CARÊME. DEUXIÈME SEMAINE. LUNDI. — DE L'ORAISON
ici-bas, ni contrariété, ni lutte contre nous-mêmes, ni contradiction de la part du prochain.
Jésus a pris sur lui le châtiment que méritaient nos péchés ; il veut nous faire part de son calice, dans l'intention de nous pardonner, de nous guérir et de nous sauver. D'ailleurs, Chef du corps mystique de l'Eglise, n'a-t-il pas le droit d'exiger de ses membres une entière conformité avec lui jusque dans la souffrance? Par là, il épure notre vertu, la dégage de l'amour-propre et préserve notre cœur du malheur de se souiller au courant des fleuves de Babylonc ou des plaisirs mondains. — Pourrions-nous encore, après cela, refuser la croix qu'il nous présente ? Autant nous souhaitons la gloire et la félicité du ciel, autant devons-nous aimer l'ignominie et la tribulation qui y conduisent. Nous ne serons couronnés qu'après avoir bien combattu ; exaltés, qu'après avoir été humiliés; nous n'aurons part aux délices de Jésus ressuscité, qu'après l'avoir suivi au sommet de Golgotha et jusque dans le sépulcre,
0 mon Rédempteur ! vous savez combien j'ai besoin que la souffrance me purifie, me détache de la terre et de moi-môme, me force à vaincre mes penchants et ji m'exercer dans les vertus. Ne permettez pas que je me laisse abattre lorsque vous m'honorez de vos épines et de votre croix. Je suis décidé d'éviter à l'avenir les plaintes, les troubles, les impatiences, les murmures dans les épreuves de cette vie. Par l'intercession de votre divine Mère, rendez-moi fidèle à ma résolution. Faites-moi regarder la croix du même œil que vous l'envisagiez vous-même, lorsque vous disiez à vos disciples : « Je dois être baptisé d'un baptême de sang, et combien je me sens pressé du désir qu'il s'accomplisse!' » Eclairez-moi sur les effets admirables de ce baptême, qui transforme les âmes et les déifie. Et transfigurâtes est ante eos.
CAREME. DEUXIEME SEMAINE. LUNDI. — De 1 Oraison.
Préparation. — La transfiguration du Sauveur est une imago de celle que subit l'âme dans l'oraison. Voyons donc : 1° Les effets salutaires de l'oraison. 2° Les fins qu'il faut s'y proposer. — Heu» reux celui qui prie et médite jour et nuitl il trouvera, dans cet
(1) Luc. 12, 50.