LX \ JOUR
Primante de saint Pierre. Prédiclion de sa chute par son orgueil. Lut . \\n. 31 . :ît.
S at a y a demandé de vous cribler tous; mais, Pierre,/ ai prié pour toi ' . Jésus-Christ nous apprend que nous n'avons de secours contre Satan que dans l'intercession et la médiation de Jésus-Christ même.
Admirons ia profondeur de sa sagesse. Parce qu'en réprimant l'ambition de ses apôtres, il avoit parlé d'une manière qui eût pu donner lieu à ceux qui n'auroient pas bien pesé ses paroles, de croire qu'il n'avoit laissé aucune primauté dans son Eglise, et qu'il avoit même affoibli celle qu'il avoit donnée à saint Pierre, il parle ici d'une manière qui fait bien \oir le contraire. Satan, dit-il, a demandé de vous cribler fous; mais, Pierre , f ai prié pour toi, pour loi en particulier, pour toi avec distinction : non qu'il ait négligé les autres; mais, comme l'expliquent l»s suints Pères, parce qu'en affermissant le chef, il \ oui. lit empêcher par là que les membres ne vac illassent. C'est pourquoi il dit : T ai prié pour toi ; »'l non pas, j'ai prié pour vous. Et que l'effet de cette prière qu'il faisoit pour Pierre, regardât les autres apôtres, la suite du discours le fait paroître
manifestement, puisqu'il ajoute aussitôt après : Fa toi, quand tu seras converti, confirme tes frères (1).
Quand il dit ; J'ai prié pour toi, que ta foi ne défaille pas : il ne parie pas de cette foi morte qui peut rester dans les pécheurs, parce que celle-là n'empêche pas qu'on ne soit criblé par Satan : c'est cette foi qui opère par la charité, laquelle, dit-il, j'ai demandé qu'elle ne défaillît point en toi. Jésus-Christ le demandant ainsi, lui qui dit : Je sais, mon Pire, que vous ni écoutez toujours {i) 5 qui peut douter que saint Pierre n'ait reçu par cette prière une foi constante, invincible, inébranlable, et si abondante d'ailleurs, qu'elle fût capable d'affermir, non-seulement le commun des fidèles, mais encore ses frères les apôtres, et les pasteurs du troupeau, en empêchant Satan de les cribler ?
Et cette parole revient manifestement à celle où il avoit dit : Tu es Pierre, je t'ai changé ton nom de Simon en celui de Pierre, en signe de la fermeté que je te veux communiquer, non-seulement pour loi , mais encore pour toute mon Eglise ; car je (a veux bâtir sur cette pierre. Je veux mettre en toi , d'une manière éminente et particulière, la prédication de la foi, qui en sera le fondement, et les portes d'enfer ne prévaudront point contre elle {0) , c'est-à-dire, qu'elle sera affermie contre tous les efforts de Satan, jusqu'à être inébranlable. Et cela, qu'est-ce autre chose que ce que Jésus-Christ répète ici : Satan a demandé de vous cribler; mais, Pierre, j'ai prié pour toi, ta foi ne défaudra pas ; et toi, confirme tes frères ?
(0 Luc. xxii. 32. — (a) Joan. xi, 7p. —(3) Mallh, xvi. 18.
SIR I.'l. V,\\,,ii 1'. 17
Il est donc de nouveau chargé de toute l'Eglise : il <-st chargé de tous ses frères, puisque Jésus- Christ lui ordonne de les affermir dans cette foi, qu'il venoit de rendre invincible par sa prière.
Voilà quelque chose de grand pour saint Pierre. Mais il ne faut pas oublier que , de peur qu'il ne s'enorgueillit d'une si haute promesse, elle est suivie incontinent de la prédiction de sa ehute : bar voici ce nui suit : Et PieiTe lui (Ut : Seigneur, je suis prêt d'aller avec vaitâ, et dans la prison , et à la mort mente : et Jésus lui répandit: Je te le dis, Pierre, je le le déclare , que le coq ne chantera point aujourd'hui, que ta n'aies nie trois fois que ta me connaisses
Quand Dieu lait ou promet de grandes grâces, il fout s'humilier et reconnoitre de qui elles viennent. Au lieu de considérer sa foiblesse, Pierre s'emporta jusqu'à dire avec fierté et arrogance : Seigneur, je suis prêt à vous suivre partout et jusqu'à fa mort. Mais Jésus -Christ , qui l'avoit élevé si haut, sait bien rabattre son orgueil : Simon , dit-il , foi- prié pour toi, ta foi ne de faudra point, confirme tes frères. Et un moment après : Je te. le déclare à toi, à qui je viens de dire de si grandes choses ; mais à toi, qui présumes de toi-même, au lieu de t'humilier de mes dons , Je te déchue, dis-je, que tu tomberas cette nuit , dans un moment, et par trois fois , dans une honteuse et manifeste infidélité; afin que tu sentes que si tu portois un grand trésor, tu le portois dans un fragile vaisseau de ferre , et que
1 1 ni . XXII. ">.!. • î .
