XI
Nous ferons de cette dévotion le préservatif et le remède de tout sentiment d'égoïsme et de toute tentation de lâcheté . . . . . . . P. 30
^ Ne
Tous renaîtrons une seconde fois à la vie, en tout ce qui touche au germe de la conscience, car c'est un précepte divin, et c'est pour nous la seule condition de voir Dieu, autant que nous le pouvons, dans le rapide passage de ce monde ; puis, un jour, pleinement et sans nuage, dans l'éternité immuable de l'autre.
ST.-JEAN BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA
Pour opérer cette nativité nouvelle de nous-mêmes, nous aurons la franchise et la simplicité de la foi, le courage d'en faire publique profession et la docilité à suivre les enseignements de l'Eglise, seule vraie, seule patiente et seule infaillible maîtresse d'école du genre humain . . . P. 31
Nous pratiquerons, la main grand ouverte, et le cœur toujours sur la main, la Charité des Œuvres de Miséricorde ; car c'est sur cette pratique ou sur son oubli que nous serons interrogés, jugés et convaincus au dernier jour ; puis, irrévocablement classés en Elus ou en Réprouvés, en Bien-aimés du Père Céleste, ou en Maudits de sa Justice.
Nous n'oublierons pas que dans l'ordre social et politique, c'est l'exercice ardent et continu de cette Charité qui peut seul détourner de notre patrie les fléaux du Paupérisme et du Communisme, et que la confiance envers l'Eglise, dans toutes les questions vitales qui touchent au sort du peuple, contient tout le secret des futures grandeurs du Canada. • . . P. 34
Respectant toutes les prérogatives et toutes les attributions des diverses autorités civiles qui nous régissent, chacune dans leur sphère d'action spéciale, nous réprouverons, avant toute chose, dans nos lois, dans nos institutions et dans toutes les branches de notre gouvernement intérieur, tout empiétement de l'Etat sur l'Eglise, toute restriction tentée par le premier contre l'intégrité et la plénitude d'exercice des droits de la seconde P* 35
Nous ne fausserons pas en nous les instincts de bravoure militaire que nous tenons du sang français dont nous tirons notre origine P. 36
Avec une véritable discipline de soldat, c'est-à-dire, avec l'homogénéité de l'entente et de la hiérarchie, nous attaquerons sans faiblesse toute corruption qui entacherait parmi nous l'honneur intime de l'autorité publique P' 37
Nous nous tiendrons unis entre nous, évitant de provoquer du désordre dans nos rangs par des personnalités incharitables P. 38
LE PROGRAMME
Nous nous évertuerons à savoir nous contenter de notre sort, à ne pas déclasser les positions où nous nous trouvons être nés, et nous nous inspirerons à nous mêmes ce bon contentement par une profonde et intelligente affection pour notre patrie P. 3^
La tiédeur nous paraîtra une détestable sottise capable d'effacer en nos consciences le propre sceau de notre baptême P. 40
Nous considérerons d'un même œil les arguties de l'esprit et les efféminements du cœur, comme étant les deux plus grands dangers conjurés pour nous perdre, — (Pharisiens et Sadducéens. — Rationalisme et Sensualisme qui sont les Partis du Gouvernement du Mal.) Et nous n'oublie^ns pas qu'on ne peut échapper à ces dangers qu'en passant par la porte étroite de la pénitence, de la soumission et de la mortification P. 40
Nous donnerons à ces vertus préservatrices et curatives de toute maladie sociale, le caractère politique et national, dont elles ont besoin pour garantir notre patrie des malheurs publics qui peuvent l'atteindre et la tuer ; et nous saurons être les pénitents nationaux de toutes les infractions à ces vertus dont nos gouvernements peuvent se rendre coupables, espérant désarmer ainsi la colère du Tout-Puissant P. 41
Nous entretiendrons en nous le Feu Sacré, tel que le comprend la conduite supérieure de la vie spirituelle, c'est-à-dire, l'esprit de charité et la charité de l'esprit, dont le rayonnement forme la générosité individuelle et nationale.
Et nous r.ous appliquerons à méditer, en puisant aux bonnes sources les éléments de cette méditation, les grandeurs de ce principe triomphant, indispensable et souverainement civilisateur P. 43
ST. JEAX-BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA
Pleins de gratitude envers la Providence pour les biens matériels dont elle a départi une si large abondance terrestre à notre pays, nous nous tiendrons en grand'garde contre l'esprit séducteur d'innovations, dites industrielles qui, dans la pensée de ceux qui les prônent, immoleraient sans pitié les plus chers intérêts de nos âmes, de nos joies intérieures et de notre honneur comme de nos traditions patriotiques.
