‹ Méditations socialesChapitre 26 sur 52 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Sx Sancio Evangelio ucundum Joannem.

Cap. III, 29, 27, 31, 32, 33.

Qui habet sponsam sponsus est. Amicus autem sponsi qui stat et audit eum, g.\udio gaudet propter vocem sponsi.

Quand l'époux s'unit à l'épouse,

Il dit : Je suis époux. — Son ami que fait-il ?

— Seule, l'amour d'un Dieu pour ses fils de l'exil A droit de s'affirmer violente et jalouse.

L'exil est bien le sort de tout homme ici-bas. Oui ; mais à l'horizon est la terre promise

— L'Epoux c'est Jésus-Christ, l'Epouse c'est l'Eglise.

— Il la dit, et ses mots, seuls ils ne passent pas.

Donc, amis de l'Epoux, écoutons avec joie , La parole échappée à sa lèvre de feu. Que sa voix nous pénètre et nous berce et nous ploie, Que dans son bon plaisir, il nous brasse et nous broie ; Restons a ses genoux les jouets de son jeu.

Non potest homo accipere quidquam nisï fuerit el datum de cœlo ?

Que possède en ce monde l'homme

Qui ne lui soit donné du Ciel ?

Pour lui, tout recevoir est le substantiel De son être ; — et c'est là toute sa vie, en somme.

Qui desursum venit super omnes est. Qui

EST de terra de TERRA EST ET DE TERRA

LOQUiTUR. Qui de coelo venit super

ONNES EST.

Qui vient d'en haut domine tout ; Qui vient d'en bas est bas. — Pour parler, l'on soupire, Et la parole alors se transforme en dégoût ; Par les bruits de la terre étouffée, elle expire.

Qui descend du ciel a l'empire.

Et quod v/dit et audivit hoc testatur et testimonium ejus nemo accipit.

Alors, l'on entend et l'on voit .F.( l'on veut porter témoignage.

— Ce témoignage qui le croit ?

— Ne voyons-nous pas tout à truver:» une image ?

ST. -JEAN BATTISTE, L'EVAXGILE ET LE CANADA

Qui accepit ejus testimoniun signa vit quod- Deus verax est.

Mais témoignons quand même, en dépit de tous traits.

En dépit de toute blessure, Témoigner de son Dieu c'est une signature Apposée à ces mots : " Il est le vrai des vrais. "

Ecrit, du 18 Avri/, ( Fête de Ste. Anthie et de St. Eleuthère. son fils, martyrs,) au g Mat (Fêle de St. Pie V Pape) l'An de l'Incarnation du Verbe 1874, en l'hotkl- DiEU St. Joseph de Montréal, Maison qui porte, avec une précision vraiment miraculeiire, ce beau titre de V Hospitalité du Christ, inventé par l'Eglise pour désigner le Palais des Pauvres. Cet établissement de la charité en Canada . présente, en effet, dans sa vie, les analogies les plus touchantes avec la propra vie de Notre Seigneur JÉst;s-CHRiST.

10. — Avant de voir le jour, il eut pour véritable /ri^c;^rj^«r de son existence, un homme selon le cœur de Dieu, laïque de la Noblesse de France, Monsieur JéRÔME de la Dauversière, 3. q\i\\a. Sainte Famille en personne, Jésus Enfant, Marie Immaculée et Joseph Epoux, daignèrent apparaître pour lui révéler par les manifestations les plus formelles de leurs volontés unies les plans à venir de la fondation de cet Hôpital, sur une terre encore inculte.

20. — Haut pour fondatrice une P'ierg;e àt France, sumaturellement appelée en Canada pour y devenir !a tn'ere des Pauvres, ces membres mystiques de Jésus-Christ, Mademoiselle Jeanne Mance, qui édifia, de ses mains très pures, le premier Autel où fut immolée, sur ces rivages prédestinés, la grande Victime Eucharistique. Ainsi fortifiée par le PRéciEUx Sang de l'Agneau sans tache, elle posa la première pierre de cet Hotel-Dieu St. Joseph, Crèche de la souffrance e* berceau de la Cité.

30. — Il devint, en de si saintes origines, une vaillai.te ortîroise militaire de la Nationalité Canadienne dans ses comla*^ c ntre 'es ''.(.%qi;es sanglantes des Païens du Nouveau Monde, les ■■ ribi.-5 Sauvages, en même temps que le .5rt//w/^r^ de ce3 hifidèles.

40. — Il n'a cessé de vivre en ^^ fidélité à la quelle l' oblige le Leau i''rotectorat céleste de son Patron titulaire, le Bienheureux Saint José i-h, à lui Oieu a accordé, comme une récompense toute spéciale .le sa Twémicente f>u;\fé, le .jrlvilèse de n'être bien connu, dans toutes les cxcellePCïS de sa >.iissi«n divine, que par les âmes vraiment pures,

SO.— Enfin, il a mérité d'être l'asile prcv'dentiel àt !i.heuri iacrfi^uet, cle li,-i:/>-i!s -itrépùUs, de résistanci s apostolique et de sainte mort, pour U tout jeune, mais tant persécttté Episcopat Marianopolitain.

