‹ Méditations socialesChapitre 25 sur 52 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Nous rendrons vos villes austères ." . .". . P. 121

Nous croirons fermement et porterons la plus grande vénération pratique au Dogme de V Imtnaculée Conception de la Sainte Vierge, pleinement convaincus que l'exaltation contemporaine de cette vérité éternelle est le plus grand témoignage des miséricordes de Dieu envers la société de nos jours, comme c'est, pour cette société, le moyen le plus assuré de sa régénération.

Et nous étudierons, de tout notre cœur, l'économie des bienfaits surnaturels que doit nous révéler ce mystère de foi P. 122

Nous saurons ainsi que FLumaculée Conception de Marie devait être l'acheminement, le moyen, la préparatien, la condition indispensables de sa miraculeuse Maternité de Jésus-Christ, et nous découvrirons dans l'harmonie de cette œuvre impénétrable de la Très-Sainte Trinité, le grand signe d'Unité qui relie tout le travail de la Rédemption à tout le génie de la Création - .... P. 123

Nous nous pénétrerons également des relations étroites qui existent entre V Immaculée Conception de Marie, le Précieux Sang de Jésus, et le Culte de Son Sacré Cœur P. 127

LE PROGRAMME

Nous nous dirons avec assurance que la théorie de séparation entre les" choses du Dogme et les choses de la Morale constitue une véritable illusion de l'esprit et un détestable affadissement du cœur, et nous croirons, au contraire, que toute conduite morale a le besoin essentiel d'un dogme pour se Soutenir et ne pas se dévoyer.

C'est à ce titre que l'idée de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat se présentera toujours à notre esprit, comme étant l'expression d'un double mensonge ; un mensonge de philosophie et un mensonge de moralité P. 128.

Dans le domaine des bénédictions en exercice, et comme étant l'expression canadienne de toutes les notions spéculatives contenues dans lesrésolutions qui précèdent, nous vouerons respect, amour, reconnaissance^, distinction et honneur aux Révérends Pères Obîats de Marie Itmnaculée, et aux Révérendes Religieuses du Monastère du Précieux Sang ; car ce sont deux fondations ayant inimaginablement, et par l'essence même de leur ordre, bien mérité de la patrie.

Et nous reconnaîtrons très- sincèrement que les Ordres Religieux contemplatifs sont, dans l'économie très-savante et trèr-sûre de Dieu, en tout ce qui concerne les questions sociales, une grande source de prospérités, même temporelles, pour tout peuple qui abrite ou favorise sur son sol la liberté de cette floraison réparatrice P. 129»

Pour éviter que Dieu ne se retire de nous et n'abandonne socialement notre pays aux Puissances Inférieures, agents de sa justice, nous irons socialement à lui, et nous l'entourerons si étroitement de toutes les manifestations de notre vie sociale, qu'il lui soit impossible de sortir de nos rangs.

A cet effet, nous pratiquerons, avec un grand entrain, les évolutions conquérantes des Pèlerinages, qui sont les véritables Croisades de notre époque • P. i3i^

Nous penserons à l'importance capitale, dans la vie, de ces deux lois de l'ordre moral qui s'appellent la Vocation et la Mission. Et nous saurons que

ST. -JEAN BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA

si la Vocation est personnelle, la INIission est sociale. Un peuple offense donc Dieu en masse et s'attire ses malédictions, quand il méconnaît sa propre mission, de même que dans la conscience personnelle de chacun, on peut être assuré de toutes sortes de malheurs, même en ce monde, lorsqu'on n'a pas la vertu d'étudier sa vocation et le courage de la suivre , . . . P. 139

Nous nous dirons, parce que cette affirmation est clairement signalée dans tout l'ensemble des Saintes Ecritures, que Dieu a décrété que V Homme devait être l'agent de la Mission des Peuples. — C'est là l'éducation sociale du genre humain P. 141

La claire et substantielle notion de V Homme, surtout de l'Homme destiné à gouverner d'autres hommes, doit s'éclairer, à la lueur très pénétrante de l'Evangile, de ces trois jets de lumière divine :

1° Un Dieu Fait-Ho?m?ie ; ce qui est le comble de V Humilité.

