‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 40 sur 258 · JANVIER. —DOULEUR DE MARIE EN OFFRANT JÉSUS DAN LE TEMPLE · texte numérisé non relu

JANVIER. —DOULEUR DE MARIE EN OFFRANT JÉSUS DAN LE TEMPLE

de pénitence, toutes les peines que peut-être l'avenir nous réserve, Et tuam ipsius animant pertransibit giadius.K

1° Douleur db marie dans ce mystère.

Lorsque la sainte Vierge offrit son divin Fils à Dieu dans le temple de Jérusalem, Siméon lui prédit ce que devait souTrir Jésus : (f Et vous-même, ajouta-t-il, vous aurez l'Ame percée d'un glaive. » Ce glaive, elle commença dès lors à le sentir. Pendant l'espace de trente-trois ans, elle eut toujours devant les yeux l'auguste Victime de notre salut et les tourments qui lui étaient destinés. Avec quelle compassion elle voyait d'avance ce Fils bienaimé devenu l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple! Déjà elle contemplait ses chairs déchirées, sa tête couronnée d'épines, ses mains et ses pieds percés de clous, tout son corps adorable couvert de plaies sanglantes.

Qui nous dira combien furent grandes sa douleur et sa résignation? a P.ère éternel! disait-elle, puisque vous le voulez, je vous sacrifie mon Jésus, et je m'immole moi-même avec lui. Je ne souhaite que l'accomplissement de votre bon plaisir. » — Ainsi la divine Mère se mettait au-dessus des sentiments de la nature, au-dessus de sa douleur, et même de son amour, Unissant sa volonté à celle de [Dieu par un effort digne de l'admiration des Anges, elle nous obtenait, par son courage surnaturel, la constance dans l'adversité, la soumission et la tranquillité dans les croix de chaque jour.

Son mérite fut si grand, qu'il ne saurait être compris sur la terre. Il eut pour mesure : l'intensité de ses immenses douleurs, — sa charité presque sans bornes envers Jésus, — et la durée exceptionnelle de son tourment. Comme les eaux des fleuves perdent leur donceur en entrant dans l'océan, ainsi, pendant tant d'années, les pensées les plus consolantes se changeaient en amertume dans son âme bénie. Que de vertus ne pratiqua-t-elle pas dans un martyr si long, si pénible et si bien souffert !

Pouvons-nous y penser sans rougir d'être nous-mêmes si délicats, si impatients, si prompts à nous plaindre et à murmurer dès la moindre contrariété? Combien de fois, dans nos afflictions, n'oublions-nous pas ce que vaut la souffrance ! Nous perdons ainsi

(i) Luc. 2, 35.

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