Le tout, ainsi qu'il appert des documents les plus authentiques, dont la série débute aux ;

" VERITABLES MOTIFS DES MESSIEURS ET DaMES DB MONTREAL, de l'an de

grâce 1643, pour se perpétuer sans défaillance jusqu'à nos jours par les Actes de service de cette bien-méritante communauté qui les conserve en son histoire intérieure, " pour l'augmentation du saint nom de dieu kt db

NOTRE SAINTE MÈRB L'eGLISK."

ex-voto:

Major est Deui eorâe noslro et novil omnîo.

(I Epist. Joan. III. 20.) Ideo, viri cordati, audile.

(Job. XXXiV. 10.)

Le jour même où cet opuscule était livré à la presse, un saint prêtre du Diocèse de Montréal, à qui j'avais eu la précieuse occasion d'en soumettre quelques extraits, pour m'éclairer de ses conseils, Curé de Village, (i) grand dévot du Sacré Cœur de Jésus, et puisant en cette dévotion une ardente, une tendre et une efficace soif de l'âme pour la rentrée des Protestants au Bercail Evangélique, m'écrivait quelques lignes pour me signaler le passage suivant de la dernière livraison du " Messager du Sacré-Cœur de Jésus, — Bulletin mensuel de r Apostolat de la Prière, " qui se publie en France.

" Au moment où la France s'occupe à faire élever sur la colline de *' Montmartre à Paris, comme Ex-voto national, un grand édiiîce au Sacré- " Cœur de Jésus, on se prépare à construire, au berceau même de la dévo- *' tion à ce divin cœur, à Paray-le-Monial, un autre monument, qui sera tout " à la fois un lien d'union et un témoignage de la piété et de la reconnais- " sance universelle des catholiques de tous les pays pour le Sacré-Cœur du " Sauveur des hommes. — Là, autour de l'Autel principal, les Catholiques " Anglais, Irlandais, Américains, Mexicains, Canadiens, Belges, Hollandais,

(i) Ce village a pour patron dans le Ciel le Saint dont la fête se célèbre le jour où s'est livrée la bataille de Mentana.

ST. JEAN-BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA

" Espagnols, Autrichiens, Allemands, Italiens, etc. ; en un mot, chaque nation '' aura une chapelle qui sera sa chapelle, un autel qui sera son autel, sous le " vocable du Saint qu'elle invoque comme son Patron spécial. Et tous ces " saints Patrons, invités par la foi des Fidèles à se placer là en adoration " et à se tenir comme des sentinelles vigilantes devant le Sacré-Cœur, ne " cesseront d'intercéder pour leur Patrie et pour tous leurs compatriotes. '^

Ce qu'ayant lu, voici ce qu'il est impossible de ne pas penser :

Dans cette invitation adressée aux Patries ; dans cet appel des peuples numérotés pour être posés, chacun à son poste, comme sentinelle d'honneur, de la Garde Royale du Sacré-Cœur de Jésus en France ; bref, dans la nomenclature internationale {dàtQ d' abondance (i') parle Messager du Sacré-Cœur de Jésus, organe embrasé de son culte, figure le Nom Canadien.

Or, — Il n'y a à craindre à ce sujet le démenti de personne — la pensée du Canada ne se serait certainement pas présentée à l'esprit du pieux écrivain, rédacteur de la citation qui précède, si une poignée d'enfants du Canada, n'avaient, il y a quelques années, traversé l'Europe pour porter à Pie IX le pèlerinage de leurs cœurs et la force de leurs bras ; si, tout spécialement, la France n'avait pas vu défiler, dans l'étonnement du mauvais air qu'elle respire depuis de si longues années, ce bataillon débarqué du Nouveau Monde, précédé d'un drapeau blanc, parlant français avec cette antique senteur du terroir de son origine qui n'est pas sans parfum artistique, et composé de jeunes hommes appartenant aux diverses classes de la société ; — disons mieux, disons plus juste, et disons le, avec un légitime et catholique orgueuil pour le peuple canadien ; — appartenant, pour la majeure part, au point de vue de la position sociale, aux classes inférieures de leur pays.

Le Cœur de Jésus est si fin ! et il sait si bien caresser des douces surprises de ses récompenses les cœurs qui se fondent en lui ! — l'Evêque Canadien, heureusement et généreusement Pasteur, qui est, à si juste titre, le Père spirituel et le Protecteur-en-chef de 1' Union-Allet et que nous avons signalé, en toute joie, dans le cours de cet écrit, comme ayant été le vrai Sergent du Bon Dicu^ pour ce recrutement national en faveur de son Vicaire, a mieux que personne prévenu, senti, et exprimé cette belle intervention si nationale et si patriotique des Zouaves Pontificaux qu'il a levés, ou plutôt, enlevés, pour le service de Celui qui l'appelle à la fois et Son Fils et Son Frère :

(I) Ex abundantia enim cordis osloquitur. — Math. Xll, 34; Zuc VI, 49.

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