‹ Méditations socialesChapitre 23 sur 52 · XI,V · texte numérisé non relu

XI,V

Nous appliquerons fort honnêtemenl nos pensées à la claire notion du Sensualisme, afin de nous garer plus sûrement de l'atteinte de sa contagion. Et nous reconnaîtrons, comme première étude des dangers si subtils et si répandus de cet empoisonnement social, qu'il se trouve précisément inoculé à haute dose dans les mœurs de l'époque où nous vivons P. 93.

Tout raisonnement, si spécieux qu'il soit, tendant à soutenir que la frayeur du Sensualisme est une frayeur imaginaire ; que les fautes auxquelles il entraîne ont existé de tout temps, à un même niveau, par une sorte de fatalité de nature ; que toutes les faiblesses de sa présence dans une nation, doivent être considérées comme un élément indispensable de la Chose Publique, et autres théories de ce genre, nous paraîtront un odieux assemblage de duperie de l'esprit, de cruauté des consciences et de mensonge de l'âme. Car nous n'oublierons pas qu'à côté des péchés particuliers et personnels il y a très-positivement les péchés publics et sociaux, et que ces derniers offensant Dieu en masse possèdent, dans leurs attaques contre sa pureté infinie, toute la supériorité de force qui distinguerait, dans une bataille, l'action isolée d'un simple tirailleur, du mouvement de tout un corps d'armée s'échelonnant sur le terrain, avec une grande science tactique, en colonnes à la fois très-profondes, très-compactes et très- mobiles P. 94.

Nous saurons que le Sensualisme est descendu, au point de vue de sa généalogie historique, comme il se trouve descendre de nos jours, au point de \'aie de son débordement tout contemporain, des sommités sociales d'un pays jusqu'aux extrémités de ses couches populaires ; et nous réagirons, de toutes rios forces, contre ce courant naturel de toute conception des moeurs publiques.

A cet "effet, nous veillerons avec la 'plus jalouse sollicitude à ne pas déplacer parmi nous les assises rationnelles et vertueusement établies des divers degrés de positions que nous occupons légitimement dans la société ; nous méfiant, avec une grande pureté d'intention, de pareils déplacements, comme ayant pour poussée secrète mais réelle, quelque souffle subtil de Sensualisme P» 99

LE PROGRAMME. /ZV^^^

Nous nous méfierons surtout, avec la plus stricte sévérité, de tout caque le Sensualisme a dû soulever de prestiges, soit artistiques, soit littéraires, soit philosophiques, soit aristocratiques et mondains, pour impatroniser son empire dans le monde; empire ayant tout spécialement Paris peur capitale.

En un mot, nous fuirons tout ce qui touche aux subtilités séductrices,, flatteuses et enchanteresses d'une contagion si honteuse.

Et pour exercer efficacement cette salutaire crainte en nos esprits, nousanalyserons scrupuleusement, dans le plus intime de nos consciences, toute production sensuelle, ce qui nous amènera à découvrir sûrement un atroce fond de contradictions lâches, ironiques et véritablement dégradantes, dans; toute conduite, soit privée, soit publique, qui se laisse gouverner par l'esprit de sensualisme P. 104

Nous ne nous laisserons enjôler ni l'intelligence, ni le cœur, par l' apparenterégularité d'existence, dans le domaine des mœurs, qui peut se remarquer parmi les émissaires, ou plutôt, les colporteurs de ce vice ; ne doutant pas que cette fallacieuse inocuité de leurs actes n'est qu'un des signes les plus sensibbs de l'autorité absolue qu'ils ont laissé prendre au Démon sur leurs âmes P. iio

Nous graverons dans notre mémoire cette proportion mathématique bien faite pour imprimer la meilleure direction moderne à notre conduite morale, à savoir que le Sensualisme n'est que le Libéralisme du Cœur, de même que le Libéralisme c'est le Sensualisme de l'Esprit P. 112:

Nous rendrons grâces à Dieu d'avoir préservé les campagnes canadiennes de l'invasion du Sensualisme; et nous maintiendrons parmi nos Habitants la sainteté catholique et féconde du mariage, comme étant la grand mesure sanitaire de l'ordre moral , , . , P. ii;f

ST. JEAN-UAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA

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