SEXAGÉSIME. DIMANCHE. — LA PAROLE DE DIEU
comme la semence le long du chemin, où elle est foulée aux pieds et mangée par les oiseaux du ciel.' —Ici sont désignés les esprits dissipés , ouverts à toutes les nouvelles du monde. Secus viam. 11 est facile au démon de leur enlever le peu d'impression que leur ont fait les sermons et les pieuses lectures. Il lui suffît de leur suggérer des préoccupations étrangères aux choses du salut. — Le remède à ce mal est le recueillement habituel, qui nous met en garde contre la dissipation du siècle et à l'abri des distractions funestes dont Satan se sert pour nous ôtcr toute vie intérieure. Et volucres cœli comederunl illud.
Il en est d'autres, continue le Sauveur, qui reçoivent la divine semence avec joie, mais comme leur cœur est lâche et infidèle, elle n'y prend point racine, et se dessèche bientôt après, au vent brûlant de l'épreuve ou de la tentation. Ils n'ont pas le courage de faire un sacrifice, et perdent ainsi le fruit de la parole sacrée. — Préservons-nous de ce malheur par une résolution ferme et sincère de mettre en pratique ce qu'on nous a recommandé; et, i\ cette fin, prions avec instance Jésus et Marie de nous venir en aide. Natum aruit, quia non liabebat humorem.
Le Sauveur parle enfin de ceux qui reçoivent, parmi les épines ou les attaches, la semence de la divine parole. Elle est, dit-il, bientôt étouffée par les sollicitudes de la vie présente, le soin d'amasser des richesses et la passion de se procurer des plaisirs. — Mais il en est tout autrement du cœur libre et dégagé des affections terrestres. Avec quelle sainte avidité il se nourrit de la doctrine du salut! et quelle facilité n'a-t-il pas de la retenir et de lui faire produire des fruits ! L'âme qui se soucie peu des intérêts matériels, des satisfactions des sens, de l'estime et de la réputation, et désire uniquement de se sanctifier, profite de tout ce qu'elle voit, lit et entend, pour s'unir à son Seigneur bien-aimé.
0 Jésus! vous dirai-je avec l'auteur de l'Imitation, j'ai besoin ici-bas d'aliment et de lumière, c'est-à-dire de votre corps sacré pour me nourrir, et de votre divine parole pour m'éclairer. Faites-moi profiter de l'un et de l'autre, afin que mon cœur se forme sur le vôtre. A cette fin, rendez-moi toujours profondément recueilli, — constamment fidèle à la grâce — et entièrement détaché de tout ce qui n'est pas vous.
(1) Luc. 8, 5-12.