CHAPITRE VII
LE PRO GRAMME
Paler nosler qui es in ecéliê.
Libéra nos a malo.
Amen.
S). Voulez-vous nous résumer les enseignements qui peuvent, avec quelque aîiantage pour les Canadiens, ressortir de toutes les réflexions contemies dans les Chapitres précédents, de façon à en faire, à V occasion de la Fête de St. y ean- Baptiste, pour Vannée 1874, comme un Programme de bonnes Résolutions à prendre ?
^. Rien n'est plus facile ; et pour répondre à cette intention pratique, nous ne nous écarterons pas de l'ordre et de l'enchaînement des réflexions elles-mêmes de ce bien modeste travail, telles qu'elles se sont succédé dans les Six Chapitres qui précèdent.
De plus, ce Résumé, en formant le Chapitre sept, nous rappellera que Ton doit ^^ faire bien attention que ce nombre Sept est mystérieuse, et qu'il nous ^\faut, par conséquent, r exploiter comme Ufie 7nine riche et précieuse, à " la plus grande gloire de Dieu et au plus grand bien des âmes." — (i) Ce sont là, effectivement, les seules et uniques faveurs que les pages de ce livre puissent avoir la prétention d'ambitionner.
(1) Mgr. Bourget. — Lettre Pastorale aux Religieuses Hospitalières de St. Joseph à niôtel-Dieu de Montréal.
LE PROGRAMME
En donnant donc ce Programme de Résolutions à emporter, comme souvenir de la Fête de St. Jean-Baptiste, qui va être célébrée, cette année, à Montréal, avec une exceptionnelle solennité, nous allons en numéroter les articles, car le numérotage des idées est quelquefois le fil conducteur de leur éclaircissement et de leur mise en pratique ; tant il est vrai que le travail de l'homme est peu de chose en lui-même, tandis qu'il suffit d'un rien à l'action de la grâce, pour se faire l'opératrice et l'ouvrière des miséricordes de Dieu.
Enfin, nous ne pensons pas pouvoir mieux faire, dans cette récapitulation de bons propos, que de laisser la parole aux bons Canadiens eux-mêmes.
Syllabus de Résolutions.
La pensée de la Communion des Saints et du beau protectorat qu'exercent sur la terre les Elus du Ciel, présidera dans notre esprit, comme dans notre cœur, à. tout ce qui concerne le Patron du Canada, — la Fête patriotique des Canadiens — et la Société Nationale de St. Jean-Baptiste . , . P. 9
Nous croirons fermement que les mêmes lois morales doivent diriger les hommes personnellement et les Etats socialement ; et que ce qui est mal, tentation, ou danger pour une conscience individuelle dans sa conduite privée, l'est également, et à un égal degré, pour une patrie et son gouvernement P. 10
Bien que les sociétés n'aient pas la vie éternelle pour fin dernière, notre îoî dans la vérité indiquée par la Résolution précédente n'en sera pas ébranlée, car nous ne perdrons pas de vue que la conscience de l'homme a des devoirs très nombreux et très précis à remplir par le fait même de l'état social, civil et politique, au sein duquel il vit.
Il est donc d'une obligation stricte, inflexible et absolue, pour tout gouvernement, c'est-à-dire pour toutesles individualités qui le composent, d'avoir le Ciel en vue, dans tous les actes qui concernent ce même gouvernement, afin que par la faute de la Chose Publique, les citoyens qu'elle régit ne se damnent pas individuellement.
Et, la qualité de citoyens, dont la patrie aura été sainte, sera elle-même un élément de bonheur dans le Ciel pour lès élus ayant appartenu sur la terre à cette patrie P. 12
Nous avons la confiance assurée que le Patronage des Saints dans le Ciel s'exerce aussi bien sur les Familles sur les Cités sur les Empires, que sur chaque ârne de Fidèle baptisé P. IS
Les mérites exceptionnels de St. Jean Baptiste et sa place éminemment élevée dans la hiérarchie céleste seront pour nous le témoignage surnaturel d'une consécration toute spéciale de notre pays à Jésus-Christ, c'est-à-dire, le signe des grandes bénédictions de Dieu sur nous et des obligations proportionnelles de notre part à y correspondre P- 17
Nous garderons inviolablement l'assurance que le Canada constitue une véritable Nationalité et que nous sommes bien positivement les fils d'une Patrie ; et n<^us puiserons les motifs substantiels de cette assurance, non pas dans des théories matérielles, dans des considérations humaines, encore moins, mille fois ! dans des utopies révolutionnaires, mais, en cette conviction qui est l'unique vraie; c'est que le Droit à la Nationalité vient de Dieu, et qu'il est transmis aux diverses sociétés terrestres sous la forme d'une Mission surnaturelle, qui leur est dévolue dans le monde, et par le mode d'une hérédité de fondation.
A ce titre, nous ne laisserons jamais ni violer, ni altérer, ni immoler,, parmi nous, notre double qualité traditionnelle de Catholiques et de Français, à laquelle seule nous sommes redevables ici-bas de l'honneur de former une Patrie personnelle et distincte P. i8