JANVIER. — ÉPOUSAILLES DE MARIE ET DE JOSEPH
virginale de la Reine des Anges, pureté la plus parfaite qui fut jamais ici-bas. Quelles grâces ne reçut-il pas en conséquence? Dieu sans doute l'orna de toutes les qualités, de toutes les vertus les plus capables de le rendre digne d'un tel emploi. Joseph fut un Ange dans un corps mortel, dit Cornélius A-Lapide. Son union avec Marie ne fit qu'ajouter un nouveau lustre à sa virginité. 0 mystère ineffable que le monde n'est pas digne de comprendre!
« La Vierge sans tache, selon saint Ambroise, avait le privilège de rendre purs ceux qui la regardaient. » « Ses yeux, assure Gerson, distillaient une rosée virginale, » qui éteignait dans les cœurs le feu de la convoitise. Il est donc tout naturel d'affirmer que la virginité fut le seul lien conjugal qui unit Marie à son chaste époux Joseph. Semblables aux deux chérubins de l'arche d'alliance, ils furent choisis par la Providence divine pour protéger ensemble l'Humanité sainte du Verbe incarné. 0 douce prérogative ! ô vocation sublime!
N'ètes-vous pas aussi obligé de garder pure de toute tache cette robe blanche de l'innocence que vous avez reçue de Dieu au moment de votre baptême? Si vous êtes prêtre ou religieux, vos obligations n'en sont que plus sacrées. D'où vient donc que vous négligez si souvent les moyens de rester pur? Vous donnez toute liberté à vos regards, vous satisfaites votre palais, vous cherchez vos aises, vous craignez la fatigue, vous fuyez la pénitence. S'il vous arrive d'être tenté, au lieu de vous livrer au travail et de recourir à la prière, vous restez oisif et vous raisonnez avec la tentation. Est-ce là tendre efficacement à la chasteté parfaite, si nécessaire à qui veut se sanctifier? N'est-ce pas plutôt s'exposer au danger de perdre la grâce de Dieu et de périr misérablement ?
0 mon Jésus ! je forme la résolution d'être plus vigilant, plus mortifié, plus attentif à prier dans les combats et à éviter les moindres périls. Donnez-moi cette conviction des saints, qu'en un point si important, si délicat, je ne saurais excéder en fait de précautions. Qui se existimat stare, videat ne cadat .'
2° Chariié réciproque DE MARIE ET DE JOSEPH.
Ces deux saints Epoux pratiquèrent dans leur mariage une charité mutuelle, la plus parfaite qui fut jamais sur la terre. Le saint
(l) 1 Cor. 10, 12,
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Patriarche aimait sa virginale Epouse, d'un amour pur, surnaturel, comme l'image la plus sublime de Dieu parmi les simples créatures. Il était ravi de ses vertus, comme les Séraphins sont ravis des perfections divines. — De son côté, la Vierge-Mère aimait tendrement son Epoux, mais comme l'Elu du Saint-Esprit, qui l'appelle un homme juste, c'est-à-dire un saint consommé. Voyant en lui son protecteur et sa providence ici-bas, quelle gratitude ne lui témoignait-elle pas! —Elle l'aimait surtout parce qu'il était le Père nourricier de Jésus. Car c'était en Jésus, que ces deux Ames virginales s'unissaient par la grâce, sans aucune ombre d'amour sensuel ni même imparfait.
Tels sont les modèles que vous devez suivre, dans l'exercice de ta dévotion et de la charité. Aimez Marie, comme la bien-aimée de Dieu, d'un amour spirituel qui vous inspire, comme à Joseph, un entier dévouement à son service. Attachez-vous au saint Patriarche, comme au Représentant du Père éternel auprès du Sauveur, et au Remplaçant de l'Esprit-Saint auprès de la divine Mère.
Examinez ensuite si votre charité à l'égard du prochain porte les caractères de l'amour mutuel de Marie et de Joseph. 1° Aimezvous seulement les âmes, sans vous arrêter aux apparences ou à l'écorce extérieure? 2° Les aimez-vous en Dieu et pour Dieu, ou plutôt aimez-vous Dieu en elles, puisqu'il y réside comme dans ses sanctuaires de prédilection? — Oh ! que votre charité serait défectueuse, si vous n'affectionniez le prochain que pour ses talents, ses qualités, sa noblesse, sa gaieté, ou autres avantages naturels qui s'accordent avec vos idées et vos goûts ! Un tel amour serait indigne de récompense. Il ne procéderait point de la foi et de la grâce, comme l'exige la vraie charité.
0 Jésus, lien sacré qui unissez la plus sainte des vierges au plus chaste de tous les époux! daignez communiquer à mon cœur une charité toute surnaturelle qui, en m'unissant à mes frères, me conserve entièrement à vous. Rappelez-moi souvent la dignité du prochain : il est l'image finie de votre Etre infini, le portrait vivant de votre Divinité. Faites-moi donc comprendre que le motif de l'aimer ne peut être que vous-même, mon Seigneur et mon Dieu ! Ratio diligendt proximum, Deus est.*
(I) S. Thom. Aquin.