Nous considéreroni de pareilles suggestions comme de véritables tentations du Diable P. 45
Nous ne nous laisserons pas influencer par ce qui peut se passer, en cette matière, chez nos voisins des Etats-Unis, réfléchissant que leur histoire est encore plus jeune que la nôtre, qu'elle contient bien des points dont l'éclaircissement honnête et impartial n'est certainement pas fait pour nous pousser à l'ambition des plaies matérialistes et industrielles qui les dévorent actuellement, et priant Dieu qu'il répande ses divines lumières sur leur propre avenir, ainsi que sur le nôtre, parce qu'ils peuvent avoir un jour de grandes relations ensemble P, 48
Nous extirperons à tout prix de nos habitudes l'odieux péché du Blasphème, qui, par une de ses expressions canadiennes, doit nous rendre encore 'plus abominable cet outrage gratuit fait à Dieu. Le Baptême, que Saint Jean a administré à Notre Seigneur Jésus -Christ, doit sans cesse raviver en nous l'horreur de ce péché indigène P. 49
En considération de la grande place que tient la vie de St. Jean-Baptiste dans la vie elle même du Sauveur Jésus, nous lirons assidûment l'Evangile, — nous pourrions même ajouter : quotidiennement, car sa morale est bien le pain quotidien que nous demandons soir et matin dans nos prières ; — nous le goûterons, nous le méditerons et nous nous efforcerons de nous en nourrir le cœur, de nous en imprégner l'esprit P» 53
Vivant plus particulièrement au milieu des protestants, qui sont nos Frères séparés, nous ferons les premiers pas pour nous rapprocher d'eux, et
LE PROGRAMME. /,
nous opérerons ce rapprochement à l'imitation de Jésus Christ, c'est-à-dire, par la douceur, la patience, les services rendus, la bonté, l'assistance mutuelle et la prière. Nous éviterons surtout de les scandaliser, mais, — (c'est d'ailleurs le plus sûr moyen d'empêcher ce malheur,) — nous nous montrerons, vis-à-vis d'eux, fermes, tranquilles, travailleurs, soumis et inébranlables dans nos croyances P- 54
Nous nous pénétrerons du plus profond attachement envers la Chaire Apostolique de qui émane toute lumière et tout éclaircissement.
Du Dogme'de l'Infaillibilité des Papes, qui est maintenant pour nous un article de foi, et dont nous devons, dès lors, étudier la réalité, comme d'un véritable article notre catéchisme, nous ne ferons pas un fardeau à porter sur les épaules de notre conscience, mais bien au contraire, ce qu'il est si positivement, un repos pour nos esprits, une sécurité pour nos croyances, une assurance perpétuelle, lucide et calme, au sujet de tout ce qui peut intéresser le salut de nos âmes P. 5 ^
Le Canada ayant été, par une attention toute particulière des miséricordes divines, et par l'impulsion des saints vivants de notre patrie, nationalement et bellement représenté dans les Etats de l'Eglise par le contingent volontaire et spontané qu'il a fourni au Régi7nent des Zouaves Pontificaux, Nous tous. Zouaves Pontificaux Canadiens, ne dérogerons jamais à cette noblesse, dont la grâce de Dieu a si généreusement eu l' intention d'illustrer nos âmes. Nous nous tiendrons en grand' crainte, comme étant une véritable lâcheté qui mériterait une véritable dégradation, de forfaire en quoi que ce soit à cet honneur dont nous ont investis, pour tçute notre vie et dans toute particularité de sa conduite, nos très sacrés serments de catholicisme militaire et de fidélité pontificale.
