VOCATION DES APOTRES II
simples objets d'utilité pour sa demeure. Ne désirons rien autre chose que de le suivre promptement partout où il veut, lui répétant avec les Apôtres : « Seigneur, je suis prêt à vous suivre en prison et à la mort ! »
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« Oui, bien-aimé Jésus, conduisez-moi seulement, et je vous suivrai. Que ce soit vers des jours glorieux où vous serez honoré et aimé comme vous le méritez, ou bien vers des persécutions pénibles et des dangers; que ce soit vers la joie et la consolation, ou bien vers une sombre carrière de tribulation, de déception et de peine, toujours, ô mon Jésus, soyez mon guide, et je marcherai sans crainte sur vos pas.
J'ai quitté peu de choses pour vous suivre. Vos Apôtres avaient tout quitté ; ils ne pouvaient faire davantage. Vous ne me demandez pas un pareil sacrifice, mais il en est un autre que vous exigez de moi, et que je vous offre de tout mon cœur : je renonce, dès ce jour, à tous les désirs et à toutes les espérances terrestres, aux consolations sensibles que je pourrais recueillir dans votre service. Je veux être votre disciple, votre apôtre, au prix de toutes les aises et de tous les agréments de la
vie, au prix de tout ce que recherche, même dans les limites permises, la nature. Je veux vous servir sans amis, sans sympathie, sans consolation, sans repos, sans richesse, sans renom. Je renonce à toutes ces choses, en tant qu'elles pourraient m'être un obstacle pour répondre à votre doux appel. »
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'.^"^iV^^UEL spectacle consolant pour les trois ^V^V#i apôtres privilégies que Jésus avait ^^?;^Ci choisis et menés sur la montagne du Thabor, afin d'être les témoins de sa Transfiguration! Hélas I qu'ils avaient peu entrevu jusqu'alors sa gloire, et combien, au contraire, ils avaient entendu parler de ses souffrances! Comme ils aimaient tendrement leur Maître, bien souvent ils avaient eu le cœur attristé de ce qu'ils avaient vu
Il6 DIX-SEPTIÈME MÉDITATION
et entendu. Malgré ses prodiges, Jésus n'avait obtenu que de faibles résultats parmi ce peuple pécheur, qui ne devait être convaincu que par le signe de Jonas, c'est-à-dire par sa résurrection après une mort cruelle. Cette mort, sans doute, ses disciples l'avaient évoquée à leur esprit bien souvent, en voyant le Sauveur entouré d'ennemis que la sublimité de ses doctrines faisait grincer des dents, qui l'accusaient de pacte avec le démon en présence de ses miracles, et qui avaient déjà donné des signes de leur intention déicide.
Mais sa gloire, qui allait à cette heure l'illuminer, leur pauvre esprit humain ne pouvait s'en faire une idée exacte. Ce ne pouvait être^une gloire procurée par la fortune; il s'en était toujours écarté. Ce ne pouvait être, non plus, la gloire des titres, des honneurs, de la réputation. Ils ne voyaient pas davantage comment cette gloire pouvait venir d'une mort ignominieuse sur une croix. ''^'
Dans sa bonté et sa prudence, Jésus va donc leur laisser apercevoir un reflet de cette gloire, afin que le souvenir en soit pour eux comme un rayon d'espérance dans les ténèbres de leur marche. Imaginons-nous donc leurs délices quand ils aperçoivent autour de leur Maître une splendeur toute céleste, qui n'avait rien de la terre ;