‹ Méditations socialesChapitre 6 sur 52 · I.A NAISSANCE · texte numérisé non relu

I.A NAISSANCE

rVîoninie lui-même, comme''étant " le plus grand qui se soit levé sur la terre. " (t)

f.a part d'allégresse sanctificatrice que St. Jean prit, dès avant sa naissance, à ce joyeu.x mystère de la Visitation, (2)'doit inspirer au Canada, ce peuple qui n'est venu qu'après tant d'autres à la vie sociale, une profonde vénération, une étude favorite et jamais lassée, un esprit de recherche tout-àfait national pour les secrets du plan providentiel, du concept divin, dans l'économie temporelle des peuples.

Au moment où les premiers navigateurs Français, suivis de leur escorte d'apôtres, de martyrs et de vierges, plantaient la Croix de Jésus-Christ sur les rives du St. Laurent, ce Jourdain de Sauvages, vivait, au centre de l'Europe, un doux et grand Evangélisateur, St. François de Sales, Evêque et Prince de Genève ; — cette ingrate et sotte cité, qui s'est vaniteusement affublée du nom de Rome du Protestantisme et qui n'est plus, aujourd'hui, que la Rome du Loysonnisme. — Quelle chute ! — Alors, à la voie paternelle c'; compatissante de ce Saint, un des plus aimables 'de tous les Saints, de? milliers de nos pauvres frères séparés rentraient avec joie dans le maternel giron de l'Eglise, dans le bercail de ce Bon Pasteur qui connaît, qui appelle toutes ses brebis chacune par leur nom. (3) Or, le contemi orain de Jacques- Cartier et de ses vaillants compagnons fondait en l'honr e ir de la Visitation de Marie à Elisabeth, toutes deux sur le point d'être mères, un Ordre Religieux décoré du doux et domestique nom de ce mystère consolateur. Et cette Maison de Vierges suppliantes et réparatrices. Dieu l'a choisie pour être la dépositaire fidèle, la confidente prédestinée, la gardienne jalouse, de sa plus intime dévotion, d'une dévotion qui, de nos jours, dans d'exceptionnelles tempêtes sociales déchaînées sur le monde, se dresse comme le phare lumineux de la régénération sociale du monde, pour lui montrer le port du salut : la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus.

La fin des hérésies par la conversion des malheureux enfants qui en ont sucé le lait, avec le lait de leurs mères ; — l'apaisement des tourmentes politiques, qui grondent dans \ air du temps ; — le Règne social de Jésus-Christ sur la terre, par les simples effusions triomphatrices de son royal amour, qui est pour les Fils de }a Lumière, l'Election des Elections ; — la sainte fraternité des peuples, dans l'inépuisable paternité du Sang de l'Agneau sans tache qui

' I ) Amen dico vobis : non surrexit inter natos mulierum major Toanne Baptista.- Malh.XI,\\. ■' ^

(2) Et Spiritu sancto replebitur adhuc ex utero matris suœ [Luc I, 15). (3J Proprias oves vocat aom\m.\.\n\.— y oan X, 3.

K ST. JEAN-BAPTISTE, l'évangile ET LE CANADA. J>r<->> /V"

efface tout péché, — Oh ! Seigneur Notre Dieu, Notre Maître et Notre Roi à tous, comme tout est un et tout universel, comme tout s'enchaîne, tout s'illumine et tout se tient, dans les déroulements infatigables de votre beau Plan divin !

Quand Elisabeth venant au devant de sa cousine Immaculée et saluée par elle, qui avait voyagé pour lui rendre ses devoirs, a senti tressaillir de joie son fils dans ses entrailles ; (i) quand Marie a entonné son Magnifica*» hymne sublime, que St. Ambroise a appelé P extase de r humilité, et où sont contenus tant de traits qui touchent si directement aux plus profonds problè mes des sociétés civiles, (2) n'est il pas vrai qu'en l'honneur du si grand, si prédestiné, et si puissant Patron de son pays, tout bon Canadien doit sentir tressaillir, dans les entrailles de son cœur, la vieille foi de ses pères, devant les manifestations si providentielles, si saisissantes et si contemporaires du Sacré Cœur de Jésus ?

Le Sacré Cœur de Jésus ! Ah ! la bonne manière de l'honorer, aussi bien pour un peuple tout entier que pour un individu perdu dans la foule, ne consibte-t-elle pas, au premier chef, pour l'un comme pour l'autre, à ce que le cœîir ne lui manque pas. Et c'est là une expression très philosophique dans le génie de la langue française, car la violation de cette chaude et joyeuse maxime implique, en même temps, la négation et la défaillance du Cœur, — la perte et la déviation du Courage, — l'Insensibilité, le Sentimentalisme et la Sensiblerie, trois déguisements d' incharité, trois subtilités d'impudeur,— le Stoïcisme, qui n'est qu'une abnégation paganisée, — la Coquetterie qui est la vivacité d'esprit se sensualisant, — et l'Oubli, ce triste et méprisable Oubli, qui contient toujours en germe un reniement de Dieu ; — en un mot, l'Égoïsme et la Peur ; tout égoïsme et toute peur.

D. Quelle est la particularité Ecclésiastique à observer dans la naissance de St. /ean-Ba/>tiste ?

7^. C'est que l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine a fixé, par un privilège tout spécial, la Fête de ce Saint au jour de sa naissance, et non pas au jour de sa mort, comme cela a lieu pour la Fête des autres Saints.

Et notez, qu'en cette exception l'Eglise, dont la sainte liturgie est toute

(T| Ecce enim ut facta est vox salutationis tuœ in auribus meis, exultavit in gaudio infans in utero meo. — Luc /, 44.

(2) Note. — Fecit poteniiam in brachio suo ; disper^it siipeibos mente coniis sui. — Deposuit potentes de sede et exakavit humiles. — Ei.unentes impievit bonis et divites dimisit inanes. Luc. — /, 51. 52. 53.

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