BOSSCET, V. 1
ce qui se fait en toi de grand , se fait , non point par toi-même , mais par la sublimité de la vertu de Dieu (1).
Et si nous pénétrons toute la suite des paroles de Jésus-Christ, nous verrons que la chute de saint Pierre arrive par une permission spéciale en punition de son orgueil, et pour lui apprendre l'humilité : car celui qui dit : .V ai prié pour toi, afin que la foi ne défaille point, pouvoit prier, non-seulement afin qu'elle ne défaillît pas finalement, ni pour long -temps, comme il est arrivé à Pierre, qui se réveilla à l'instant, et au premier regard de Jésus- Christ ; mais encore afin qu'elle ne souffrît pas, pour ainsi parler, cette courte éclipse. Mais il ne le voulut pas ; et il aima mieux permettre que Pierre fut humilié par sa chute.
Et c'est pourquoi les saints, en considérant toute la suite de l'Evangile, n'hésitent pas à confesser que saint Pierre fut délaissé, et que la grâce se retira de lui ; non point d'elle-même (car c'est ce qui ne peut jamais arriver), mais, comme nous le verrons encore plus clairement dans la suite, parce qu'il avoit présumé, et qu'il est utile aux présomptueux, comme lui, de tomber dans un péché manifeste, pour apprendre à se défier de leurs forces. Ce qui est encore plus utile à ceux qui, comme saint Pierre, dévoient être élevés dans les grandes places de l'Eglise , et mis bien haut sur le chandelier. Car comme leur élévation les porte naturellement à s'enfler, et à exercer leur puissance avec hauteur, Jésus-Christ leur apprend, par l'exemple de saint Pierre, comme
t«) //. Cor, iv. 7.
sur l'évangile. i9
saint Pierre lui-même l'avoit appris par son expérience, à craindre d'autant plus de tomber, que leur pé^U est plus grand, et leur chute plus éclatante et plus scandaleuse.
Au reste, en élevant saint Pierre si haut, notre Seigneur, si on peut parler ainsi, avoit pris ses précautions , pour prévenir tous les sentimens de présomption, qui pouvoient entrer dans son cœur. Car en même temps qu'il lui disoil : Ta foi ne défaillira point, et confirme tes frères : il ajoutoit : lorsque tu seras converti, lui insinuant sa chute, et lui faisant voir qu'il devoit attribuer le bien qu'il feroit, à la bonté de son maître qui avoit daigné demander pour lui de si grandes choses. Mais saint Pierre ne veut point entendre tout cela : au contraire, piqué, ce semble, de ce mot de conversion, dont Jésus-Christ s'étoit servi, loin de songer qu'il pouvoit tomber d'autant plus dangereusement, qu'il étoit élevé plus haut, il ne songe qu'à vanter son courage; et il oublie la grâce qui seule le pouvoit soutenir.
Les excès où il a poussé sa présomption se déclareront davantage dans la suite; et ils obligèrent son maître à retirer sa main pour un moment. Mais sa chute n'empêcha pas l'effet des promesses et des desseins de Jésus-Christ. Car encore qu'il ait renié, et par trois fois, et la dernière fois avec blasphème et exécration, en sorte que dans ce genre de crime , il ne pouvoit pas tomber plus bas : Jésus qui fond les cœurs par ses regards , lui en réserve un des plus efficaces et des plus tendres; et cet homme si entêté de lui-même et de son courage, se retire
5lO M I F» I T k T I 0 N s
fondant en larmes; et celui qui étoit tombé, parce que sou maître a voit, détourné sa face pour un moment, apprend qu'il n'est converti que parce qu'il a daigné jeter sur lui un regard.
C'est donc alors qu'il commença à recevoir cette force qui lui avoit été promise. Il fit une grande chute, mais il fut incontinent relevé. Sa foi ne se perdit que pour un moment, mais elle ne défaillit pas pour long-temps. Au contraire elle revint, plus ferme et plus vigoureuse qu'elle n'avoit été devant sa chute : Jésus-Christ accomplit en lui ce qu'il lui avoit promis ; et il se servit de lui pour confirmer ses frères. C'est pourquoi il fut le premier des apôtres, à qui il apparut après sa résurrection. // apparut, dit saint Paul (i;, à Çépkas, et puis aux onze : et on disoit parmi les disciples : Il est vraiment ressuscité, et il a, apparu à Simon (-'. 11 avoit apparu à ces femmes pieuses ; mais on ne parloit parmi les frères, que du témoignage de Simon qui les devoit confirmer» C'est lui aussi, à qui saint Jean avoit réservé l'honneur d'entrer le premier dans le tombeau, où il n'éloit arrivé que le second (3); afin qu'il fut le premier témoin des marques de la résurrection. Dès-lors il est marqué, que saint Jean vit ces marques, et qu'il crut. Mais on ne célèbre avec distinction parmi les disciples, que la foi de Pierre, et non pas celle de Jean (4;.
