MARS. — SAINT BENOIT, FONDATEUR DES BÉNÉDICTINS
Chaque année, pendant environ une semaine, méditez plus spécialement les vérités du salut et éveillez en vous une ferveur nouvelle.
0 mon Dieu ! rendez désormais plus sérieuses et plus constantes les résolutions de mes retraites mensuelles et annuelles, et, à cette fin, communiquez-moi l'esprit de priEre, — d'ATTENTiON sur moi-même — et de fidélité à votre grâce.
2o Détachrment pratiqué par SAINT BENOIT.
II servirait peu de vivre dans la solitude, si le cœur était rempli d'affections terrestres. Pour être vraiment seul avec Dieu, il est nécessaire de se détacher de tout ce qui n'est pas Dieu. Saint Benoît comprit cette vérité. À la fleur de l'âge, il quitte sa maison, ses parents, ses amis, renonce à toutes ses espérances d'avenir, fait le sacrifice de lui-même, et embrasse une vie pénitente, sans autre consolation, sans autre appui que Dieu. Qui n'admirerait cet héroïque détachement, surtout dans un jeune homme élevé avec délicatesse?
Le Seigneur, qui promit aux Apôtres le centuple en retour des biens qu'ils abandonnèrent pour lui, sut bien récompenser Benoît de son dénùment volontaire. Il le fit père de cette immense famille bénédictine, où sont venues se réfugier tant de grandes âmes, d'où sont sortis tant de Pontifes, de savants et de Saints, et dont les influences s'étendirent jusqu'aux extrémités de l'univers. — Dieu lui donna surtout une sainteté éminente, enrichie de toutes les vertus, ornée des dons les plus exquis; il lui communiqua le pouvoir de commander à la nature, de guérir les malades, de ressusciter les morts, d'enchaîner les démons, de lire dans les consciences et de connaître les secrets les plus cachés. — Grâce à son parfait dégagement, le Saint possédait une paix inaltérable qu'aucun événement ne troublait, une lucidité d'esprit qui lui fit composer une Règle si pleine de sagesse et de discrétion, qu'elle fut adoptée dans tous les mc-iiastères de l'Occident.
Si, comme saint Benoît, vous voulez jouir des faveurs célestes, de cette tranquillité d'âme qui ne craint, ne désire et no regrette rien, vivez entièrement détaché et comme indifférent à tout ce qui n'est pas du bon plaisir divin. Que vous importe, en effet, ce qui ne contribue point à la gloire du Seigneur, à son contentement, à votre progrès spirituel, à votre éternelle béatitude? A
422 2b MARS. — LE VERBE ÉTERNEL S'EST FAIT L'UN DE NOUS.
quoi vous serviront vos sollicitudes, vos agitations à l'égard de mille bagatelles qui vous amusent et vous préoccupent?
0 mon Dieu ! par les mérites de Jésus et de Marie, accordez-moi la grâce : 1° De méditer souvent le néant des biens passagers et de tout ce qui peut ici-bas attirer mes affections. 2° De vivre désormais sur la terre, à l'exemple de saint Benoît, comme si j'y étais seul avec vous.
25 mars. - Le Verbe éternel, en s'incarnant, s'est fait l'un de nous.
Préparation. — C'est le propre de l'amour, dit saint Jérôme, de nous rendre conformes à l'objet aimé. Voilà pourquoi le Verbe divin, dans sa charité pour nos âmes, voulut : 1° Devenir semblable à nous. 2° Nous rendre semblables à lui. — Examinons en quoi nous différons de Jésus, c'est-à-dire quels sont en nous les défauts qui nous empêchent de l'aimer parfaitement. Car l'amour unit les cœurs et leur donne les mêmes sentiments. AmicUia aut pares invenit mit facit.
1» Le fii.s unique de dieu a voulu devenir semblable a nous.
Qui n'admirera la charité sans bornes du Verbe éternel, qui vivant à jamais heureux dans le sein du Père, a voulu par amour descendre jusqu'à notre néant, et s'assujettir à toutes nos misères pour mieux se conformer à notre humble condition? Tout lui est commun avec nous, sauf le péché. Nos ancêtres sont les siens ; sa Mère est fille d'Adam comme nous, mais sans la tache originelle. Il a pris notre nature, une intelligence comme la nôtre, une mémoire, une imagination, une volonté, une liberté comme nous en avons, mais toujours portées au bien. Son cœur ne diffère pas du nôtre, si ce n'est par la sainteté. — Il a même voulu nous ressembler, selon l'Apôtre, dans ce que* nous avons de plus infime, et il a pris une chair semblable à notre chair de péché : In similitudinem carnis peccati.{ Il s'est fait serviteur ou esclave, formam servi accipiens* parce que nous étions les esclaves de Satan. Il a voulu être éprouvé de toute façon, tentatum per omnia,* parce
(1) Rom. 8, 3. (2) Phil. 2, 7. (3) Hebr. 4, 15.