Méditations sur l'évangile
Vous continuez à nous faire connaître par vos traductions les œuvres spirituelles du cardinal Wiseman. Mon approbation va bien volontiers à ces Méditations sur VEvangile qui complètent les Méditations sur la Passion de N. S. déjà publiées.
L'Evangile est la source intarissable où les chrétiens trouvent l'aliment substantiel de la piété ; où les âmes qui doutent ou qui chancellent rencontrent les attraits les plus puissants vers la foi et la vertu. L'Evangile" prêché, étudié, médité, c'est la condition indispensable du progrès réel et du salut des âmes.
Que les pensées toujours solides, originales et neuves souvent, que l'auteur a su tirer de l'Evangile, aident de nombreux lecteurs à en mieux pénétrer le sens profond et à en retirer des fruits abondants.
Votre travail leur sera utile et Dieu vous en récompensera.
t EMMANUEL
Eve que de M eaux.
2 Février icjoi En la fête de la Présentation de N. S. J.-C. au Temple.
Le 'fAY?>TÈRZ DE L'Incarnation
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O M BIEN, sans l'Incarnation, notre connaissance de Dieu et notre amour '>2^ïfe^ pour lui, eussent été imparfaits et incomplets !
A contempler la grandeur et la majesté de Dieu dans sa nature éternelle et infinie ; à essayer, malgré notre impuissance, de nous représenter son essence si profondément différente de la nôtre, notre esprit se perd en conjectures, et devant ce mystérieux
inconnu notre pensée se trouble. «Quiconque veut pénétrer les secrets de la majesté divine est aveuglé par l'éblouissement de sa gloire. Qui scriitator est majestatis opprimitur a gloria \ >y C'est la crainte plus que l'amour qui domine. Nous avons besoin, pour que nos regards et nos facultés se fixent, d'objets circonscrits par des traits sensibles et les seuls attributs abstraits de la nature divine ne peuvent qu'à peine nourrir et satisfaire les âmes depuis longtemps familiarisées avec la contemplation.
Mais si ces attributs infinis nous apparaissent unis à notre propre nature, cette nature que nous connaissons bien et que nous aimons ; si la majesté et l'immensité de Dieu se montrent à nous emprisonnées, pour ainsi dire, en une forme sensible qui frappe notre entendement, oh ! alors nous pouvons facilement les méditer et les aimer.
C'est là, semble-t-il, la pensée de l'apôtre saint Jean, qui soutient qu'on ne peut aimer le Dieu invisible % si l'on n'aime pas le prochain que l'on voit. Avec plus de raison pouvons-nous dire qu'on ne peut aimer Dieu dans sa majesté et ses attributs infinis, si l'on n'aime pas Jésus, le Dieu incarné. L'Eglise professe cette opinion quand elle
1 Prov. XXV, 27.
2 Qui enim non diligii fratrem stium qucm videt, Deum qiiem non videt qiiomodo potest diligere? S. Jean, i Ep, iv, 20.