Lorsqu'ils allèrent à la pêche où Jésus devoit apparoître, pour montrer les effets de la pêche spirituelle, pour laquelle il les avoit choisis, ce fut
(0 1. Cor. xv. 5. — {*) Luc. xxiv, 3^. — ('3 Joan. sx. /}, S. — W lbiil xxc. 3. 7, !i.
sur l'évangile, lJi
Pierre qui dit le premier ;.Jc m'en vais pécher; et les autres le suivirent, en disant : Nous y allons aussi. Le bien-ainié disciple qui connut Jésus le premier, l'indiqua à Pierre seul, et il lui dit : Cest le Seigneur. Ce fut Pierre et non pas Jean, qui se jeta dans la mer : ce fut Pierre et non pas Jean , ni les autres, qui amenèrent au Sauveur les cent cinquante-trois poissons mystérieux qui ne rompoient point le filet, et qui figuroient les vrais fidèles qui dévoient demeurer pris heureusement dans les rets de la prédication évangélique. Pierre, toujours à la tète de cette pèche mystérieuse, à qui Jésus avoit dit spécialement durant sa \ie mortelle : Mène la nacelle en pleine eau, et je te ferai pécheur d'hu/n/ncs ; : qui, à la parole de Jésus, avoit en effet amené tant de poissons, que deux barques en furent pleines, jusque presque à couler à fond : ce Pierre lui-même conduit cette pèche encore plus belle et plus mystérieuse, que les apôtres firent sous les yeux de Jésus-Christ ressuscité. Et tout cela en ligure de la prédication apostolique, qui, commencée par saint Pierre le jour de la Pentecôte et les jours suivans , amena tant de milliers d'ames à Jésus-Christ , et forma à Jérusalem le corps de i Eglise, qui devoit ensuite se multiplier avec une («•lie fécondité par toute la terre.
Voilà ce (pie (iguroit cette pèche des apôtres, saint Pierre étant à la tète, et les confirmant par son exemple. C'est pourquoi Jésus-Christ lui dit encore, et non pas à Jean, ni aux autres, dans l«' temps de cette pèche ; Pais mes brebis . pais
' Lu';. \ , | !
mes agneaux 0) : pais les mères comme les petits : ce qui revient au commandement de les affermir dans la foi , puisque cela même , c'est gouverner le troupeau. C'est, dis-je, le gouverner, que d'y affermir cet esprit de foi , et le paître par la parole.
Aussi est-ce lui qui en attendant la descente du Saint-Esprit fut le conducteur des apôtres dans cette mémorable action où ils firent le supplément du collège apostolique, et mirent à la place de Judas , un témoin de la vie et de la résurrection de Jésus-Christ m , qui recevant avec eux tous le Saint-Esprit qu'ils attendoient , reçut en même temps la grâce de porter ce témoignage dans tout l'univers (3). C'est donc par Pierre principalement , au il est rangé parmi les apôtres (4). Pierre est partout à la tète de la prédication, et mène, pour ainsi dire, ses frères les apôtres au combat. C'est lui qui en entreprit la défense devant tout le peuple j lorsqu'on les accusa d'être ivres de vin pendant qu'ils ne l'étoient que de l'esprit de Dieu (5). Pierre fait le premier miracle qui parut , en confirmation de la résurrection de Jésus-Christ (,). Ce fut lui qui fit un exemple d'Ananias et de Saphira (7) : ce premier coup de foudre, qui inspira aux fidèles une salutaire terreur, et qui affermit l'autorité du gouvernement apostolique, partit de sa bouche. Ce fut lui qui frappa d'anathême Simon le magicien , et en sa personne tous les hérétiques , dont cet impie étoit comme le
(') Jean. xxi. ij, 16, 17. — tâAct. 1 i5, n. — . Ibïà. 36. — ('<)Ibid.u, \^.—j)Iùid. i5.—{6)Hid. 111.6.— :)lbid. v. $4fc8, 10.
