AVRIL. (BIS.) — SAINT MARC, ÉVANGÉLISTE. AU
de vue la parole du divin Maître : « Si vous ne devenez comme des enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. » Il suivit, en effet, partout le Prince des Apôtres, comme un fils son père; il lui obéissait en tout, allait au-devant de ses désirs et expliquait sa doctrine à tous ceux que saint Pierre évangélisait. Jamais il ne s'écarta de l'enseignement de son maître.
Celui-ci avait coutume, par humilité, de taire ce qui était à sa louange et de raconter ce qui pouvait tourner à sa confusion ; le disciple use du même procédé, par cet esprit de docilité qui obéit sans raisonner et imite instinctivement ce qui le frappe dans son modèle. Il omet, en effet, dans son Evangile plusieurs traits honorables pour saint Pierre, tandis qu'il expose en détails ses trois reniements; et l'on ne sait ce qu'il faut le plus admirer en cela, ou l'humilité du maître qui l'approuve, ou la docilité du disciple qui l'écrit. Quoi qu'il en soit, le Prince des pasteurs donnait le nom de fils à son cher sujet toujours soumis. Marais, filins meus.*
Y a-t-il dans votre cœur quelque répugnance à obéir ? c'est un signe que I'humilité n'a point encore entièrement assujetti votre jugement et votre volonté à l'autorité légitime. En vain prétendezvous nourrir en vous l'orgueil, la prétention, la suffisance, et rester malgré cela docile et assujetti ; tôt ou tard votre amourpropre reprendra ses droits, et vous saurez par expérience combien l'humilité est nécessaire à la vertu d'obéissance*
Formez donc la résolution : 1° De vous tenir toujours dans la pensée de votre néant, de votre ignorance, de votre impuissance au bien, et vous ferez bientôt vos délices de vous laisser conduire par vos supérieurs, comme par Dieu lui-môme. Quasi fitii obedienliœ.'* 2° Réveillez souvent votre foi sur le motif qui vous montre l'autorité divine dans ceux qui sont chargés de vous diriger et de vous commander.
0 doux Jésus ! daignez m'inspirer vous-même cet esprit de soumission et d'obéissance que vous avez donné à saint Marc, afin que j'accomplisse en tout votre adorable volonté, sans examen, sans raisonnement, sans répugnance, dans l'unique intention de vous glorifier et de vous plaire. Quasi filii obedientiœ.
(1) I Petr, 5, 13 (2),I Petr. 1, 14.