JANVIER. — LES MAGES A BETHLÉEM ET LEUR RETOUR
visiter souvent Jésus au très saint Sacrement, afin de lui tenir compagnie et de nous entretenir cœur à cœur avec lui ; ce qui est sur Ja terre le paradis des saints. Et esse cum Jesu, dulcis paradisus. —
lo Séjour des mages a betiiléem.
Combien ne furent pas heureux les jours que passèrent les Mages à Bethléem, auprès de l'Enfant-Dieu ! Sous l'influence de ce divin Soleil de la sainteté incréée et incarnée, leur foi* fut singulièrement vivifiée, fortifiée, et leur ferveur ne faisait que s'accroître pendant leurs heures de visite à l'aimable Enfant. Combien de vives lumières, d'ineflables consolations ne reçurent-ils pas alors! Ils ne cessaient de remercier Jésus de les avoir appelés, de préférence à tous les gentils, à venir le connaître, l'adorer, l'aimer, se consacrer à lui. Que de fois ils réitérèrent I'offrande de leur cœur, de leur volonté, de leurs biens, de leur personne, pour témoigner au Sauveur leur entier dévouement!
Marie et Joseph, par leurs saints entretiens, contribuaient à augmenter en eux les sentiments de respect, de confiance et d'amour dont ils étaient pénétrés. Dirigés par leurs paroles, et par l'inspiration de l'Esprit-Saint, ces bons rois adressaient à Jésus de ferventes supplications ; ils lui promettaient de renoncer à tout ce qui pourrait lui déplaire, et de pratiquer les vertus, dont l'encens, l'or et la myrrhe sont les touchants symboles.
Examinons si, comme les Mages, nous visitons souvent Jésus. Lui-même nous y invite, en nous criant du fond des tabernacles : « Venez tous à moi. » Venite ad me omnes. « Venez à moi, dès le matin, pour assister au divin sacrifice, où je renouvelle l'immolation du Calvaire. — Venez à moi dans le banquet eucharistique, où je nourris, restaure et réconforte les âmes. — Venez à moi pendant le jour, quand vos cœurs desséchés par le souffle du siècle ont besoin de remèdes à leurs blessures, de protection contre les dangers, de force contre les attaques de vos ennemis. Venez alors puiser en moi la lumière d'une foi vive, la paix que donne la confiance, toutes les dispositions qui assurent votre progrès et votre persévérance finale. Et ego reficiam vos.
0 Jésus! votre langage me touche. Où irais-je, en effet, chercher le calme et la joie du coeur si ce n'est auprès de vous? Là j'apprendrai par expérience que la vraie béatitude est renfermée dans votre doux commerce, et que, pour l'acquérir, il me suffît de renoncer aux conversations inutiles, aux pensées et aux affections