sur l'évangile. 23
chef :I). Ce fut lui qui visita le premier les Eglises persécutées, comme leur père commun : afin que nonseulement la prédication, mais encore la visite des églises, qui est le nerf du gouvernement ecclésiastique, fût commencée et comme consacrée en sa personne. Ouoiqu'apôtre spécial des Juifs qui étoient dans ces commencemens la principale portion, et comme le premier lot de l'héritage de Jésus-Christ, ce fut lui qui consacra les prémices des gentils en la personne de Corneille le Centenier (2) : les disciples qui appréhendoient qu'il n'eût excédé, en annonçant l'Evangile aux gentils, apprirent de lui que le Saint- Esprit leur étoit commun avec eux ; et furent affermis dans les véritables sentimens par sa parole r' . Paul destiné par Jésus-Christ à être le prédicateur particulier des gentils, avant que d'être employé à ce ministère, et que d'exercer pleinement son apostolat, va voir Pierre pour le contempler, dit l'original ;, comme le chef du troupeau, comme la merveille de l'Eglise, ainsi que l'expliquent les saints Pères. Saint Jacques y étoit : mais ce n'est point saint Jacques, que saint Paul alloit voir : il aHft, dit-il, voir Pierre: il demeura quinze jours avec lui ; et il autorise sa prédication par ce témoignage. Ce qui nous fut voir que lorsque quatorze ana ;\|ii<s. suivant une révélation du Saint-Esprit, il vint à Jérusalem conférer avec les apôtres, de L'évangile qu'il prèchoit aux gentils °, c'étoil encore principalement saint Pierre qu'il venoit chercher.
• A<1. ww. <j, 18, jo. i.\. 'il — 0 Ibid. x. f), i;j, Z", — Il 'd m. - • Gai. • 18 i" - ' Ibid. u. '. I
2 i M Ê D 1 1 A I I 0 xN S
Quand il fallut autoriser dans le concile de Jérusalem la liberté des gentils par un décret qui mérita d'être prononcé au nom du Saint-Esprit, saint Pierre y paroît le premier comme partout ailleurs : ce fut lui qui résolut la question pour laquelle on étoit assemblé, et saint Jacques déclare qu'il se rangeoit à son avis. Il est à la tête de tout, et tout est continué par son sentiment (l>. Ainsi la chute de saint Pierre, loin d'avoir anéanti la promesse de Jésus- Christ, en fait éclater davantage la vérité.
Pierre, instruit d'où \enoit sa force, agit avec d autant plus de confiance, que sa confiance n'avoit plus rien d'humain ; la modestie et l'humilité le suivent partout. Autant que son autorité est éminente dans l'Eglise, autant est-on édifié par la douceur de son gouvernement. Nous avons vu les belles paroles, avec lesquelles il bannit de l'Eglise l'esprit de domination, et apprend à tous les pasteurs, que la force du gouvernement ecclésiastique est, à faire le premier ce qu'on enseigne aux autres \ forma jaeti gregis ex anima : en un mot, à se rendre le modèle du troupeau de tout son cœur {*\ Pour apprendre par son exemple à tous les fidèles, à profiter des corrections où consiste la force de l'Eglise, tout chef de l'Eglise qu'il étoit, il reçoit la correction de saint Paul avec une déférence qui ne sera jamais assez louée :,). Car encore qu'il ne fut pas seul à tenir envers Les gentils la conduite que saint Paul blâmoit, et que saint Jacques en fût le principal auteur, il reconnut que saint Paul avoil raison de se prendre
\>; Jet., xv. 7, i3; \{. \-\ io, —(*''/. Pel. v.3. — (s) Gai. II. il, il,
SUR h'Ê\ V.NlilLL. V2Ô
à lui de cette faute, comme à celui qui, étant à la tête, l'autorisoit davantage par son exemple. Il se laisse donc reprendre en face, devant tout le monde, et loin de s'offenser de ce qu'on avoit consacré la mémoire d'une si vive répréhension dans une Epitre, que toutes les Eglises lisoient comme divine, on a vu qu'il la met lui-même comme les autres Epitres de saint Paul, au rang des Ecritures canoniques (i). I ne seule chute éteignit pour jamais en lui la présomption : il montra que la primauté consiste principalement à savoir céder à la vérité plus que les ;i u 1res. On ne put plus résister à la conduite que tenoit saint Paul, après que le prince des apôtres eut cédé : et la véritable manière de traiter avec les gentils demeura autant affermie par l'humilité de saint Pierre, que par la vigueur de saint Paul.
LXXT JOUR.
Construction de l'Eglise. Prière de notre Seigneur pour saint Pierre; et en sa personne pour les élus. Luc xxu. 32.
11 faut encore s'élever plus haut, et pour affermir notre foi, contempler dans les paroles de Jésus- Christ toute la constitution de son Eglise.
La prière qu'il fait pour saint Pierre n'est pas particulière à cet apôtre : il est la figure de tous les élus, pour qui Jésus-Christ prie spécialement; et quoiqu'il ne leur déclare pas à tous, comme il fait
// Pc ttr tV ni
à saint Pierre, qu'il prie que leur foi ne défaille pas, il a pourtant fait pour eux tous cette prière d'une certaine façon. Et deux choses sont véritables : l'une que Jésus-Christ leur a obtenu cette grâce singulière, que leur foi ne défaillît pas à jamais et finalement : ce qui emporte la grâce de la persévérance linale. L'autre, que nul ne reçoit cette grâce pour qui Jésus-Christ ne l'ait demandée, et ne la demande continuellement à son Père, par cette perpétuelle intercession qu'il fait pour nous. Reconnoissons donc l'effet de cette intercession toute - puissante, dans tout le bien qui est en nous, en quelque degré qu'il nous soit donné; et reoonnoissons-le principalement, lorsque remplissant nos cœurs d'une douce confiance en sa miséricorde, il nous fait marcher d'un pas ferme dans ses voies, sans nous détourner à droite ni à gauche.
