‹ Méditations sur l'évangileChapitre 38 sur 64 · LA CONVERSION DE MARIE MADELEINE I3S · texte numérisé non relu

LA CONVERSION DE MARIE MADELEINE I3S

^ffcctionâ et S^Àoluticnâ

« Que ne puis-je me prosterner aux pieds de Jésus, comme Marie Madeleine ! Comme elle j'ai péché, sinon jusqu'au point d'être un scandale aux yeux des hommes, du moins assez pour être un scandale dans la cité de Dieu, aux yeux des anges et des saints ! Que ne puis-je, ô miséricordieux Jésus, me prosterner devant vous, et arroser vos pieds de mes larmes, des larmes de mon cœur !

Mais, me répondrez-vous, qui t'empêche de te jeter à mes pieds, toutes les fois que tu le veux. Je suis toujours présent à tes côtés. Viens donc à moi, toutes les fois que ton cœur est touché de repentir; je te recevrai...

Oui, je viendrai vers vous, ô bon, ô doux, ô miséricordieux Sauveur. Chaque soir, je m'approcherai de vous, je me jetterai à vos pieds, et je K les arroserai des larmes de ma contrition pour mes m multiples offenses. De loin en loin, je vous ^ implorerai avec plus d'instance encore, vous suppliant de jeter un regard favorable sur votre pauvre créature.

k Surtout, quand, dans la sainte communion, je vous posséderai dans mon âme, où vous résiderez,

non comme dans la maison du Pharisien, mais comme dans la maison de votre épouse, je prendrai vos pieds sacrés, je verserai mes larmes sur eux, et, en les baisant je répandrai le parfum d'une tendre dévotion, et je donnerai libre cours à mon amour repentant, que je veux rendre de plus en plus généreux. Faites, ô Jésus, que je vous aime beaucoup, puisque j'ai besoin de beaucoup de pardon! »

Ï\É3URRECTI0N DE |aA^ARE

Prélude. — Représentons-nous le Sauveur sapprochant du tombeau de Lazare, et lui ordonnant de sortir.

premier ||oint

DMIRONS les traits magnifiques et sans \^/^ V^ ^° mbres de la bonté du Sauveur, dans la 5^^In^Ï résurrection de Lazare ; ils y brillent d'un tel éclat que sa toute puissance dans ce prodige frappe moins que la splendeur et la perfection de ses autres qualités.

Ecoutons le récit évangélique.

Lazare, le frère de Marthe et de Marie de Béthanie, est-il dit, tomba dangereusement malade. « Alors, ses sœurs envoyèrent vers Jésus pour lui dire : Seigneur, celui que vous aimez est malade V » Cette simple annonce leur semblait suffisante, car elles connaissaient le tendre cœur de Jésus, et s'en remettaient à lui pour ce qu'il croirait devoir faire. S'il avait guéri ceux qu'il ne connaissait pas, et qui ne lui avaient donné aucune preuve d'attachement, combien plus devrait-il guérir celui qu'il aimait.

Mais remarquons la contradiction apparente qui survient. « Or Jésus aimait Marthe, Marie sa sœur et Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura où il était pendant deux jours ^ » Quelle étrange marque d'amitié ! Quel singulier motif pour demeurer où il était ! Parce qu'il aimait cette famille, il ne se rend pas à leur pressant appel!...

Jésus avait ses raisons pour attendre. Il guérissait tous les malades qui l'imploraient. S'il avait guéri Lazare malade, ce n'eût donc été qu'une preuve de sa charité coutumière, et non pas d'une amitié toute spéciale. Il voulait le ressusciter. S'il savait que des jours d'affliction allaient s'écouler pour

1 Miser tint ergo sorores ejiis ad eum^ diceides : Domine, ecce qiiem amas infirmatur. S. Jean, x[, 3.

2 S. Jean, xi, 5 et 6.

RÉSURRECTION DE LAZARE l)<^

ceux qu'il aimait, il prévoyait aussi leur bonheur en voyant arraché au tombeau leur frère mort, et ce bonheur compenserait largement leurs peines passées.

N'est-ce pas la même miséricorde qu'il nous témoigne, quand il éloigne de nous, semble-t-il, ce que nous lui demandons, nous laissant, dans notre folie, murmurer contre sa dureté à notre égard, alors qu'il veut, en réalité, nous accorder bien plus que nous ne lui demandons, et nous donner une joie bien plus grande que celle de la réalisation de notre désir?

Toujours attentif au bien spirituel de ceux avec qui il se trouvait, le Sauveur profite de la douleur et de la peine de Marthe au sujet de son frère pour lui faire produire un acte de foi, et pour exposer d'une façon solennelle la grande doctrine de la résurrection de la chair, en se disant lui-même la résurrection et la vie. « Quiconque vit et croit en moi, vivra éternellement. Crois-tu cela ? — Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu vivant venu en ce monde '. » Quel fondement solide et profond de sa foi ! Tous ces mystères, peut-être, lai paraissaient trop élevés pour sa raison ; elle laisse de côté toute discussion, et se livre simplement à Jésus comme à son guide, en se confiant à sa mission divine.

I s. Jean, xi, 26 et 37.

Chassons, à notre tour, tous les doutes et toutes les subtilités, suggérés par une curiosité orgueilleuse ; attachons-nous à une foi fervente en Jésus, qui vit à jamais, et qui enseigne sans crainte d'erreur, par l'organe de son Eglise immortelle et infaillible !

A la vue de Marie, qui pleurait, et des Juifs qui pleuraient avec elle, Jésus ne put contenir ses sentiments, « il frémit en lui-même et se troubla : « Où l'avez-vous placé? » dit-il. — Seigneur, répondirent-ils, venez et voyez. Et Jésus pleura ^ »

Nouveau mystère. Pour les Juifs, témoins du glorieux miracle qui suivit, ces larmes, peut-être, parurent un contre-sens. Pourquoi pleurer sur quelqu'un qu'il pouvait sauver de la mort ? Pourquoi gémir à propos de celui qu'il avait l'intention d'arracher à la tombe?... Questions que les Pharisiens insidieux auraient pu être tentés de se poser, en voyant le résultat de sa douleur. Mais, en cet instant, le raisonnement du cœur seul trouve la réponse : « Les Juifs de s'écrier : Voyez comme il l'aimait M »

1 s. Jean, xi, 33 et seq.

2 S. Jean, xi, 36.

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