2° Un Dieu condamné à mort comme le dernier des hommes; ce qui • contient le double problème souverain de la Souffrance subie et de la Persécution exercée.

3° Un Dieu se servant de V homme pour exercer sa Royauté. — Et cet homme, instrument de Dieu, doit faire resplendir sa Mission de toutes les •clartés de la 6<7«wm/(?« à l'Eglise de Dieu P. 142

Nous nous ferons d'un Homme d'Etat, d'un personnage politique, une idée qui se rapprochera le plus possible de la claire notion de la Sainteté, dans ses manifestations les plus directes et les plus pures; persuadés que si les hommes qui nous gouvernent éclairent leur intelligence à se foyer lumineux de la sainteté et fécondent leur actes par la pratique des forces colossales .qu'elle donne, nous serons un peuple supérieurement gouverné. . , P. 150

Nous conserverons pour les Jésuites, non seulement le respect, la confiance et l'affection dont ils se montrent dignes, à un si haut degré, chez tous les peuples du monde et qui font d'eux le plus précieux appui de la Chaire -Apostolique, mais encore, nous tiendrons à honneur de faire de notre atta-

■<^>y^ LE PROGRAMME. /V^^

cliement contemporain envers ces Religieux, le témoignage actif de la plus juste reconnaissance pour les immenses services patriotiques qu'ils ont rendus au Canada, dès l'origine de sa fondation, et tout au moins, comme une indemnité morale des grandes et criminelles déprédations matérielles dont ils ont été les victimes dans notre pays P. 157

A l'imitation de St. Jean-Baptiste, dont le Témoignage fut le programme essentiel, nous ferons de notre pays un Témoin social de Jésus- Christ et nous nous pénétrerons autant qu'il nous sera possible des profondeurs renfermées dans cet admirable titre.

Or, pour pouvoir être initié à d'aussi sublimes profondeurs, nous marcherons sur les propres traces du Précurseur qui sont la condamnation souveraine de toute espèce d'adoration plus ou moins déguisée de la Raison humaine, et la grâce méritée d'une intervention toute particulière du Saint Esprit dans tout ce qui touche à notre avenir P. 159

Nous tirerons le Programme de notre grande Mission Canadienne de l'ensemble des caractères particuliers qui distinguent la Mission de Saint Jean-Baptiste, le Protecteur et le Modèle du Canada. Et nous trouverons dans l'Evangile les caractères de cette Mission : à la fois, annoncée par la parole du Prophète Isaïe, chantée par l'Archange Gabriel, célébrée par Zacharie père du Précurseur et tout rempli du Saint Esprit ; enfin, reconnue, avec une grande énergie d'approbation, par Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même. L'étude d'aussi remarquables documents formera donc pour nous l'émulation constante de nos meilleures ambitions politiques . . . . P. 162

Nous entretiendrons dans nos esprits une grande Foi sociale, qui n'est autre que la pleine et franche soumission de l'Etat à l'Eglise. — Cette soumission est de dogme, et elle a présidé à la propre découverte du Canada P. 168

Nous nourrirons avec complaisance en nos cœurs V Espérance patriotique, qui consiste à rendre indissolubles, en notre vitalité indigène, la Religion et la Patrie, et à ne comprendre réellement qu'un genre de Patriotisme, le Patriotisme religieux P. 169

ST. JEAN-BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA

Enfin, nous nous laisserons toucher par tous les appels de la Charitt inter7iationale , qui sont les devoirs surnaturels accompagnant les relations d'un peuple à un autre P. 172.