Gardons-nous pourtant bien de croire que ce soit lui qui fasse tout sans notre coopération : mais qu'à l'exemple de saint Pierre, la confiance que nous aurons en cette puissante intercession de Jésus-Christ nous rende plus vigilans, plus attentifs à notre salut, et plus fervens à la prière. Regardons saint Pierre qui monte au temple avec saint Jean à l'heure de la prière de none (,) : ce qui marque non-seulement une prière réglée, mais encore une prière multipliée dans un même jour. Il ne dit pas : Je n'ai plus besoin de prier, puisque Jésus-Christ m'a dit lui-même qu'il avoit prié pour moi : au contraire Dieu lui fait sentir qu'il faut se joindre en esprit à cette puissante intercession de notre grand
v1) Au, ni. i.
sur l'évangile. 27
avocat, de notre puissant médiateur ; et demander persévéramment en son nom tout ce qui nous est nécessaire pour notre salut.
Et saint Pierre n'étoit pas seulement soigneux d'aller faire sa prière dans le temple aux heures marquées pour l'oraison : mais encore dans la maison, il avoit ses heures réglées pour la prière : il monta à l'heure de se.rte, c'est-à-dire, vers le midi, au plus haut de la maison, au lieu le plus retiré, pour prier (1) .
Prions donc, à son exemple, en union avec Jésus-Christ. Prions avec une ferme foi et une pleine croyance, que si nous persévérons dans la prière, non-seulement rien ne nous manquera pour notre salut, mais encore nous recevrons une abondance de grâce par la continuelle influence de l'esprit rlc Jésus-Christ dans nos cœurs. Car il veut notre salut, et ne veut la mort de personne, mais plutôt que nous vivions tous, et que nous soyons sauves w. Vivons dans cette espérance et dans cette foi ; tout ce que nous sommes de chrétiens que le baptême a fait ses membres.
LXXIT JOUR.
La foi de sainl Pierre est la foi de l'Eglise do Rome, où est le centre de l'unité catholique. Luc. \xn. 32.
Suivons le mystère. Cette parole : Iffermis (es frères: n'est pas un commandement qu'il fasse en
(}) Aci. x.q. — [') Ezec.xyiu. 32./. Tim. u. \. II. Pur. m. g.
c28 MÉDITATIONS
particulier à saint Pierre : c'est un oftiee qu'il érige et qu'il institue dans son Eglise à perpétuité. La forme que Jésus-Christ a donnée aux disciples qu'il rassembloit autour de lui, est le modèle de l'Eglise chrétienne jusqu'à la (in des siècles. Dès le moment que Simon fut mis à la tête du collège apostolique, qu'il fut appelé Pierre, et que Jésus-Christ le fit le fondement de son Eglise par la foi qu'il y devoit annoncer au nom de tous : dès ce moment se fit l'établissement, ou, si l'on veut, la désignation d'une primauté dans l'Eglise en la personne de saint Pierre. En disant à ses apôtres : Je suis avec vous jusqu'à la fui des siècles (1) : il montra que la forme qu'il avoit établie parmi eux passeroit à la postérité. Une éternelle succession fut destinée à saint Pierre, comme il en fut aussi destiné une de semblable durée aux autres apôtres. Il y devoit toujours avoir un Pierre dans l'Eglise, pour confirmer ses frères dans la foi : c'étoit le moyen le plus propre pour établir l'unité de sentimens, que le Sauveur désiroit plus que toutes choses; et cette autorité étoit d'autant plus nécessaire aux successeurs des apôtres, que leur foi étoit moins affermie que celle de leurs auteurs.
En même temps que Jésus-Christ institua cet office dans son Eglise, il lui fallut choisir un siège fixe pour son exercice. Quel siège lui choisîtes-vous, o Seigneur? Et qui pourroit assez admirer votre profonde sagesse? Ce ne pouvoit être Jérusalem, parce que le temps étoit venu où, faute d'avoir connu le temps de sa visite, elle alloit être livrée aux gentils.
■]<"• Mati, .wviit. ao.
L'heure des gentils étoit venue : c" étoit le temps où ils se dévoient ressouvenir du Seigneur leur Dieu, et entrer en foule dans son temple; c'est-à-dire, dans son Eglise. Que fîtes-vous donc, ô Seigneur? et quel lieu choisîtes-vous pour y établir la chaire de saint Pierre ? Rome la maîtresse du monde, la reine des nations, et en même temps la mère de l'idolâtrie, la persécutrice des saints; c'est elle que vous choisîtes pour y placer ce siège d'unité, d'où la foi devoit être prèchée, comme d'un lieu plus éminent à toute la terre.
