‹ Méditations socialesChapitre 7 sur 52 · LA NAISSANCE · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE

remplie d'inimitables profondeurs jointes à d'inimitables finesses, célèbre, avant toute chose, dans ce privilège accordé à St. Jean, le mystère de la Visitation ; car c'est en l'honneur de la sanctification apportée par la visite de Jésus-Christ, qui n'était pas encore né, faite à St. J,=;an-Bapf:iste, qui ne l'était pas davantage, que l'Eglise a décrété cette particularité, dans son beau culte des Saints, si rationnel, si consolant, si pur d'esprit et de cœur. — Tout est si solidaire dans les choses divines !

Or, voici les réflexions que ce trait amène tout naturellement à l'esprit.

Une des grandes conditions de salut établies par Jésus-Christ lui-même, dans l'inébranlable ensemble de sa sublime morale, est de renaître une seconde fois. C'est à un Pharisien, et à un Prince de Judée, nommé Nicodème, qu'il explique cette doctrine, (i) — Un Pharisien et un Prince! quelles nuances d'inductions à en tirer ! — Mais ce Prince Pharisien avait la foi en la divinité de Jésus-Christ. Il était venu le trouver dans la nuit, — dans la nuit de sa conscience, — pour confesser cette foi, sans hésitation, sans respect-humain, sans fausse honte, et en dehors de toutes les habitudes hypocrites et raisonneuses de ses pairs. (2) Ce n'est vraiment que par la pratique de cette honnêteté de l'intelligence et du cœur, que tous ceux qui ne sont pas dans la véritable voie pourront trouver le sentier divin qui y ramène. Et c'est bien en récompense de ce courage et de cette franchise, que le Seigneur lui accorda l'insigne faveur de l'instruire, avec la plus touchante sollicitude ; d'être son bon maître d'école. — C'est tout un cathéchisme complet, que cette belle instruction ; et, il faut l'avouer ; Nicodème malgré sa foi, — malgré sa bonne foi, — n'ayant pas encore accompli ce grand acte de seconde nativité, avait de véritables raisonnements d'enfant, dans le sens de puérilité d'esprit, (3) si bien que, dans l'impression populaire, son nom est resté à la chose.

Et c'est alors que Jésus lui dit : *' En vérité, en vérité " — affirmation répétée ; — " je te le dis, si chacun n'est pas né une seconde fois, il ne " peut pas voir le règne de Dieu " (4) Une peut, et non pas : *^ Une pourra, ^^ ce qui indique précisément que cette Vision du beau Royaume des Cieux, non-seulement ne s'effectuera pas dans l'autre monde, pour celui qui refuse de renaître, mais encore, qu'en ce monde-ci, il n'y comprendra rien, il n'y verra rien.

(1) Erat autem homo ex pharisseis, Nicodemus nomine, princeps Juil^orum. — JoanWl. I.

(2) Hic venit ad Jesum nocfe ac dixit ei : Rabbi, scimus quia a Deo venisti magister : nemo enim potest hcGc signa facere quae tu facis nisi fuerit Deus cura eo.

(3) Joan.—III, de 4. à 21.

(4) Respondit Jésus et dixit ei : Amen, dico tibi : nisi quis renatus fuerit denuo, non potest videre regiium Dei. — Jean III, 3.

ST. -JEAN BAPTISTE, L' EVANGILE ET LE CANADA

Toutes ces délicatesses d'insistances sont bien faites, en vérité, pour nous inspirer le désir et la confiance, la supplication et la charité, de toute conversion !

Et n'est-il pas dit, d'ailleurs, de St. Jean-Baptiste qu' "il convertira un . " grand nombre d'enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu " ? (i) C'est l'Ange Gabriel qui a chanté ce prophétique espoir, avant la naissance du Saint Précurseur, quand Zacharie, son père était tout troublé de cette apparition céleste, et qu'une immense crainte avait envahi son esprit. (2) Mais aussi, quelle joie, quelle allégresse est préparée à tout cœur en qui tressaille \z. fibre paiertiellc, (3) quand s'opèrent ces naissances, ces secondes naissances bénies !

PRIÈRE

O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — Pater NoSTER QUI ES IN CŒLis / — Jésus, son Fils Unique, fait Homme par miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel de toutes les nations du monde ; et Vous, Esprit-Saint, qui procédez du Père et du Fils, par la vertu incompréhensible de i incommetisurable amour, qui seul, pouvez éclairer nos ifitelligences, féconder nos volontés, pacifier, purifier et sanctifier nos cœurs ; vous nous avez fait naître ; faites nous vivre, mais bien vivre, c" est-à-dire, renaître à vous. Et, votre grâce aidant, nous en trouverotis le grand secret, dans votre vie à vous, O Seigneur Jésus, dans cette vie, que vous avez voulu perpétuellement renaissante, pour le monde, en instituant votre admirable Eglise, dont vous êtes à la fois et i Epoux et le Père ; en un mot, dans la pratique vraie et se reproduisant en tous nos actes, de cette grande et universelle parole : la Sanctification de votre Nom. — Sanctificetur nomen tuum. Nous vous demandons cette grâce, pour la Chrétienté tout entière, et spécialement pour le Canada, notre patrie, par les mérites de son Bienheureux Protecteur du Ciel, St. Jean-Baptiste, et en mémorial de sa Naissance miraculeuse, qui sera le germe de notre courage ei de toutes nos résolutions. — Amen.

(i) Et multos firiorum Israël convertet ad Dominum Deum ipsorum. — Luc I, 16.

{2j Et Zacharias turbatus est videns, et timor irruit super eum. — Li<c I, 12.

(3) Et erit gauduim tibi et exultatio, et multi in nativitatc ejus gaudebunt.— Z«f I, 14,

LE BAPTEME

Page 1