U8 CARÊME. DEUXIÈME SEM. MARDI. — DE LA MÉDITATION
simple exclamation renferme à elle seule toute la sainteté, pour une àme qui réfléchit. Dieu est tout, et nous ne sommes rien ; que s'en suit-il ? que nous dépendons constamment de lui. De là naît pour nous la nécessité de la prière continuelle et de l'obéissance à Dieu. De là aussi l'obligation de croire ce qu'il nous enseigne, d'espérer ce qu'il nous promet, d'aimer et d'accomplir ce qu'il nous commande, et de recevoir en paix ce qu'il nous envoie de pénible et de fâcheux. Cette seule parole approfondie renferme donc la perfection la plus consommée.
On y arriverait aussi en peu de temps, assure sainte Thérèse, en vivant toujours sous le regard de Dieu. Et en effet, cette pensée : « Dieu me voit, » n'cst-elle pas bien capable de me faire vivre saintement, si j'en médite le sens? « Dieu me voit; » Dieu, c'est-à-dire la grandeur, la majesté, la sagesse, la puissance, la' sainteté infinies. Comment oserai-je l'offenser sous ses yeux, même légèrement ? « Dieu me voit : » quel encouragement au bien, quelle force dans les tentations m'inspire ce souvenir! quelle patience dans les peines, quelle exactitude dans mes emplois, quelle douceur avec le prochain !
Ah ! si nous avions toujours à l'esprit quelque pensée sainte, frappante, propre à servir de règle à notre conduite, nous n'aurions pas tant de distractions dans l'oraison et l'action de grâces après la Communion, ni tant de répugnance à obéir, à supporter un reproche ou une contrariété. — Formons donc la résolution de méditer habituellement certaines maximes ou sentences qui nous reviennent souvent, et qui nous ont vivement impressionnés pendant nos retraites, ou à l'occasion d'une lecture, d'un sermon, d'un événement inattendu. Elles nous seront un remède dans nos accablements et nos tristesses, — un encouragement au bien, — un aliment pour notre vie intérieure, — un excellent moyen de nous affermir dans la vertu et d'y faire chaque jour du progrès.
0 Jésus! je suis résolu de conserver, comme des perles précieuses, les réflexions salutaires que vous m'inspirez. Donnez-moi la grâce d'imiter en cela la Reine des saints, dont il est dit : « Marie gardait et méditait dans son cœur ce qu'elle voyait et entendait au sujet de son divin Fils. » Conservabat omnia verba liœc, conferens in corde suo.1
(1) Luc. % 19.