Que vos conseils, ô Seigneur! sont admirables, et que vos voies sont profondes! Votre Eglise devoit être principalement établie parmi les gentils; et vous choisîtes aussi la ville de Rome, le chef de la gentilité, pour y établir le siège principal de la religion chrétienne. Il y a encore ici un autre secret que vos saints nous ont manifesté. Dans le dessein que vous aviez de former votre Eglise, en la tirant des gentils, vous aviez préparé de loin l'empire romain pour la recevoir. Ln si vaste empire, qui unissoit tant de nations, étoit destiné à faciliter la prédication de votre Evangile et lui donner un cours plus libre.
11 vous appartient, ô Seigneur! de préparer de loin les choses, et de disposer pour les accomplir des moyens aussi doux, qu'il y a de force dans la conduite qui vous fait venir à vos fins. A la vérité, l'Evangile devoit encore aller plus loin que les conquêtes romaines : et il devoit être port*'; aux nations les plus barbares. Mais enfin l'empire romain devoit être son siège principal. O merveille! Les Scipions,
les Luculle, les Pompée, les César, en étendant l'empire de Rome par leurs conquêtes, préparoient la place au règne de Jésus-Christ ; et selon cet admirable conseil, Rome devoit être le chef de l'empire spirituel de Jésus-Christ, comme elle l'étoit de l'empire temporel des Césars.
Rome fut sous ses Césars plus victorieuse et plus conquérante que jamais : elle contraignit les plus grands empires à porter le joug; en même temps elle ouvrit une large entrée à l'Evangile. Ce qui étoit reçu à Rome, et dans l'empire romain, prenoit de là son cours pour passer encore plus loin. Rome ruina l'ancien sanctuaire de Jérusalem, et ne laissa d'espérance à ceux qui vouloient adorer Dieu en esprit, que le nouveau sanctuaire, que le Seigneur établissoit parmi les gentils, c'est-à-dire l'Eglise chrétienne et catholique : et peu à peu Rome devenoit le chef de ce nouvel empire.
Pour préparer les voies à ce grand ouvrage, ô Seigneur! vous fîtes dès lors éclater la foi romaine; et votre apôtre saint Paul écrivit à cette Eglise, que sa foi étoit devenue célèbre par tout l'uni-
vers
Comme c'étoit dans cette Eglise, que devoit principalement éclater la vocation des gentils, vous inspirâtes à ce même apôtre, de lui développer le mystère de cette vocation : et l'Eglise romaine reçut dès lors dans la divine épîlre aux Romains, le précieux dépôt de la révélation d'un si grand mystère, où étoit compris le secret de la prédestination et de la grâce.
(«) Rom. i. 8.
Lorsqu'il fallut consommer l'ouvrage, el mettre Rome à la tête de toutes les Eglises chrétiennes : Seigneur, vous y envoyâtes le grand pêcheur d'hommes, je veux dire l'apôtre saint Pierre ; afin de consacrer cette Eglise par son sang, et d'y établir le principal siège des chrétiens, où la foi devoit être confirmée.
Ce fut alors qu'il eut besoin de savoir marcher sur les eaux, de savoir fouler aux pieds les flots soulevés, comme vous le lui aviez appris, et de ne pas craindre, lorsqu'il enfonceroit. Car il eut à surmonter toutes les tempêtes, que les fausses religions, la fausse sagesse, la violence et la politique du monde excitèrent contre l'Eglise. Saint Paul étoit le maître des gentils : mais ce n'étoit pas à lui qu'étoit donnée cette chaire principale : c'étoit à saint Pierre; et pour accomplir le dessein de Dieu sur Rome, il falloit que saint Pierre y fixât son siège. Paul y vint dans le même temps : la direction particulière qu'il avoit reçue pour les gentils y expira avec lui. Ces deux apôtres scellèrent dans Rome de leur sang le témoignage de Jésus-Christ. En allant au dernier supplice , ils annoncèrent aux Juifs leur dernière désolation, comme un événement qu'on alloit voir au premier jour, et confirmèrent par-là la vocation des gentils. Les évoques qui leur succédèrent dans l'Eglise romaine, qu'ils venoient d'illustrer à jamais par leur martyre, et sanctifier par leur tombeau, recueillirent leur succession : mais la chaire qu'ils remplirent s'appela la chaire de saint Pierre, et non pas la chaire de saint Paul; et ils furent nommés successeurs de saint Pierreet non pas de saint Paul,
32 MKDI.T-VTIONS
Dès-là, Seigneur, vous avez tellement disposé les choses, que les successeurs de saint Pierre, à qui on donna par excellence le nom de papes, c'est-àdire, celui de Pères, ont confirmé leurs frères dans la foi; et la chaire de saint Pierre a été la chaire d'unité, dans laquelle tous les évêques et tous les fidèles, tous les pasteurs et tous les troupeaux se sont unis.
