‹ Méditations sur l'évangileChapitre 39 sur 64 · RÉSURRECTION DE LAZARE I4I · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION DE LAZARE I4I

Combien Jésus nous montre admirablement que sa religion n'est pas cette indifférence stoïque, qui chasse du cœur toute affection, et change la chair en un marbre glacé! Si le Sauveur, qui savait que ce mort allait tout à l'heure se tenir debout et vivant, gémit pourtant sur son tombeau, et accorde des larmesàsesfunérailles, combien plus nous, dont l'espérance n'a pas la même profondeur, pouvonsnous répandre des larmes sur la tombe des nôtres, sans encourir, pour cela, le reproche de désespérer de les revoir un jour. Remercions le divin Sauveur d'avoir élevé au rang des saintes affections les douleurs de notre amitié, en partageant ainsi nos peines et nos sympathies. Si jamais le deuil vient interrompre notre bonheur, si la mort vient creuser un vide dans notre famille, et ouvrir une blessure dans notre cœur, ne craignons pas de manquer à la vertu d'espérance, ni même à la patience, en donnant cours à notre peine comme Augustin devant la tombe de sa sainte mère. Mais, plutôt, unissons notre peine à la peine de Jésus au tombeau de Lazare, et puisons-y une source de sanctification.

Essayons, maintenant, de nous représenter les transports de joie, le ravissement, qui succédèrent, dans le cœur de Marthe et de Marie, à la douleur et à la désolation. Jusqu'au dernier moment, au milieu de ses sanglots, Marthe, même devant le

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tombeau ouvert, pouvait difficilement laisser son âme s'ouvrir à l'espérance d'un miracle, tel que la résurrection de son frère. Quel frémissement, quel transport alors, quand elle entend ces mots, que sa foi lui révélait comme tout puissants : « Lazare, sortez M »

Quel jour de joie et d'allégresse pour cette famille vertueuse ! Imaginons-nous leur empressement autour de Jésus ! Comme ils l'entourent pour le remercier, avec quelles expressions chaleureuses ils le bénissent! Quel bonheur préside, le soir, à leur table, et quelle douceur berce leur sommeil en cette nuit si différente des précédentes ! Jésus sourit à leur félicité, il y prend part, et les bénit, prosternés à ses pieds! Image de la joie qui doit envahir nos cœurs, quand un pécheur, longtemps rebelle, revient à la vie sous l'influence de la grâce ; car alors Jésus lui-même se réjouit aussi avec nous, et bénit notre juste allégresse.

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« Mais qu'ai-je à chercher ailleurs un motif de joie semblable ? Ne puis-je pas le trouver en moimême ? Si Marthe et Marie exultèrent en recouvrant

I Laiare, veni foras ! S. Jean, xi, 43.

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