Leprincipeet la fin, la-matière et la structure de cet engagement éternel qui nous lie des plus indéliables liens dont une conscience humaine puisse se trouver heureusement enlacée, consiste, dans la plus stricte réalité pour nous, à nous vouer à 1' Ultramontanisme ; à nous enrôler sous les drapeaux de cette doctrine, maîtresse universelle de toute doctrine, en toute conviction, en tout amour, en tout témoignage, en toute lucidité d'esprit, en toute expression de cœur, en toute franchise d'allures, en toute vigilance, en toute bravoure, en toute hardiesse, en toutes démarches, en toutes ouvertures, en
st. JEAN-BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA. ^^<^
toutes déclarations, en toutes influences, en toute propagation, en toute diffusion, en toute popularisation, en toute activité, en tout travail, en toute étude, en tout souci, en toute parole, en tout écrit, en toute pensée, tout acte et toute œuvre quelconque responsable de notre vie privée, de notre vie domestique, de notre vie sociale, politique ou professionnelle P. 58
Nous favoriserons de tout notre pouvoir toute démarche émanant de l'autorité religieuse, à qui appartient la charge et la mission de nous gouverner spirituellement et juridictionnellement, ayant pour but d'entretenir des communications actives, ouvertes et directes avec Rome ; car ces démarches sont de véritables richesses morales pour notre pays P. 64
Nous ferons de notre pays un pays chrétien et non un pays mondain, frivole, vaniteux ; en un mot, affolé ou même simplement afriandé de plaisirs dangereux, de satisfactions indécentes et de toute autre ambition d'indélicatesse ; P 67
Nous nous ferons comme une sainte et patriotique rivalité de donner ce bel exemple et cette saine impulsion à tout ce vaste et riche continent américain P. 67
Nous nous persuaderons, avec une grande intrépidité de foi, et à l'aide de toutes les lumières qui pourront corroborer en nous cette foi, que le Libéralisme est une véritable hérésie aussi bien condamnée par l'Eglise que toutes les autres hérésies, et maintenant plus pernicieuse que toutes les autres, puisqu'elle est l'hérésie du jour.
Nous la combattrons donc par la vertu opposée au défaut qu elle tend à répandre partout où elle se manifeste Or, ce défaut n'est pas autre chose que de vouloir faire la part égale, dans la politique de ce monde, entre le bien et le mal, entre ce qui est permis et ce qui est défendu, entre ce qui offense Dieu et ce qui le réjouit.
Nous considérerons avec justice que rien n'outrage Dieu autant que ce partage, et nous nous en garantirons d'autant plus qu'il a l'habileté de se présenter à nous sous les dehors de la paix et de la charité. Mais nous con-
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sidérerons que la paix au prix de la désertion et de la lâcheté est la chose la plus humiliante du monde, et que faire la charité au Diable n'est pas du tout de la charité ; c'est bien au contraire le plus grand des péchés ; c'est la complaisance infernale.
Nous mettrons tout spécialement en pratique ces résolutions dans toutes les qi^estions où il s'agira de la politique, parce que se sont précisément ces questions là qui servent au Libéralisme de forteresses et d'embuscades, d'où Satan essaie de tirer sur nous ses plus méchants coups P. 68
Nous reconnaîtrons humblement que le Libéralisme exerce une grande influence en Canada, parcequ'ilya pénétré par une foule d'inoculations générales et d'introductions particulières qui ont été, jusqu'à un certain point, indépendantes de nos volontés particulières d'aujourd'hui, mais nous n'en veillerons qu'avec plus d'attention, aujourd'hui, à le déjouer, à le combattre, à le vaincre et à l'expulser de chez nous, en quelque coin qu'il y fasse nichée. Car, plus un ennemi est retors, plus il a d'instincts malfaisants, plus il se cache, plus il se dissimule \ plus ausbi est-il dangereux, plus doit-il nous inspirer l'effroi d'un oiseau de mauvais augure et la repulsion de tout animal venimeux, plus enfin, faut-il le rechercher, afin de le pourchasser et de l'abattre, sans faiblesse, sans pitié, sans tergiversation.
Nous emploierons pour cela le grand moyen que Jésus-Christ nous indique si énergiqnement, lui-même, comme étant la seule arme dont la portée soit juste pour cette destruction nécessaire, c'est-à-dire, que nous nous ferons violence à nous-mêmes, nous subirons toute violence, et nous ferons également, — c'est la contrepartie logique du précepte, — violence aux autres, plutôt que de transiger avec Dieu ; plutôt que de laisser la confusion et la promiscuité obscurcir et troubler nos devoirs ; plutôt que d'abdiquer la moindre parcelle de l'Evangile ; plutôt que de nous gâter et de nous perdre, nationalement dans ce monde; puis, éternellement dans l'autre . . . P. 69.