Que vous rendrons-nous, 6 Seigneur! pour toutes les grâces que vous avez faites à votre Eglise par ce siège? G'est là que la vraie foi a toujours été continuée. N'entrons point dans les disputes qui causent des dissensions, et non pas l'édification de vos enfans. Suivons les grands événemens et les grands traits de l'histoire de l'Eglise. Nous verrons l'autorité de ce grand siège être partout à la tète de la condamnation et de l'extirpation des hérésies. La foi romaine a toujours été la foi de l'Eglise. La foi de saint Pierre, c'est-à-dire, celle qu'il a prêchée, et qu'il a laissée en dépôt dans sa chaire, et dans son Eglise , qui s'y est toujours inviolahlement conservée, a toujours été le fondement de l'Eglise catholique, et jajnais elle ne s'est démentie.
Qu'importe, qu'il y ait peut-être dans toute cette belle suite deux ou trois endroits fâcheux ? la foi de saint Pierre n'a pas défailli , encore qu'elle ait souffert quelque éclipse dans le reniement, qui lui a été particulier, et dans l'incrédulité qui lui a été commune avec ses frères les apôtres. Il en est ainsi de saint Pierre considéré dans ses successeurs : tous ses successeurs sont un seul Pierre. Quelque défaillance qu'on croie remarquer dans quelques-uns,
sans entrer dans ce détail plus curieux que nécessaire, il suffit que la vérité de l'Evangile soit demeurée dans le total, et qu'aucun dogme erroné n'ait pris racine, ni fait corps dans la succession, et la chaire de saint Pierre. Si bien que la foi romaine, c'est-àdire, la foi que Pierre a prêchée et établie à Rome, et qu'il y a scellée de son sang, n'a jamais péri, et ne périra jamais.
Voilà, Seigneur, le grand secret de cette promesse : Simon, f ai prié pour toi que ta foi ne défaille pas; et toi confirme tes frères (,). Nous tenons cette explication de vos saints : et toute la suite des événemens la justifie. 0 Seigneur, qui ne vous loueroit, et qui ne seroit ravi en admiration, de voir tout l'état de votre Eglise, depuis sa première origine, jusqu'à la consommation des siècles, si clairement renfermé, expliqué, prédit, et promis, dans deux lignes de votre Evangile! Que reste-t-il, ô Seigneur, sinon que nous vous priions de remplir la chaire de saint Pierre de dignes sujets; de leur ouvrir les yeux pour entendre le grand mystère de Dieu sur le siège qu'ils occupent : faites, Seigneur, qu'à travers la pompe et le faste qui les environnent, ils considèrent le fond qui les soutient; qu'ils songent toujours que leur vraie gloire est de succéder à un pêcheur; que la nacelle où ils sont portés, et dont ils tiennent le gouvernail, seroit couverte de flots, et abîmée par la tempête, sans les promesses faites à Pierre ; et que, devant confirmer leurs frères dans la foi, ils les doivent aussi affermir dons la règle de la discipline.
ROSSUKT. x. 3
LXXIÏ16 JOUR.
Soin de Jésus pour les apôtres. Il est mis au rang des scélérats. Luc. xxn. 35, 3C. Marc xv. 28.
Jésus dit à ses apôtres : Quand je vous ai envoyés sans sac, sans bourse, sans chaussure : vous a-l-il
manqué quelque chose? Rien, Seigneur. Mais
maintenant, que celui qui a un sac ou une bourse, les prenne : et que celui qui nen a point, vende sa robe pour acheter une cpée x .
Rien ne vous a manqué. Tel a été le soin du Sauveur : il n'a pas voulu que ses disciples aient manqué de rien. Mais quoi, n'ont-ils pas été dans le besoin? Qu'étoit-ce donc, que d'être réduits à rompre des épis dans leurs mains pour se nourrir? IN'étoit-ce pas là une assez pressante nécessité? Jésus-Christ ne dit pas qu'ils n'aient jamais souffert, jamais été dans le besoin : mais il dit que jamais ils n'ont manqué absolument, et qu'ils ont été bientôt secourus; non que Jésus-Christ ait fait des miracles pour cela : car nous ne lisons pas qu'il ait multiplié les pains plus de deux fois en faveur d^ tout un grand peuple, et la conduite de sa famille alloit par des \oies plus naturelles. Apprenons donc à nous fier à cette conduite douce et imperceptible de Jésus-Christ, par laquelle, au milieu des besoins et des souffrances, il conserve pourtant aux siens les provisions nécessaires.
