CARÊME. DEUXIÈME SEM. DIM. — TRANSFIGURATION DE JÉSUS
commande d'espérer, en dépit de toutes vos craintes et de toutes vos défiances. Ecoutez les préceptes et les conseils qu'il vous donne, et, pour lui obéir, triomphez de vos répugnances et de tous vos penchants. » — Ainsi nous parle le Père céleste.
Conformément à ses désirs, exerçons notre foi sur les grandeurs de son Fils unique Jésus, sur les motifs que nous avons d'espérer en lui et de n'aimer que lui seul. Mais pour l'aimer véritablement, nous devons pratiquer ce qu'il nous commande touchant la prière, — la charité — et la mortification. Nous devons, à son exemple, transfigurer notre esprit par le recueillement et l'oraison ; — notre coeur, par l'amour envers Dieu et envers nos semblables ; — notre corps, par la pénitence, la sobriété, la modestie et la pureté parfaite.
0 Jésus, Dieu de majesté, revêtu de notre néant et de notre pauvreté ! dépouillez-moi de moi-même et enrichissez-moi de vos dons les' plus précieux. Augmentez en moi la foi, — la charité — et l'esprit d'abnégation, afin de m'unir étroitement à votre Personne sacrée. Pour mieux arriver à cette union, je suis résolu : 1° De méditer souvent vos grandeurs et vos humiliations. 2° De former à toute heure des actes fervents d'amour envers votre bonté infinie. 3° De vous offrir de temps en temps le sacrifice d'un regard, d'une parole, d'une satisfaction, d'une inclination quelconque, afin de vous honorer et aimer de plus en plus, et d'avoir part à tous les biens que vous réservez à vos amis. Et transfigurâtes est ante eos.*
2° Transfiguration, mystère des douleurs de jésus.
Saint Luc rapporte que Moïse et Elie se montrèrent sur le Thabor avec Jésus, et lui parlèrent de sa Passion ou du mystère de ses souffrances.2 Il semble que dans un tel état de gloire, le Sauveur eût dû se livrer exclusivement à la joie, et éloigner de lui toute idée de tourments; mais non, il veut qu'on l'entretienne de sa Passion douloureuse, et voici pourquoi : 1° Afin de nous montrer qu'elle sera pour lui et pour nous la source du vrai bonheur. 2° Que nous ne devons pas espérer de jouir avec lui de la béatitude céleste, si nous ne portons ic^bas la croix avec lui. 3° Qu'ayant été enfantés à la grâce sur le Calvaire, il ne convient nullement que nous vivions toujours au Thabor, sans rien souffrir
(j) Matin. 17, 2. (2) Luc. 9, 31,