‹ Méditations sur l'évangileChapitre 10 sur 64 · NAISSANCE DE NOTRE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE NOTRE SEIGNEUR

Quand nous le contemplons expirant sur la croix pour nos péchés, il y a, mêlés à notre affection, dans ce drame terrible, des sentiments de douleur, de tristesse et même de crainte ; nous nous tenons comme des coupables en sa présence, et notre amour se voile de deuil.

Quand nous le considérons au jour glorieux de son triomphe sur la mort, dans sa Résurrection, nos cœurs exultent de joie et d'espoir ; il nous apparaît comme tout-puissant et plein de magnificence, autant que comme objet de notre amour. Et puis, dans ce triomphe, sa gloire lui est toute personnelle, ajuste titre, et nous n'y avons aucune part.

Mais dans la naissance de Jésus, nos cœurs peuvent s'ouvrir sans réserve à l'amour, à un amourtendre et total, à une tendresse sans bornes. Quels autres sentiments pourrions-nous éprouver pour ce petit enfant qui vient de naître, et qui vient de naître pour être tout à nous? Il ne nous effraie pas par sa grandeur, il ne nous adresse pas de reproches par la vue ds ses souffrances, il semble ne désirer que nos soins affectueux, ne réclamer que nos caresses et notre aide. Il n'endure d'autres souffrances que les souffrances naturelles à tous les enfants, et il les égaie de son frais et attrayant sourire. Plus nous contemplons le divin Enfant dans sa crèche de Bethléem, plus nos cœurs

s'échauffent et brûlent pour lui d'un amour profond.

De plus, quand nous méditons sur les grands et douloureux mystères de sa Passion, la pensée nous assiège que bientôt nous allons le perdre, et que c'en sera fini de son séjour visible parmi nous. Mais à Noël, à l'aurore de notre bonheur, nous le contemplons pour la première fois, et notre âme ne s'ouvre qu'à l'espérance, aux promesses, à l'amour! Jésus arrive sur notre terre!

Est-il possible, en voyant pour la première fois un petit enfant dans une famille qui nous est chère, de ne pas l'aimer tendrement ? Nous savons bien qu'il ne nous connaît pas, qu'il ne nous comprend pas, qu'il ne peut nous exprimer aucun sentiment, et cependant nous le couvrons de caresses, et nous éprouvons pour lui un sincère et profond attachement; et si, tandis que nous le contemplons, il nous tend inconsciemment ses petits bras et nous sourit, nous prenons cela comme des marques d'affection de sa part.

Eh! bien, ici, nous avons un tendre et cher enfant, qui est de notre parenté, qui s'est fait semblable à nous, et est né d'une mère que nous devons aimer profondément, la douce et très pure vierge Marie. Il sait, ce petit Enfant, qui nous sommes, et il nous aime dans la plénitude de ses facultés. 11 sourit à notre salut de bienvenue, en

Page 1