(») Luc. xxu. 35, 36.
sur l'évancile. 35
La suite du discours fait voir l'attention qu'avoit le Sauveur à accomplir les prophéties. C'en étoit une bien particulière, que le Christ dût être mis au rang des scélérats ' : et elle devoit être parfaitement accomplie, lorsqu'il fui crucifié entre deux voleurs. Mais c'étoit un préparatoire, qu'il parût comme un voleur se défendre contre les ministres de la justice. Vous êtes venus à moi, dit-il, comme à un voleur, me prendre avec force (2). On le représentoit donc comme un homme, dont la violence étoit à craindre, et qu'il falloil attaquer avec armes. Il étoit du dessein de Dieu, et de l'ordre des prophéties, qu'il parût environné de gens de main, et qui usassent de l'épée pour le sauver. On sait pourtant ce qu'il fit , pour réparer cette violence • les siens; et il suffît aujourd'hui de considérer, comme il falloit qu'il y eût quelque sorte de fondement à la calomnie qu'on devoit faire contre lui. Ne nous étonnons donc pas, lorsque, par la secrète disposition de la divine providence, il se trouve dans notre vie quelque chose qui affaiblisse notre gloire, et qui donne lieu à la médisance. Dieu saura en tirer sa gloire, pourvu que nous soyons sans faute, et que nous subissions avec soumission ce qu'il ordonne, tt faut, dit-il, que tout s'accomplisse : cl ce qui est écrit de moi , tira ii sa fin (5). Ainsi les choses alloient s'aceomplissant peu à peu, et l'une après l'autre. On lui dit qu'il y avoit deux épees dans la compagnie : il le savoit bien : mais il vouloit qu'il fût marqué qu'il n'y arrivoit rien par hasard
ytarc. x\ -8 --- {*) Matth. \w: 55.— I.u> w\\. 3;, 38.
dans sa passion. 11 répondit : Cest assez {X) • et après avoir tout accompli, et donné tous ses ordres, avant que d'aller, selon sa coutume, dans le jardin des Oliviers, il commença son dernier adieu et ses dernières instructions que nous allons voir dans saint Jean.
LXXIVe JOUR.
Glorification de Jésus. Joan. xra. 31, 32.
Maintenant ; remarquez la circonstance : maintenant que la fin approche ; que le perfide disciple qui a machiné ma mort, est parti pour exécuter ce complot, qu'il le conclut, et que je vais être livré à mes ennemis pour souffrir de leur violence les dernières extrémités : Maintenant le Fils de V homme va être glorifié m : mais ce n'est pas là, poursuit-il, à quoi je m'arrête : la gloire de' Dieu fait tout mon objet; et Dieu va être glorifié en lui par son obéissance, par son sacrifice le plus parfait qui fut jamais, et d'un mérite infini. Sa justice, sa vérité, sa miséricorde va éclater dans la rémission des péchés; dans la peine que j'en porterai; dans l'expiation que j'en ferai par mon sang. Ma doctrine va être confirmée par ma mort : je tirerai tout à moi; et je retournerai à la gloire que j'ai eue dès l'éternité auprès de mon Père.
Si Dieu est glorifié en lui , il le glorifiera en linmême, et il ne lardera pas à le glorifier {7>) : car ceux
W Luc. xxn. 3g, — (») Joan. xin, 3i. — (3) Ibid. 3a.
sur l'évangile. 37
en qui Dieu est glorifié par leur obéissance et leurs humiliations , il ne manque pas de les glorifier, et de les glorifier en lui-même ; et il ne tardera pas à les glorifier : à plus forte raison glorifiera-t-il son Fils bien-aimé, qui ne respire que la gloire de son Père, et par là a mérité que son Père songeât à la sienne, et sans tarder.
Que de gloire ! Mais considérons d'où elle vient, et dans quelles circonstances Jésus-Christ en parle. C'est au moment que Judas part pour aller consommer son crime, et livrer son maître au dernier supplice. C'est donc du plus grand de tous les crimes, que doit naître cette gloire de Dieu la plus grande qui fut jamais : c'est des plus grandes extrémités où Jésus put être poussé, que sortira sa plus grande gloire. Chrétien, ne perds pas courage, lorsque le crime et les injustices abondent : Dieu ne permettroit jamais le mal, s'il n'étoit puissant pour en tirer le bien, et un plus grand bien : et lorsque l'iniquité abonde le plus , c'est alors qu'il trouve moyen d'accroître sa gloire. Ne perds pas courage non plus, quand tu es livré à tes ennemis, et aux plus terribles angoisses : c'est encore de cette source, que doit naître ta grande gloire, et la grande gloire de Dieu, à laquelle tu dois être plus sensible qu'à la tienne.
Chrétiens, membres de Jésus, apprenez d'où vient la gloire a votre chef : c'est ainsi qu'elle doit aussi se répandre sur les membres. Quand je suis faible, dil saint Paul m , c'est alors que je suis puissant; quand je suis méprisé, c'est alors que je
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