PARABOLE DES VIERGES FOLLES I9I
de quelques pratiques extérieures de dévotion, qu'ils conservent par routine plutôt que par principe et par sentiment profond de conviction. L'annonce subit de leur comparution devant le Seigneur les prend au dépourvu. Ils s'efforcent, en une minute, de secouer leur torpeur et leur oubli ; mais ils ne peuvent raviver toute leur foi ; ils sont affaiblis et paralysés pour les choses célestes ; et la vigueur de leur pensée s'est émoussée. Ils cherchent quelque souvenir réconfortant ; ils évoquent quelqu'une de leurs bonnes œuvres d'autrefois, afin de ranimer un peu leur cœur défaillant, et de se donner confiance. Mais, c'est en vain ; tout est sombre, tout est triste autour d'eux. Ils demandent à leurs amis et aux ministres de Dieu de les fortifier, et de leur donner une part de leurs vertus. Hélas ! c'est impossible. Ceux-ci peuvent les aider à utiliser le mieux possible le peu de bien qui leur reste, et produire ainsi quelque lueur passagère ; mais les vertus qui ne s'acquièrent qu'avec le temps, ces bonnes habitudes qui sont le fruit de soins multipliés, cette huile, en un mot, qui n'est recueillie et récoltée qu'avec beaucoup de peine et de diligence, ils ne peuvent la leur donner. Et, peut-être, tandis que ces infortunés vont trouver ceux qui peuvent la leur procui^er, c'est-à-dire Dieu et son Eglise, avant que leur provision tardive soit achevée, l'époux est entré, et ils se trouvent
à la porte, n'ayant plus, pour une éternité, qu'à pleurer en d'inutiles regrets et à grincer des dents. « ISJescio vos! Je ne vous connais pas M » Ce sera l'inexorable réponse faite à tous leurs appels.
^ffcctionô et ^iôolutîoné
« Ah ! bon Maître, si nous vous répliquions : Ne connaissez-vous pas votre serviteur, qui, en sa jeunesse, s'est voué à votre service, et s'est consacré à la garde de votre gloire et au salut des âmes que vous aimiez tant; qui fut un modèle de vertu et de dévouement pour ses compagnons, ou qui, du moins, les égala en mérite ? Voici que ces compagnons sont entrés avec vous dans la félicité ; pourquoi donc me repoussez-vous ?...
Hélas ! vous répondriez : Oui je vous connais ; votre lampe brilla entre vos mains. Mais depuis, elle s'est éteinte ; et je ne puis plus vous reconnaître pour un des miens. Allez ; je ne vous connais pas !
O Seigneur, faites que je n'entende jamais un si épouvantable refus de votre bouche ; mais que partout où vous serez je sois digne d'entrer. A mon baptême, vOusavez mis entre mes mains un cierge
I s. Matth., XXV, 12.