LIT JOUR
Qu'est-ce à dire? Garder du mal Joan. xvh. 15.
Je ne vous prie pas de les tirer du monde, mais de les garder du mal(tK Après ce que Jésus-Christ vient de dire de ses apôtres, il pourroit sembler qu'il les voulut retirer du monde, et qu'ils ne dévoient plus y être après que lui-même il l'auroit quitté. Mais il falloit qu'ils y fissent leur temps, comme lui-même l'y avoit fait. Ils dévoient luire comme de grands luminaires dans le monde : et Jésus-Christ qui avoit dit lui-même : Je suis la lumière du monde 2\ avoit daigné en dire autant de ses apôtres. Vous êtes I" lumière du monde; et
\< Juan. xvii. ii. — ■ Ibid. vin. 12.
des flambeaux qu'il ne faut pas mettre sous le boisseau; mais sur le chandelier, pour éclairer toute la maison (1). Et c'est pourquoi il dit à son Père : Je ne vous dis pas, que vous les tiriez du monde ; mais que vous les délivriez du mal, dont le monde abonde; tout le monde étant dans le mal, disoit saint Jean (2). Ainsi en les laissant dans le monde , je vous prie de les garder du mal: que le monde ne les gagne pas par ses attraits ; qu'il ne les épouvante pas par ses menaces. Mon Père, gardez-les du mal, et qu'ils soient dans le monde, sans en être.
C'est la grande merveille de la grâce de Dieu , et c'est cette grâce que Jésus-Christ demande pour eux. Il nous apprend aussi à la demander, lorsqu'il nous enseigne à dire : Délivrez-nous du mal^. Mais nous le demanderions en vain, s'il ne l'avoit auparavant demandé pour nous. Mon Père, gardez-les du mal. Si le Seigneur ne garde une ville, ses sentinelles veillent en vain sur ses murailles : si le Seigneur ne garde une ville, ceux qui Font bâtie avec tant de soin, ont travaillé inutilement^ .
Mon Père, garde zdes du mal : Je m'unis, mon Sauveur, à votre prière; et c'est en vous et avec vous, que je veux dire, comme vous l'avez commandé : Délivrez-nous du mal.
" Malt v 14, )5, 16. — i) /. itpan, v. 19. — W Malt. vi. i3. — (4) Ps. cxxvi. 1
sur l'évangile. 247