‹ Méditations sur l'évangileChapitre 42 sur 64 · JÉSUS INSTRUISANT LES FOULES I · texte numérisé non relu

JÉSUS INSTRUISANT LES FOULES I

souffrait lui-même les plus durs tourments, et avec la plus admirable patience. Leur défendait-il de rendre le mal pour le mal, et leur ordonnait-il de prier pour leurs ennemis? Il le faisait lui-même, et dans les circonstances les plus difficiles. Toute sa conduite était ainsi un commentaire vivant de ses préceptes, et il instruisait plus encore par ses actions que par ses paroles.

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Nous estimons bien heureux et privilégiés ceux qui purent entendre, de sa propre bouche, les enseignements de Jésus. Mais, est-ce que nous n'avons pas notre part de ce privilège ? Oui, certes. Il a plu au Sauveur de nous conserver dans son Evangile beaucoup de ses discours et de ses instructions, qui charmèrent ceux qui les entendirent. Grâce à ces leçons conservées, il nous enseigne lui-même avec autorité, car c'est bien sa propre voix qui nous parle par son Evangile.

Et qui nous empêche de nous le représenter, tel qu'il était : majestueux et bon, ardent et calme, sévère, mais plus doux encore? Et pourquoi, quand je lis ses maximes, ne penserais-je pas qu'il fixe sur moi ses regards profonds et attirants, qu'il se tourne vers moi pour que j'entende ses paroles, et

que je profite de ses leçons? Oui, ce sera ainsi qu'à l'avenir je m'efforcerai de saisir, comme dans un miroir, les enseignements de mon Sauveur, y apportant le regard de la foi, et croyant fermement qu'il pensait à moi, quand il édictait ses principes sublimes pour le bonheur de ceux qui l'écoutaient.

Mais si Jésus, mon Maître, a voulu pratiquer luimême, sans y être obligé, toutes les leçons, même les plus dures, qu'il m'a laissées, avec combien plus d'ardeur, moi, son indigne disciple, dois-je m'efforcer de pratiquer ce qu'il a pris la peine de m'enseigner. Que ce soit, désormais, l'objet de tous mes soins.

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Présentons-nous à notre divin Maître pour être admis à sa sublime école, et disons-lui : « O bon Sauveur, je suis votre pauvre créature, aveugle et ignorante, incapable d'aucun bien. Je désire apprendre la science du salut ; mais je ne veux l'apprendre que de votre bouche. Ne me repoussez pas. Je n'ai pas mérité, sans doute, d'être du nombre de ces heureux privilégiés qui purent s'asseoir à votre table, et se rassasier au divin banquet de votre sagesse. Mais, ô Maître, laissez-

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