PARABOLE DU BON PASTEUR
retrouve sur les moindres objets, et jusque sur les coupes employées dans ces lieux de refuge des martyrs. Plus tard, quand les chrétiens purent élever des temples plus magnifiques en l'honneur du Dieu qui les avait délivrés des persécutions, les décorations les plus ordinaires des églises consistèrent en mosaïques représentant le Sauveur, environné de ses saints, et ayant près de lui des agneaux buvant à la fontaine de vie qui jaillit sous ses pieds. Cette préférence donnée à ce symbole, parmi tant d'autres images sous lesquelles le divin Rédempteur a bien voulu se montrer, prouve que les premiers chrétiens estimaient ces traits touchants du pasteur comme les plus expressifs du caractère de Jésus.
Deux fois, en effet, le Sauveur se sert de cette comparaison en des formes différentes, l'appliquant les deux fois, à sa personne, d'une façon bien propre à exciter des sentiments de gratitude et de tendre affection.
11 parle, un jour, du pasteur qui, ayant cent brebis, en perd une, et qui, laissant là les quatrevingt dix-neuf autres, va à la recherche de la brebis égarée ; quand il l'a trouvée, il la met sur ses épaules, et la ramène avec joie à son troupeau. Qui ne reconnaît là le doux portrait de notre bon Sauveur, qui est venu chercher non les justes, mais les pécheurs ; qui a quitté la gloire de la maison de
son Père, et est venu dans le désert de ce monde pour y chercher sa créature égarée ; qui s'est chargé du fardeau de ses misères et de ses détresses, et l'a rapportée au ciel qu'elle avait perdu. Par quels âpres chemins, par quels sentiers épineux a passé ce bon Pasteur dans ses recherches ! Que de nuits sans sommeil, que de jours tristes, que de souffrances par la faim et la solitude, que de mépris et de railleries, pour retrouver cette âme perdue, qu'il appelait dans les termes les plus doux, la conjurant de revenir à lui ! Et quand, enfin, il a pris sur lui le poids de notre humanité, avec ses misères et ses châtiments mérités, combien lourd lui fut ce fardeau, et combien de fois, épuisé, il ploya sous sa charge ! Ses traces furent tachées de sang, et il opéra son retour au ciel, d'oii il était venu, dans l'angoisse et l'agonie.
Mais si, en toute vérité, il fut le bon Pasteur pour toute l'humanité en général, qu'a-t-il été pour chaque pécheur en particulier ? Qu'a-t-il été pour chacun de nous?
« J'étais égaré, peut dire chacun de nous, loin du bercail de la grâce, de la paix d'une bonne conscience, de la loi de mon Maître, du sourire de son visage. J'étais dans un désert immense et stérile sans verdure et sans ombre ; une soif brûlante me dévorait, et mon cœur défaillait... C'est alors que, de loin, au sein de la solitude, j'entendis