JÉSUS INSTRUISANT LES FOULES
dans son maintien! quelle harmonie dans son geste! quelle solennité dans le ton! quelle douceur et quelle onction dans les paroles!
Quand nous lisons que les foules le suivaient jusqu'au désert, oubliant plusieurs jours de suite leurs maisons et leurs intérêts terrestres, captivées qu'elles étaient par son éloquence, nous pouvons deviner quel charme merveilleux s'échappait de sa personne, et rayonnait dans ses accents !
Quand nous voyons des hommes abandonner leurs filets, leurs parents, leurs demeures, à son seul appel; quitter leur profession pour le suivre, sur un simple mot de lui, comme saint Matthieu, nous pouvons concevoir la puissance et la grâce attirante de sa voix et de son regard !
De quel éclat devaient briller ces dons merveilleux du Sauveur, quand son éloquence développait les préceptes de l'amour, et les maximes sublimes de l'Evangile! Avec quelle autorité il devait enseigner, et avec quelle énergie il devait parler, quand il flagellait les vices des Scribes et des Pharisiens, et les faisait pâlir sous la véhémence de ses reproches.
Mais surtout son enseignement ne ressemblait pas à l'enseignement des hommes, parce qu'il était tout rempli de douceur et de mansuétude. Ces Scribes orgueilleux repoussaient avec mé{>ris les pauvres et les pécheurs ; ils regardaient de haut
tous les autres hommes, et s'estimaient bien supérieurs, surtout en vertu et en perfection. Quel contraste avec Jésus. Il était saint et pur, il était la perfection même: maispour tous il était bon et accueillant, doux et souriant. Il recevait, les bras ouverts, même les plus coupables, quand ils se repentaient ; il ne dédaignait pas de manger et de converser avec eux. Il allait avec les plus pauvres, et se mêlait à leur compagnie comme l'un d'eux. Il instruisait les ignorants avec patience et avec persévérance. Personne n'avait peur de l'aborder, de l'écouter. Qu'il devait être bon de vivre avec un tel Maître et de l'entendre !
Enfin Jésus enseignait comme quelqu'un qui a autorité, etnon comme les Scribes et les Pharisiens, parce qu'il ne faisait pas comme ces derniers, qui imposaient aux autres des fardeaux qu'ils ne touchaient même pas du bout du doigt pour leur propre compte ; mais il pratiquait lui-même tout ce qu'il enseignait, il mettait en action toutes ses maximes, et présentait en sa personne le modèle de toute sa doctrine. Demandait-il aux hommes d'être pauvres d'esprit, et de mépriser les biens terrestres? Il se montrait lui-même pauvre comme eux, alors que, d'un simple désir il aurait pu être plus riche que l'empereur romain ; et il n'avait pas où reposer sa tête. Leur consçillaît-il d'être doux devant les calomnies et les persécutions ? Il