Nous nous évertuerons de tout notre pouvoir à rester le plus unis possible entre nous, pour la défense de tout ce qui touche à notre religion et à notre nationalité, si intimement liées l'une à l'autre ; et ce qui nous animera encore davantage à nous inspirer la volonté ferme et la pratique assidue de cette union de toutes nos forces chrétiennes et patriotiques, c'est cette pensée que si nous périssons, nous périrons tout entiers, sans que
personne vienne à notre secours, et sans que notre perte soit seulement pleurée P, 70.
Nous nous tiendrons scrupuleusement en garde contre toutes les tentations que hous présente notre organisation politique, évitant, avec grand soin, de nous démener par ne faire que la fortune de quelques ambitieux de la place publique, de nous créer des illusions de grandeurs qui ne sont que des puérilités malsaines, et de parler beaucoup pour ne rien dire . . P. 74
Nous voudrons bien ne pas nous laisser bourdonner aux oreilles ces grands mots d'avocats, — d'avocats de causes, hélas ! toujours si louches pour le peuple et si véreuses pour la Foi, — tels que ; Parlementarisme, — Régime CONSTITUTIONNEL MAJORITÉ, SUFFRAGE UNIVERSEL CtC, SallS
nous demander à nous mêmes quel est, après tout, le sens réel du Droit que s'arrogent ces mots à venir s'imposer à notre Devoir d'être gouvernés. — Et reconnaissant, toute illusion de l'esprit sur ces matières, à la lumière trèssûre et très-pure que ne manque ni ne cesse jamais de projeter l'Eglise sur de pareilles notions, objet constant de ses plus tendres soucis, nous dirons dans nos coeurs, dans nos volontés, et aussi dans nos actes : "Bas les masques ! Foin des impostures ! Et Vive le Vrai ! ! " Car le vrai seul est capable de rendre tout un peuple honorable P. 76
Nous aurons sans cesse devant les yeux, les irréparables malheurs qui peuvent fondre sur nous, anéantir notre race, et perdre à jamais notre patrie, si Dieu venait à nous abandonner. Et nous savons qu'il nous abandonnera, si nous l'abandonnons nous-mêmes, qu'il lâchera notre patrie, si notre patrie se montre lâche envers son Eglise, qui est la Représentante inviolable du grand mandat surnaturel de Dieu. Enfin, nous n'oublirons pas qu'ayant reçu de lui beaucoup plus de grâces et de faveurs que bien d'autres peuples, il nous en demandera un compte bien plus sévère, et que nous avons des devoirs bien plus stricts et bien plus directs à remplir envers lui, surtout en tant que nation P. 78
Nous conserverons le plus inviolable respect pour le Serment, car nous le tiendrons pour un appel public et solidaire fait à Dieu, afin qu'il inter-
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vienne dans nos actes, et pour une assignation de notre part envers luj comme témoin de notre propre parole. — Nous répudierons ainsi, comme étant une invention anti-clirétienne, toute distinction entre les divers serments ayant pour but de faire perdre à cet acte son caractère éminemment surnaturel P. 86
Nous comprendrons dans ce même ferme-propos tout acte de Corruption et spécialement de Corruption électorale ; ce qui n'est qu'une tentation volontaire de la violation ou de l'abus criminel du serment. . , , , , P. 87
Par l'effet de cette crainte d'offenser Dieu dans toute invocation outrageuse de son nom redoutable, nous éviterons également, non seulement les Blasphèmes, mais encore les Jurons, et tout ce qui frise ces inconvenances de langage, dans lesquelles se trouve en jeu l'idée de la Divinité P. 87
Nous considérerons les péchés de cette nature comme renouvelant les instants les plus douleureux de la Passion de Jésus- Christ ; comme tarissant la source vive de ses grâces, et comme nous livrant, dès lors, sans défense aux mains de l'Esprit de Ténèbres qui nous abandonne lui-même à nos sens, pour nous faire commettre les plus grand crimes P. 88
Notre respect pour la femme selon le cœur de Dieu sera de toute profondeur ; et nous fuirons avec une égale aversion la femme qui ne puise pas en Dieu la vertu de ses influences P. 89
Le mariage sera pour nous l'objet d'une vénération toute particulière et nous exprimerons cet hommage que rendent nos consciences à cette institution divine, en confiant à l'Eglise, qui seule a qualité pour en disposer, tous les cas et toutes les questions qui dans nos lois et dans nos mœurs publiques se rapportent à ce grave sujet P. 92.
ST. JEAN-BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA