AVRIL. (BIS.) — SAINT MARC, ÉVANGÉLISTE
2o Bonté qui distingua saint marc.
Pendant que saint Marc travaillait à Rome et à Aquilce, on remarquait en lui une propension spéciale à aider les fidèles, à leur apprendre les premiers éléments de la foi, à se faire tout à tous pour les gagner à Dieu et sauver leurs Ames. Saint Paul, qui le connaissait, en témoigne une grande estime dans une Epître, et n'hésite pas à l'appeler auprès de lui pour profiter de ses services;1 tant il est vrai que le dévouement et la bonté du cœur sont les meilleures recommandations dans le saint ministère, et dans l'exercice de la charité chrétienne !
Envoyé par saint Pierre pour évangéliser l'Egypte et les provinces voisines, notre Saint convertit une foule d'idolâtres qui, gagnés par sa douceur et ses miracles, détruisirent eux-mêmes leurs temples et leurs idoles, et devinrent de fervents chrétiens. Qui ne connaît l'histoire de l'Eglise d'Alexandrie, fondée par saint Marc? Cette Eglise, au rapport d'Eusèbe, était si prospère qu'on en eût pris les nombreux fidèles pour des religieux, tant leur piété était solide. Ces heureux résultats, dus au zèle et à la charité de notre Saint, lui valurent la couronne du martyre.
Et quelle plus belle récompense pouvait-il ambitionner, après avoir, comme son divin Maître, passé sa vie à répandre des bienfaits? Car le bien que fait un bon cœur peut-il jamais trouver icibas un salaire digne de lui? Ne doit-il pas prétendre aux palmes qui ne se flétrissent point durant l'éternité ?
Rentrons ici en nous-mêmes et voyons : 1° Si nous ne sommes pas trop sensibles, quand on n'apprécie pas nos travaux, nos fatigues, notre dévouement, ou qu'on néglige de nous remercier d'un service rendu ? — 2° N'opôrons-nous pas quelquefois le bien pour une autre fin que Dieu, sa grâce, son honneur et son contentement? Regardons désormais tout autre salaire, comme indigne de nous et n'aspirons plus qu'aux récompenses éternelles.
0 belles flammes d'amour qui avez consumé le vie de mon Jésus et de sa divine Mère ! venez et consumez en moi toute les aflèctions terrestres, afin que mes pensées, mes paroles, mes désirs et mes actions ne respirent que la gloire de Dieu et le salut du prochain, à l'exemple des Apôtres et de leurs vrais disciples.
(l)IITim. 4, 11.
26 AVRIL. — NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL. M'a
26 avril. — Notre-Dame de Bon Conseil.
Préparation. — « Le conseil vous gardera, dit l'Esprit-Saint, et la prudence vous préservera de la voie des pécheurs.1 » 1° Marie fut de tout temps la Conseillère de l'Eglise. 2° Elle le fut surtout des Saints qui mirent en elle leur confiance. — Un des fruits de cette méditation sera de nous faire contracter l'habitude d'invoquer cette tendre Mère chaque fois qu'il nous faut prendre ou donner conseil, résoudre un doute, lever une difficulté, trouver les moyens de conduire à bonne fin ce qui nous est commandé. Consîtium custodiet te, et prudentia servabit te.
1° Marie, conseillère de l'église catholique.
L'Eglise applique à Marie ce qui est dit de la Sagesse incarnée : a J'habite dans le Conseil de Dieu ; j'étais dans sa pensée, lorsqu'il organisait le monde.2 C'est moi qui ai fait naître dans les cieux une Lumière qui ne s'éteindra jamais.3 » — Quelle est cette Lumière, sinon le Verbe incarné? Il communiqua à sa divine Mère les splendeurs de la sagesse dont il est le foyer, en sorte qu'après son Ascension glorieuse, il pût la laisser à sa place sur la terre, pour confirmer les Apôtres et leurs disciples dans la doctrine évangélique. Et en effet, elle résolvait leurs doutes et les aidait de ses conseils dans les difficultés.
Du haut du ciel, avec quelle sollicitude ne continue-t-elle pas ce charitable office! Saint Cyrille l'appelle « la Lampe inextinguible et l'Appui de la foi orthodoxe. » L'Eglise déclare que Marie seule a écrasé dans l'univers entier toutes les hérésies/ — N'est-elle pas aussi pour nous cette Colonne lumineuse qui, pendant la nuit, guidait à travers la solitude le peuple élu d'Israël ? Ici-bas nous marchons comme au désert, sans pouvoir clairement discerner notre route. Or, selon saint Germain, c'est à Marie que nous devons, après Jésus, la connaissance de la religion. Qui sait ce que nous serions devenus sans sa protection maternelle ? Combien d'âmes élevées chrétiennement comme nous ont fait naufrage
(1) Prov. 2, 11. (2) Prov. 8, 12.
(ô) Eccli. 24, 6. (4) Off. B. M. V. Drev,