SEXAGÉSIME. LUNDI. — EFFICACITÉ DE LA PAROLE DE DIEU
Le Sauveur ajoute « qu'il faut la conserver dans son cœur. » Il ne suffît pas à la semence de tomber en terre, pour germer et se développer aussitôt ; mais il lui faut encore du temps, de la rosée, de la pluie, de la culture. — La parole de Dieu ne sanctifiera pas notre âme en un instant. Nous devons la méditer, la faire pénétrer en nous pour bannir de notre esprit les préjugés et réformer nos sentiments, notre conduite, selon la doctrine et les exemples de Jésus. Peu à peu, soutenue par la prière et la grâce, cette divine parole réprimera dans notre intérieur ce qui reste de l'homme naturel, terrestre et mondain ; elle s'emparera totalement de notre intelligence et de notre volonté, pour nous transformer en Jésus.
Mais ce résultat, ajoute le divin Maître, ne peut être obtenu qu'au moyen de la patience. Comme le laboureur attend pendant l'hiver et plus longtemps encore le fruit de son travail, ainsi nous devons nous résigner à ne pas toujours constater nos progrès selon nos désirs empressés. Il y a dans la vie spirituelle des jours de sécheresse, de lâcheté involontaire, où tout semble languir et périr. Il est des jours de tempêtes, de combats, où tout paraît en nous se renverser et nous ôter tout espoir de récolte. Gardonsnous alors de nous laisser abattre ; car de là nous viendra le salut. Si nous savons embrasser avec courage ce que Dieu nous envoie, ces sortes d'épreuves, sanctifiées par notre patience, achèveront d'affermir en notre âme les effets précieux de la divine semence. Nous produirons alors cent pour un, par la pureté de nos intentions, la conviction de notre foi, la fermeté de notre confiance et la solidité de notre amour envers Dieu et envers le prochain.
0 Jésus, sagesse incarnée ! inspirez-moi le plus profond dégoût des lectures profanes, des conversations frivoles, des vaines occupations du siècle, afin que, l'onction de votre grâce s'emparant de mon cœur, je place désormais ma joie à lire, à écouter, à méditer votre parole et à lui faire produire des fruits. Rendez-moi désormais attentif à vos lumières, — docile à votre voix, — fidèle à exécuter tous vos désirs, en dépit des craintes, des luttes, des répugnances de ma nature viciée, si ennemie des peines, des travaux et des sacrifices. Et fructum afferunt in patientin.