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DES

Zouaves - Pontificaux de France

PORTANT n EFFIGIE DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS.

Dans toutes les armées^ il y a une sonnerie qui s appelle la Sonnerie du Drapeau. — La voix du clairon^ le battemejit du tambour, l'harmonie de la fanfare saluent i insigne de la fierté militaire^ signalent sa présence^ exaltent ses traditions et portent témoignage à son idée, çui est essentiellement Vidée de l Ordre, du Sacrifice et de l Honneur, cette trinite du Service. Devant le Drapeau, les hommes présentent les ar7nes, et les chefs, depuis le plus jeune des Cadets jusqu'au Souveraines»'

ST. JEAN-BAPTISTE. L'EVANGILE ET LE CANADA

prème Commandant des forces de terre et de mer, inclinent leur epee, e7i manière de devouemeiit, de respect et de fidélité.

E7i ces jours où Dien a décide pour nous que nous aurions à vivre, une petite troupe, — les Zouaves Pontificaux, — troupe hni7iemment catholique par le triple caractère : — de son but, qtn est ri7itégrité de tous les droits de P Eglise ; — de son activité, qui se traduit par la civilisation, en tant que fruit de la liberté du St. Siège ; — et enfin de sa composition elle-même, qui embrassait à la fois, et dans son effectif, lotis les peuples de /' Univers, et dans incorporation à ses rôles, tme infrangible égalité de soldat chrétien, — ftit-on Prince dit safig ; — cette petite troupe^ disons-nous, s est trouvée tout d'un coup, dispersée, vaiftcue et licenciée. Ce fait accompli fut le bel ouvrage de la coalition des trois plus forts éléments de désordre que le moîide social ait jamais connue : le despotisme sa^iguinaire de la populace cosmopolite, la complicité sacrilège d^un Roi perdu d'ambition et de vices, et la désertio?i aussi ijîintelligente que lâche des Etats soi-disant chrétiens. Mais cette dispersion, cette défaite, ce licencieme7Lt ont été sanctificateurs ; — cest le 7notjicste, — en édictant la premi'ere et la plus anti-révolutio7inaire prescription du métier de soldat, la vertit d'obéissance. — Pie IX Roi, Modérateur des Rois, Régent des Natio7is et Père de tout ce qui possède esprit de vie éternelle e7i ce mo7îde, dicta à nos ar77ies le commandement du silence, et 7ious les fiimes taire.

Alors, re7idus ; pleurant et soumis ; désolés et pacifiques, Nous, Officiers de ce corps, nous primes so7i Drapeau poîcr no7is le partager. Chacun, da7is son exil de Rome, e7i emporta U7i la7nbeatc sur so7i cœur.

Aux heures à jamais poignardes des desastres guerriers et des villes forcées, la langue des camps possède un mot qui fut^ hélas ! en cette même année, douloureusement rayé du vocabulaire des armes françaises^ dans la capitulation de Metz ; cest /Incinération des Drapeaux. (*) Soldats du Pape, nous avio7zs, quelques semaines auparavant, remplacé ce mot par un autre, tour lequel nous sommes obligés de forger un néologisme, en lappela7it la Reliquairerie de notre Drapeau Régimentaire ; — la sainteté de la cause méritait la piété de cette innovation et le culte de ce déchirement.

Aussi, le Dieu des armées en bénit-il r inspiration.

En effet, sans perdre une minute et sans reprendre haleine, une fraction des Zouaves Pontificaux, — la fraction française, — se rallia7it sur le sol de la patrie battue, épuisée, haletante ; poignée de f agitas sins déjà désarmés, infime et presque imperceptible portion de ce gra7id troupeau de vaincus que nous formions alors, entra e7i lice, marcha au feu, fut écrasée, mais inspira, par sa contenance sans fanfaro7inade et sans recul, respect à ses deux classes d'en7iemis les plus déclarés : les Allemands, enivrés de victoires sur toute la ligne et les Régisseurs du Pays, affolés d^impiété tout le long de (échelle,

(*) Ce fait humiliant reste acquis à Fkistoire de la dernière guerre Franco- Prussienne, car iî émane du Conimandant-en- Chef d'une armée française. — Cruel, mais profond éclaircissement, en vérité, des négations morales qui, de longue date, s'étaient infiltrées au cœur de ce commandement, au cœur de cette armée, et — -pourquoi ne pas le dire ? — au cœur de cet Insigne qi^a empoché Berlin pour en décorer les Musées césariens de la Fortune Frussique.

Mais, pour donner à la vérité historique d'une telle défloraison d'honneur la juste revanche d'exceptions qui en ont amoindri d'autant les trophées de F Empire du Protestantisme ayant raccroché la couronne de l'Empire du Carbonarisme, — la philosophie itttime de la dernière guerre est toute dans ce raccroc — il faut s' empresser de noter ici que quelques Lieutenants dit Maréchal Bazaine, ont pris sous la digtie responsabilité de leur valeur personnelle V accomplissement, parmi leurs soldats, de la funèbre cérémonie militaire à laquelle nous faisons allusion. Cet ordre dans ce désordre portera ses fruits ; et, sans craindre de nous tromper, nous croyons pouvoir affirmer a priori, qite la fibre chrétienne itait certainement très vivace au cœur de ces Officiers-GenérauXt

^ ^,^ ST.- JEAN BAPTISTE, L EVANGILE ET LE CANADA. , , ^-

U e7ivahisîeme7it de la Force sur le Droit éclatait à double 'd'eteyite, et p07irta?it, la vertu militaire de France s éclairait^ en io^cte pîiret'e, de la hieur cTun nouveau prestige, au feu des Zouaves de C/iarette, — hieur moura^ite, mais bien certainement étiiicelle de résurrection et de vie.

