‹ Méditations sur l'évangileChapitre 61 sur 64 · CONDUITE DE JÉSUS ENVERS LES PÉCHEURS · texte numérisé non relu

CONDUITE DE JÉSUS ENVERS LES PÉCHEURS

douceur, il leur enseignait les vérités de la vie éternelle. Et non seulement il ne fuyait pas la société des publicains, mais ce qui est encore une preuve plus grande de sa condescendance envers les pécheurs, il acceptait les invitations de ces Pharisiens eux-mêmes, qu'il dénonçait publiquement comme des fourbes et des hypocrites.

Il y a surtout deux traits remarquables dans sa conduite envers des pécheurs, qui l'abordaient sans l'intention de se convertir. Le premier, c'est celui de la Samaritaine. C'était une femme, non seulement hérétique aux yeux des Juifs, mais de plus pécheresse et vivant dans le désordre. Or Jésus ne s'éloigne pas en la voyant venir au puits de Jacob, et il ne lui ordonne point de s'écarter comme indigne de l'approcher. Au contraire, il entre en conversation avec elle ; peu à peu il la convainc de ses erreurs, et la remplit de honte à la pensée de ses fautes.

Le second trait est celui de la femme adultère. On la lui a amenée, afin qu'il prononce" une sentence contre elle. Le Fils de l'homme n'est pas venu pour juger, mais pour sauver le monde. Avec une merveilleuse habileté, il se débarrasse des accusateurs hypocrites de cette femme, et il la renvoie avec un avertissement plein de bonté : « Allez, et ne péchez plus ^ »

I s. Jean, viii, 11.

Telle était la conduite de Jésus envers les pécheurs connus publiquement comme tels. Bien loin de les fuir, de détester leur société, de les décourager par des regards de mépris ou des paroles sévères, il leur permettait de venir près de lui familièrement, et il n'avait pour eux que des procédés de bonté et de condescendance.

deuxième ^oint

Quelle miséricorde de la part du Sauveur envers les pécheurs qui venaient lui demander le pardon de leurs fautes ! Nous en avons de nombreux exemples dans les cas de Zachée, de saint Pierre, de Marie-Madeleine, du bon larron. A chacun il offre un pardon immédiat, au seul aveu contrit de leurs péchés.

Mais, laissant ici ces exemples de bonté, arrêtonsnous surtout aux leçons que nous pouvons recueillir de cette conduite du Sauveur.- Il avait énoncé comme une règle qu'au ciel il y aurait plus de joie au sujet d'un pécheur converti, qu'au sujet de quatre-vingt dix-neuf justes. Il avait symbolisé cette pensée par la belle comparaison du pasteur qui, ayant perdu une brebis, laisse là toutes les autres jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée, placée sur ses épaules et ramenée au bercail. Quelle belle leçon !

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Nous avons affaire, hélas ! beaucoup plus avec les pécheurs qu'avec les justes. Au lieu d'un pécheur contre quatre-vingt dix-neuf justes, il est probable que les chiffres doivent être renversés ; car le nombre des prévaricateurs est bien plus élevé que le nombre des hommes bons et vertueux. Que ce serait un sort malheureux pour des représentants de Dieu, s'ils ne trouvaient de consolations que dans le troupeau choisi ; si le champ du cœur humain, maudit depuis la chute originelle, ne produisait jamais de fleurs au sein des ronces et des épines ; si les pécheurs, indirectement, n'étaient une source de joie pour les bons serviteurs de Dieu. Gloire à Dieu qui sait tirer la lumière des ténèbres, le repentir de la faute, et qui nous donne les consolations et les joies des conversions ! Si longues et si pénibles que soient nos inquiétudes au sujet des égarés, ceux que, de loin en loin, nous retrouverons, nous dédommageront amplement de nos peines. Mais nous n'aurions que bien rarement l'occasion de ces retours, si la rigueur de nos manières, la froideur de notre abord les éloignait de nous. Combien, désireux de revenir à la vertu, s'arrêteront effrayés par la crainte de la confession, doublement difficile s'ils connaissent comme dur et rude celui à qui ils doivent la faire ! Combien qui ont surmonté les difficultés de ce premier pas et se sont avancés résolument dans leur

nouvelle voie, sont retombés désespérés, à cause des reproches sévères de celui qui aurait dû agir, comme un père bon et miséricordieux, au lieu d'être un juge impitoyable !

Imitons notre Sauveur, et par notre bonté attirons les hésitants et les endurcis au repentir et au pardon.

gffection6 et ^éôolutionô

« Pourrais-je agir autrement avec votre exemple sous les yeux, ô bon Sauveur qui fûtes si pur et si saint ! En dépit de l'infinie distance qui vous séparait des pécheurs, vous fûtes toujours pour eux bon, affable, miséricordieux. Comment moi, qui suis un pécheur comme eux, n'imiterais-je pas facilement votre conduite envers ceux qui, après tout, sont mes frères dans le péché I Je considérerai comme une glorieuse prérogative de trouver occasion de vous imiter dans la nature même de mes devoirs. Je serai heureux de contribuera la joie du ciel au sujet du retour d'un pécheur; une partie de cette joie rejaillira sur les efforts qui auront été dépensés pour la procurer.

En méditant votre bonté envers les pécheurs, je ne veux pas oublier les preuves si grandes que vous m'en avez données à moi-même. Que jamais

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