CARÊME. QUATRIÈME SEM. VENDREDI. — LE SANG DE JÉSUS
reflètent tant de douceur et de charité. » Rcspice in faciem Christi toi. Le sang du Sauveur demande pour nous miséricorde, avec une voix bien plus éloquente que le sang d'Abel ne criait vengeance contre Caïn.
Formons donc la résolution : 1° De faire des actes de confiance dans les mérites infinis du sang qui nous a rachetés. 2° De nous placer en esprit au pied de la croix, surtout pendant l'oraison, la sainte messe et au tribunal de la pénitence; de laisser alors le sang de Jésus couler sur notre âme, le suppliant de nous laver, purifier, sanctifier, de nous pénétrer de repentir, d'espérance et d'amour.
0 mon aimable Rédempteur ! donnez-moi la volonté sincère de rompre avec le péché, en fuyant les moindres fautes, en combattant toutes mes tendances à la présomption, à la désobéissance, à l'impatience, à la sensualité. Faites-moi réprimer, dans mes sentiments et ma conduite, tout ce qui s'oppose à votre empire en moi. Car vous m'avez racheté, Seigneur, de votre sang précieux, afin de pouvoir à jamais régner sur mon Ame, c'est-à-dire sur mes pensées, mes désirs, mes volontés, mes affections. Redemisti nos, Domine, in sanguine iuo, et fecisti nos Deo nostro regnum.
2o Le sang dr jésus nous affranchit nu joug de satan.
L'homme, par son péché, dit le docteur angélique, s'était constitué volontairement l'esclave du démon. En reniant Dieu et sa domination, il s'était tourné vers Satan, et l'avait choisi pour conseil et pour appui, lui confiant toute sa destinée. La puissance du démon sur nous s'exerçait par une espèce de contrat entre Adam et lui : notre premier père lui livrait nos volontés renfermées dans la sienne, et nous condamnait tous au châtiment éternel. Double servitude, par laquelle le prince des ténèbres nous liait au péché et aux tourments sans fin qu'il mérite.
Pour nous arracher à tant de chaînes, ô Jésus, mon Rédempteur ! vous n'avez pas hésité à payer à la justice éternelle le prtx de notre rançon, et dans ce but vous avez versé tout votre sang infiniment précieux. — Ainsi fut affaibli le pouvoir de Satan, et notre volonté rendue capable de résistance à tous les efforts de l'enfer. Affranchis par là des supplices qui nous attendaient dans l'autre vie, nous avons reçu la force de jouir en celle-ci, de la glorieuse liberté des enfants de Dieu.