EN JÉSUS
L'enfant voit ses parents travailler, se donner mille peines pour le nourrir et le vêtir, et, quoique convaincu de son impuissance à se pourvoir du nécessaire, il vit néanmoins sans inquiétude. Plus même il est incapable de marcher, de s'alimenter sans le secours d'autrui, plus il dort paisiblement, insouciant du lende-
main. — Son abandon aux auteurs de ses jours est aveugle et sans réserve. Jamais il ne raisonne sur la possibilité d'en être délaissé ; mais se reposant entièrement sur eux, il ne songe pas même aux frais, aux embarras qu'il occasionne, tant il compte sur leur tendresse !
Bel exemple pour nous ! En voyant le Dieu qui nous a créés, devenir Enfant dans l'intérêt de notre salut, pouvons-nous douter qu'il ne nous aime d'un amour plus invincible que celui des parents à l'égard de leurs enfants? Et s'il en est ainsi, avec quelle assurance ne devons-nous pas nous confier en Jésus et remettre notre sort entre ses mains ? Plus nous nous sentons faibles et misérables dans la vie spirituelle, plus notre abandon à son égard doit être constant et absolu.
« Le médecin est nécessaire, dit-il, non à ceux qui se portent bien, mais aux malades; je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, surtout ceux qui se reconnaissent tels.1 » « Le Père céleste, ajoute-t-il ailleurs, m'a envoyé guérir ceux qui sont contrits et humiliés.2 Quiconque espère en moi recevra la santé de l'âme.3 » — Plus donc nous avons de plaies à fermer, plus nous devons compter sur Jésus. Seul il peut guérir notre orgueil par son humilité, notre sensualité par ses privations, notre amourpropre et notre égoïsme, par sa charité sans bornes envers nous.
D'un autre côté, n'avons-nous pas le droit et le devoir de recourir à lui ? le droit, puisque le Père éternel nous l'envoie comme un Sauveur; le devoir, puisqu'il ne nous est pas permis de croupir dans nos misères, après qu'un Dieu est descendu du ciel pour nous en relever. — 0 Jésus, Enfant divin ! de la crèche où vous reposez, vous nous criez à tous : « Venez à moi, vous qui travaillez péniblement à vous sanctifier, venez à moi par la prière et la confiance, et je vous soulagerai. » 0 mon Sauveur ! que vos taroles me sont douces et que vos bienfaits me rassurent! Par l'intercession de votre tendre Mère, accordez-moi la grâce : 1° De m'abandonner d'autant plus à vous, que je me sens plus impuissant au bien. 2° De tenir surtout cette conduite dans les afflictions, les. peines intérieures et les violentes attaques du monde, de l'enfer et des passions.
(1) Matth. 9, 12-13. (2) Luc. 4, 18. (5) Prov. 28, 25.
MàniT. i.