Et nous ferons une application toute particulière de cette Charité à nos voisins des Etats-Unis d'Amérique, reconnaissant leurs qualités, sans nous faire d'illusion sur leurs défauts, et nous promettant de faire du Canada le foyer de leur régénération sociale qui ne pourra s'effectuer que par une infatigable propagation de la Vérité Catholique P. 174

Ayant terminé ces Septante Résolutions qui ressortent de toute la. série des pages qui précèdent, et que nous avons mises dans la bouche des Canadiens eux-mêmes, persuadé qu'elles vivent, en principe, dans le fond de leurs cœurs, nous demandons, pour clôturer ce Chapitre Sept, la permission d'imiter un peu cette vieille langue française, à peu près telle qu'elle s'est parlée pour la première fois dans ce pays, quand Jacques-Cartier y parut et de faire,. en manière de péroraison, ce simple essay de brief discours :

Playse à Dieu, Messieurs, ains, disons-le tous, & disons-le de cœur, & disons-le cent & cent fois le iour ; Playse-t-il à Dieu qui nous ayme, que nous ayons en nostre aame la créance faicte selon Son Sacré Cœur, le cœur faict comme nostre créance, la langue comme le cœur, la main & l'œuure. comme la langue & la parolle.

Aydons nous doncques, Messieurs, dans ce temps, lie des temps, où les mœurs sont desbordées & les iugements dissolus. L'Eglise le voit & en pleure ; la Noblesse en est allarmée ; les scavants ne cryent d'autres choses^ & nonobstant, tout s'en va de mal en pis.

C'est à nous de ne poinct estre assez mal aduisés pour nous engager en ce labyrinthe, & à fin de fuyr un tel meschief, ne layssons piéça dans nostre conduicte moralle en arrière ce qui doibt estre au frontispice. Hazardons, puis que nous y sommes. Dieu nous aydera de sa bien veillance, s'il luy plaist. Et à tout rompre, nous ferons naufrage en belle mer, où il est à désirer naufrager, car ce cera finalement se perdre en Paradis s'esgarer en Dieu.

LE PROGRAMME

PRIÈRE

O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — Pater NosTER QUI ES IN CŒLis / — Jésus, SOU Fils Unique, fait Homme J>ar miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel de toutes les nations du monde ; et Vous, Esprit-Saint, qui procédez du Père et du Fils, par la vertu incompréhensible de V incommensurable amour, qui seul, pouvez éclairer nos intelligence<;, féconder nos volontés, pacifier, purifier et sanctifier nos cœurs ! — nous veno'is de parler, et en formulant tous ensemble les Résolutions de fwtre parole, fions tious sommes souvenus de cette belle confidence que Vous faisait le Psalmiste : " Credidi, PROPTER QUOD LOCUTUS SUM " / J^ai cru, et c'est pour cela que f ai parlé.'* Ah ! c'est qu' en vous, O Vérité Infinie ! en vous et en tout ce qui émane de vous, en tout ce qui se rapproche de vous, en tout ce qui remonte à vous, rien n' est plus exact que ce principe : Tout Bien est une Affirmation, de même que la Négation c'est le Mal. Aussi, ne voulons-nous savoir qu'un, seul mot dans le plus profond de notre âme ; — aussi, ne voulons-nous pousser qu'un seul cri vers le Père, par la vertu du FUS et dans l'amour du St. Esprit ; — aussi, ne voulons-nous être modelés sur l'Eglise que par une seule formation, et ce moi, ce cri, cette formation, c' est de répondre : Oui, à tout ce que vei/i le Père ; — Out, à tout ce qu'a démontré le Fils ; — Oui, à tout ce qu'inspire le Saint- Esprit ; — Oui, à tout ce qu' enseigne l' Eglise ; car c'est l'unique moyen d' être délivré du mal ; d'être délivré de tout mal. — Sed libéra nos a malo.

Nous vous demandons cette grâce, pour la Chrétienté tout entière, et spécialement pour le Canada^ notre patrie, par les mérites de son Bienheureux Protecteur du Ciel, St. Jeati- Baptiste, afin d' en faire en nos cœurs le Programme de sa Fête qui, cette année plus que les autres années précédentes, doit se signaler par un plus grand concours de peuple, un plus joyeux réveil national, et aussi, — Dieu le fasse ! — une plus vigoureuse, plus franche et plus universelle profession de la Sainte Foi Catholique, Apostolique et Romaine. — Amen.

ST. JEAN-BAPTISTE, L' EVANGILE ET LE CANADA

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