MARS. — SAINT BENOIT, FONDATEUR DES BÉNÉDICTINS
auprès de Jésus et de Marie est proportionné à l'intimité de ses rapports avec eux et aux services qu'il leur a rendus.
« Depuis plusieurs années, disait sainte Thérèse, je lui demande, le jour de sa fôte, une grâce particulière, et j'ai toujours vu mes désirs accomplis. Je l'ai choisi pour mon Patron et je me recommande à lui en toutes choses. J'ai toujours vu les personnes qui ont envers lui une vraie dévotion, faire des progrès dans la vertu. Son crédit auprès de Dieu, ajoute-t-elle, est d'une efficacité merveilleuse pour tous ceux qui T'implorent avec confiance. » — Et s'il procure tant de faveurs temporelles à ceux qui l'invoquent, comme l'assurent des auteurs sérieux, combien plus nous obtiendra-t-il des grâces spirituelles, à nous qui souhaitons de marcher sur ses traces !
Il est surtout le Patron de la vie intérieure, de cette vie de foi, de prière, de renoncement à nous-mêmes et d'union avec Dieu; de cette vie qui nous rend attentifs aux opérations de l'Esprit-Saint et nous fait travailler avec lui à former nos cœurs sur le Cœur de Jésus. Prions-le donc à cette fin.
0 saint Patriarche ! vous connaissez mon impuissance au bien. Communiquez-moi la confiance en votre secours, et faites-moi EsrÉRER de vous : 1° La force de réformer mon intérieur et de combattre tous mes défauts, afin d'établir en moi le règne parfait de Jésus. 2° La fidélité à vous invoquer souvent pendant mes occupations, afin de joindre ainsi l'oraison au travail, la contemplation à l'action, comme vous le faisiez vous-même à Nazareth, en union avec Jésus et Marie.
21 mars. — Saint Benoit, fondateur des Bénédictins.
Préparation. — « N'aimez point le monde, dit saint Jean, ni les choses qui sont dans le monde.1 » Saint Benoît accomplit cette parole à la lettre : 1° Il aima passionnément la solitude. 2° 11 y vécut entièrement détaché. — Examinons si nous ne sommes pas trop avides de converser avec les créatures. Opposons à cette tendance la résolution de nous entretenir souvent avec Dieu, dans l'humble sanctuaire de notre cœur, loin du siècle et de ses vains plaisirs. Nolite diligere mundum, neque eu quœ in manda siint.
(i)IJoan. 2, 15,
420 21 MARS. — SAINT BENOIT, FONDATEUR DES BÉNÉDICTINS. 1° Amour de saint benoît pour la solitude.
Issu d'une famille illustre, ayant tous les avantages de l'esprit, du cœur et de la fortune, Benoît, à peine âgé de quatorze ans, s'effraie des dangers du monde et court abriter son innocence dans une caverne presque inaccessible. Il y passe trois années, ne vivant que d'un morceau de pain. Là, jamais il ne parle aux hommes, mais ses entretiens avec Dieu sont continuels. Jaloux de son progrès, le démon l'attaque avec fureur et cherche à le décourager. Mais le saint jeune homme triomphe de ses efforts, en redoublant de prières et de mortifications.
Admirons les desseins de la Providence. Pendant que Benoît lutte ainsi dans la solitude contre l'ennemi du salut, Dieu répand dans son âme des grâces si abondantes, qu'elles le disposent à devenir un jour le patriarche de l'immense multitude des moines d'Occident. Plus le Saint aura fui le monde, ia vie matérielle et terrestre, plus le Seigneur l'entourera d'hommes spirituels et célestes qui chanteront avec lui les louanges du Très-Haut. Tant il est vrai que la solitude est l'arsenal des grands projets, le sanctuaire où Dieu prépare ses élus aux plus sublimes entreprises, en les formant aux vertus héroïques. — Les nombreux disciples reçus par notre Saint et les occupations multipliées qui s'en suivent pour lui, ne lui ôtent pas l'amour de la vie retirée. Il y consacre tous ses moments libres, en vaquant à I'oraison dans sa cellule, afin de puiser en Dieu les lumières et les grâces dont il a besoin pour diriger ses religieux.
Oh ! si nous avions la foi des Saints et leur désir des biens célestes, quelle horreur n'aurions-nous pas du monde et des dangers continuels qu'on y court? N'en revient-on pas d'ordinaire l'esprit distrait, le cœur aride, l'imagination pleine d'images futiles et dangereuses, et la mémoire importunée de souvenirs, qui se présentent à nous dans la prière et nous empêchent d'y être seuls avec Dieu ? Que saint Benoit a donc été sage de fuir le siècle et de se retirer loin des créatures pour trouver le Créateur!
Agissez de même : Retirez-vous chaque jour quelque temps pour prier, et vous disposer, surtout le matin, à remplir vos devoirs avec calme, avec foi et ponctualité. — Retirez-vous chaque semaine, pour vous examiner, vous confesser et renouveler vos bons propos. — Chaque mois, pendant un jour, retrempez dans l'oraison votre âme si desséchée par le soin des affaires. —