JANVIER. — MYSTÈRE DE L'EPIPHANIE
enthousiasme le retour de tant d'égarés. Les rois mages en sont les prémices. Ils représentent, dit saint Thomas, l'universalité des nations, et leur nombre trois figure les descendants des trois fils de Noé. Ils ont inauguré la conversion des gentils, que l'Eglise célèbre spécialement en ce jour.
Réjouissons-nous donc avec elle de l'insigne bienfait de la foi, sans lequel nous serions encore païens, esclaves de l'enfer et de toutes les passions. Que ne devons-nous pas à cette belle lumière reçue dans le baptême! Elle nous révèle les mystères de l'autre vie, elle nous fait connaître les grandeurs de Dieu, la laideur du péché, la beauté de la vertu ; elle nous éclaire sur l'origine du mal, de l'ignorance, de la concupiscence, de la souffrance et de la mort, elle nous en montre les remèdes dans la Rédemption et dans l'Eglise établie par Jésus-Christ. — Sans la foi, point de lumière ni de vie surnaturelles en nous. Par elle, au contraire, notre intelligence s'unit à la sagesse incréée, notre cœur se divinise dans la grâce et l'amour, et notre volonté, identifiée avec celle de Dieu, goûte une paix comparée à un festin perpétuel par l'Esprit-Saint lui-même.
Adorable Enfant de Bethléem ! je vous remercie du don précieux de la foi. Je veux me conduire désormais par les motifs qu'elle inspire, spécialement dans l'exercice : 1° De la piété, afin que toutes mes méditations, communions, lectures et prières soient faites avec respect, attention et dévotion. 2° De I'obéissance et de la charité, pour envisager votre personne sacrée dans mes supérieurs, mes égaux et mes inférieurs. 3° De la patience, pour embrasser les peines comme d'excellents moyens de mourir à moi-même et de vous appartenir sans réserve.
2o Œuvres que la foi doit nous inspirer.
Puisque nous avons été appelés à la foi comme les mages, nous devons comme eux en produire les fruits. Combien de fatigues et d'angoisses n'eurent-ils pas à endurer pour arriver jusqu'à Jésus ! Ils pratiquèrent en cela la mortification dont la myrrhe est le symbole et que nous devons exercer avec eux. Voyageurs comme eux ici-bas, que de ronces et d'épines ne rencontrons-nous pas sur notre route ! Supportons-en les piqûres, en imitant la patience de ces bons rois. Allons même plus loin : mortifions nos sens en toute occasion, afin de hâter notre progrès dans la vertu.