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CARÊME. DEUXIÈME SEM. MERCREDI. — LA PASSION DE JÉSUS

veur sera, même dans le ciel, l'un des plus puissants pour embraser le cœur des élus. Combien plus, sur la terre, dans cette vallée de larmes, devons-nous penser aux souffrances du Rédempteur : 1° En jetant souvent les yeux sur le Crucifix. 2° En méditant les grandeurs de Jésus et ses abaissements, le bonheur dont il aurait pu jouir même ici-bas, et les tourments volontaires qu'il a daigné subir pour notre salut.

0 mon divin Bienfaiteur! que vous rendrai-je en retour de la charité sans bornes qui vous a porté à mourir à ma place afin de me donner la vie de l'âme? Aimable en vous-même par vos infinies perfections, vous avez voulu de plus gagner mon cœur au moyen de vos bienfaits, et surtout en me témoignant une tendresse à laquelle je ne pusse rester insensible. Accordez-moi vousmême la grâce de vous aimer comme vous le souhaitez, c'est-à-dire, non pas d'un amour faible, et qui se contente de penser à vous, mais bien d'un amour fort et constant, capable de vous rester fidèle dans les infirmités, les affronts, les angoisses et toutes les peines de cette vie. Placeo mihi in infirmitalibus meis, in neussUalibus, in angustiis pro ClirLsto.*

2° Résolutions a prendre au pieu du crucifix.

« Tout amour, dit saint François de Sales, qui n'a pas son origine dans la passion du Sauveur est frivole et dangereux. » Pourquoi ? parce que sans le souvenir de Jésus en croix, on se fait facilement illusion sur la vraie vertu : on la place dans les exercices de piété à son choix, plutôt que dans l'humilité, l'abnégation et la mort à tout ce qui n'est pas Dieu. Cette illusion serait-elle possible, si l'on prenait pour Modèle Jésus crucifié? Non, répond saint Alphonse, car il faudrait alors entrer bien avant dans les vertus qui font mourir la nature viciée; ne pas s'arrêter à l'écorce de la sainteté, mais pénétrer jusqu'à la moelle de l'amour-propre, pour y faire de profondes incisions qui tuent l'égoïsme et préparent la place à l'amour sacré.

Le saint Evèquc de Genève conseillait de porter toujours sur soi le Crucifix, de le baiser souvent avec amour, de s'enflammer du désir de l'imiter, et de lui dire parfois avec tendresse : « 0 Jésus, le bien-aimé de mon âme! souffrez que je vous serre sur mon sein

(1)11 Cor. 12, 10.

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