MÉDIT. SUPI LÉM. X. — PUISSANCE DE LA PRIÈRE
à se répandre, à donner de sa plénitude à toutes ses créatures. Deus cujus natura bonitas.* Dieu est charité, dit saint Jean ;2 or, le propre de la charité c'est d'aimer et de témoigner cet amour par des bienfaits.
Un des plus grands que Dieu nous ait accordés, est celui de nous avoir confié la clef de ses trésors, en nous disant à tous : « Je vous le certifie, Dico vobis, tout ce que vous demandez dans la prière, toute faveur quelconque, omnia quœcumqiie, croyez que vous la recevrez, et elle vous sera donnée.3 » « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous l'accordera.'1 » Quel prince a jamais ainsi parlé à ses sujets ? Quel père à ses enfants ?
En vertu de ces promesses, de la part de Celui qui ne trompe pas, la prière participe à la toute-puissance de Dieu. Comme le Seigneur ne peut être infidèle à sa parole, ainsi est-il impossible que la prière manque de force dans la bouche du pécheur même, quand il prie avec confiance. — De là saint Alphonse a pu dire : « Il est certain que celui qui prie se sauve ; il est certain que celui qui ne prie pas se damne. Tous ceux qui se sont sauvés, se sont sauvés par la prière. Tous ceux qui se sont damnés, se sont damnés pour avoir néglige de prier; et ce sera là leur plus grand sujet de désespoir en enfer.5 »
Votre conduite accuse-t-elle une foi pratique à ces vérités? Avez-vous confiance dans la prière? y recourez-vous fréquemment, le matin, le soir, avant et après le travail, pendant les occupations, dans les rues, à la promenade et partout? — 0 mon Dieu! si j'avais soin de vous invoquer souvent pour me corriger de mes défauts, me verrait-on toujours si imparfait, si attaché à mes idées et à mes volontés, si enclin à l'impatience et à la désobéissance? Accordez-moi I'esprit d'oraison, et faites-moi comprendre cette parole si vraie de sainte Catherine de Sienne : « La prière est un pâturage, un champ, où toutes les vertus, surtout la foi, l'espérance et l'amour, trouvent leur nourriture, — leur développement — et leur vigueur. »
(1) S. Léon. (>) 1 Joan. i. (3) Marc. 11. 21.
(4) Joan. 16, 23. (3) Toiii. 1, Prépar. à la moi t.