C'est ce que V histoire du siècle a co7isigne da7is son Livred'Ordres.

Or, cette modeste cohorte de volontaires vêtus, dans les plaines fraiiçaises, du justeaucorps gris-bleu des soldats de Pie IX, avait so7i Fa7iion de Manœuvres. Il fut baptisé de sang, et de quelle aspersion, on le sait ! C'était U7ie bla7iche ba7i7iière, portant l^ effigie du Sacré-Cœur de Jésus primitivement destinée parles saintesfemmes de France à Trochu, qui nen était pas digne. — Charette, aimé de son Pape et de so7i Roi, en hérita ; et cela^ Gambetta étant proconsul, et par son amitié césarie7i7ie, Garibaldi, pillard patenté et richement équipé des Eglises et Monastères des Gaules. — Il fallait bie7i faire pièce à t élan patriotique et pur de la Bretag7ie catholique ! — Le Drapeau du Sacré-Cœur de Jésus, toléré sur ce fumier politique, 7iétaie7it-ce pas les reliques du D7'apeau Po7itifical qui opéraie7it ce 77iiracle?

A ce Fanio7i de Manœuvres ^Orléans et de V2X2i)\ fils, portant les mêmes 7ioms que son père, de I Etendard de JeannecCArc, cette Bergere-Gé7iéralissime, cette Gé7iéralissime-Martyre, cette Vierge de t Epée, cette Marj'ai7ie de Restauratio7i ; — à ce Fa7iion, précurseur bé7ii du Drapeau Blanc de Sa Majesté Tres-Chrétie7i7ie, He7iri-I hiébranlable et le Pu7'- Social; — à ce Fanion, qui dans un Sa7ictuaire sauveur, mo7ite aujourd'hui sa

grana garde, auprès d^i Tabernacle, — {Tabernacle veut dire Tente), — où brûle, sans se consterner, le Sang" de la grande Victime des péchés du monde, je dédie humblement les pages qtion va lire.

Du sentime7it de gratitude catholiqtieque m'inspire, au coin' le plus secret du cœur, f hospitalité de cœur dont m'ont surnaturellement honoré quelques âmes d'élite sur ce sol canadien^ que Je traverse lentement, à petites journées ; de cet enchaînement intime, simple* et vrai, qui constitue toute l'obscure bonne volo7ité de cet écrit sur le Patron céleste du Canada, j'ai voulu faire 2ine note, isolée mais Jidèle ; bien modeste, bien peu savante ; mais ayant la sincérité de tout mon souffle et la conviction de toute ma foi ; 7ine note, une simple note de cette Sonnerie du Drapeau, qui doit maintenir jour et nuit toutes nos ardeurs en haleine, parce quelle ralliera, lot ou tard, notre salut universel.

Le Sacré Cœur de ]és\]?>, foyer lumineux du monde, "est " le centre de toutes les vérités enseignées par la Foi ; et que " de sentiments s'impriment dans les âmes qui contemplent " avec amour ce divin original ! " (t)

(t) Sa Grandeur Monseigneur Ignace Baurget. — Circulaire au Clergé sur le Mois dm Sacré-Cœur, /<?Mr la présente année 1874.

Peut-on s'empêiher d'emprunter à cette Circulaire, comme une sublime oraison, les quelques extraits de St. Bonaventure sur le Sacré-Cœur de Jésus, qu'y a insérés avec tant de bonhenr^ Alonseipieur Bourget ?

" Fontem vitae, fontem sapientiae, et scientiae, fontem aeterni luminis, torrentem voluptatis, ubertatem Domus Dei.

" Te semper ambiat, te quaerat, te inveniat, ad te tendat, at te perveniat, te meditetur,. te loquatur.

•' Omnia operemur in laudem et gloriam nominis tui, cum humilitate et discretione?. cum dilectione et dilectatione, cum perseverantia usque in finem ; et tu sis solus semper spes mea, tota fiducia mea, divitiae meae, delectatio mea, jucunditas mea, gaudium meum,. quies et tranquillitas mea, pax mea, su/.vitas mea, odor meus, dulcedo mea, cibus meus, refectiomea, refugium meum, auxilium meum, sapientia mea, possessio mea, thésaurus meus in quo fixa et firma et immobiliter semper sit radicata mens mea et cor meum."

ST.-JEAN BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA

Et je résume la catholique intention de cette Dédicace en ces deux cris qui contiennent la jumelle espérance du salut de notre Mère f Eglise et du salut de sa Fille-Ainée parmi les Nations :

Cœur de Jésus ! délivrez le Pape, par r amour de tous ses enfants !

Cœur de Jésus ! sauvez la France et tous ses enfants !

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