PARABOLE DES VIERGES FOLLES
zèle et de nos résolutions. Sans doute, si cela dépendait de nous, nous pourrions désirer paraître devant Dieu dans un de ces moments où la grâce nous envahit plus abondante, où les consolations du ciel sont plus grandes, au sortir d'une retraite, quand les sentiments de charité sont plus vifs dans notre cœur et nous font désirer quitter cette terre pour nous trouver avec le Christ ; nos lampes, alors seraient prêtes, et nous paraîtrions avec avantage devant l'époux, s'il se présentait. Mais il peut ordonner les choses autrement; il peut attendre que notre ferveur soit passée, que notre dévotion soit tarie, que notre amour soit éteint ; il peut nous appeler à sa rencontre à la quatrième veille de la nuit. Heureux, si des grâces reçues nous avons fait une réserve substantielle, que la longueur du temps n'aura pu épuiser, et qui nourrira la flamme de notre foi, de notre espérance et de notre amour, lors même que les faveurs de la dévotion sensible lous auront été retirées. C'est là, en vérité, et c'est seulement la vraie vertu. Toute autre forme de vertu court grand risque de n'être qu'une illusion.
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La nécessité de posséder une réserve de vertus solides est encore plus vivement démontrée dans
la fin de cette parabole, où nous voyons le sort des vierges folles. Elles avaient le même but que leurs compagnes ; et à des regards superficiels, elles pouvaient paraître capables de réussir aussi bien que les autres. Leurs jlampes brûlaient avec autant d'éclat: elles étaient parfaitement garnies d'huile. Probablement, les vierges sages ellesmêmes ignoraient la pénurie des autres ; sinon, elles leur auraient conseillé à temps de se pourvoir.
Faisons l'application. Un long intervalle s'écoule entre notre premier pas dans la ferveur et l'instant où nous paraîtrons devant notre Juge. Pendant ce temps, nous sommes ballottés entre le bien et le mal, nous nous assoupissons, nous avons des rechutes, des périodes de froideur et d'indifférence,' nous nous oublions au milieu des illusions du monde ; en un mot, nous perdons notre ferveur primitive. Pour ceux qui sont abondamment munis en vertus, il est facile de se reprendre : quelques moments de recueillement leur suffisent pour préparer leurs lampes, et leur rendre leur premier éclat. Ils n'ont jamais perdu la foi, l'amour de Dieu ; ils n'ont pas négligé leurs exercices de piété, les œuvres de charité ; et c'est là pour eux l'huile dont ils peuvent remplir et ranimer leurs lampes.
Mais ceux qui n'ont eu qu'un instant de ferveur passagère, au début, sont bientôt endormis ; leursj lampes vacillent faiblement dans l'accomplissement