, qu'il est ce Pasteur plein d'amour, qui, ayant perdu une de ses cent brebis, abandonne les quatrevingt-dix-neuf autres, et se met à la recherche de la pauvre éga-