SOUMISSION T5E JÉSUS A LA LOI
modes de prier, l'habillement, et mille autres sujets d'une application de chaque jour, et presque de chaque heure. Toutes ces additions faisaient de la loi un fardeau que ni les Juifs de ce temps, ni leurs pères, comme le déclaraient les Apôtres dans leur concile, n'étaient capables de porter. Il n'y a pas de doute que Jésus se soumit à toutes ces choses; car s'il lui fallait accomplir toute justice, en se soumettant même aux pratiques d'édification les plus difficiles, même à celles qui étaient de conseil plutôt que de précepte, comme le baptême de Jean-Baptiste, comment peut-on douter qu'il se soit conformé aux moindres détails des prescriptions formelles? Ignoré du monde pendant longtemps, quant à sa nature, il ne pouvait vouloir lui donner de scandale même dans les plus petites choses. Nous pouvons, sans crainte de nous tromper, affirmer que jamais, depuis sa promulgation, la loi ne fut mieux observée que par Jésus. Il n'en omit ni un article, ni un iota. 11 en pratiqua et en enseigna toutes les ordonnances. Nous comprenons quelles difficultés elle offrait et quel fardeau elle était pour tout homme aux vues spirituelles; Jésus, cependant, s'y soumit sans se plaindre.
Est-ce ainsi que nous agissons dans les détails de notre sainte religion? Ne nous insurgeons-nous pas parfois contre certains de ses articles, nous
plaignant de n'en point saisir le sens? Ne mettonsnous pas de la hâte, du laisser-aller dans nos pratiques, au risque de mal édifier le prochain? N'est-ce point avec négligence quenous faisons le signe de la croix au commencernent de nos prières? Qu'il y a peu de respect, souvent, dans nos génuflexions, en passant devant le saint Sacrement ! dans notre manière de prendre l'eau hénite, en entrant à l'église! Qu'il y a peu d'attention dans la récitation de nos prières avant et après les repas! Ce sont autant d'actions minimes en l'honneur de Dieu, prescrites par de pieux usages, sinon par des préceptes formels ; et, toutefois, avec combien peu d'application nous nous en acquittons!
Ce n'est pas ainsi qu'agissait le Sauveur. Tout ce qu'il faisait, les grandes et les petites choses, il le faisait bien. Prenons modèle sur lui.
^ffectionà et ^éâolution6
« O divin Jésus, notre modèle en toutes choses, qui avez été obéissant jusqu'à la mort de la croix, qui avez observé toutes les prescriptions de la loi, accordez-nous votre grâce pour marcher sur vos traces. Vous désirez éprouver notre fidélité dans les petites choses, comme dans les grandes, ainsi
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que vous avez fait pour nos premiers parents. Apprenez-nous donc à ne rien mépriser de ce que votre loi nous commande, mais à l'accomplir avec soin par amour pour vous. Quand l'observance en est difficile ou ennuyeuse, faites que nous nous rappelions que cette loi vient de vous, et que votre joug est doux et votre fardeau léger. Fortifiez notre faiblesse ; donnez-nous la constance et la persévérance ; enseignez-nous à aimer votre loi plus que l'or et les pierres précieuses. »
fi^RVEUR DE JÉ^U?
Icînt
L y a peu de faits, dans la vie de Notre Seigneur, plus remarquables que sa pratique constante de la prière. Nous savons que sa puissance était sans limite, qu'il pouvait accomplir tout ce qu'il voulait sur la nature, sur les éléments, sur les esprits de ténèbres. Il n'avait qu'à ouvrir la bouche, et des flots d'éloquence céleste s'en échappaient. S'il avait permis que la tentation l'éprouvât, il était certain
KfiRVEUR DE JÉSUS 2']}
de n'y point succomber. De quelque vertu qu'il voulût donner l'exemple, il atteignait toujours la perfection la plus sublime.
Pourquoi donc priait-il? Quel bienfait, quelle force, quel encouragement pouvait-il attendre de la prière? La prière est définie : une élévation de l'âme vers Dieu. Est-ce que son âme n'était pas perpétuellement et intimement unie à Dieu? Ses pensées ne planaient-elles pas toujours dans les hautes régions de la contemplation? Ses affections n'étaient-elles pas sans cesse portées vers son Père céleste, avec lequel il ne formait qu'un seul et même Dieu ? Sa vie, par conséquent, n'était-elle pas en elle-même, une prière, qui n'avait pas besoin de démonstrations spéciales et extérieures?
Oui, tout cela est vrai. Il nous faut donc conclure qu'en priant il n'avait en vue que notre instruction et notre bien. En effet, devons-nous nous dire, si Jésus, qui pouvait tout par lui-même, voulut néanmoins s'adonner à la prière, à combien plus forte raison devons-nous prier, nous qui sommes si faibles, si fragiles, si dénués de tout !
Nous voyons qu'il sanctifia tous les actes importants de son ministère public par la prière. C'est par une retraite de quarante jours, passés dans la solitude et les conversations intimes avec Dieu, qu'il inaugura sa mission évangélique. Quand il choisit ses Apôtres, bien qu'il connût à fond leur
âoie, il passa toute une nuit en prière pour se préparer à ce choix. « Il se retira sur une montagne, et passa la nuit en prière \» Avant d'instituer la sainte Eucharistie, il pria, rendant grâces à son Père, et adressa sa belle invocation pour ses Apôtres '. Enfin sa passion ne commença qu'après sa prière au Jardin des Oliviers, la plus fervente et la plus solennelle de ses prières.
V Dans d'autres circonstances moins importantes, comme dans la résurrection de Lazare, il voulait moins manifester sa puissance, qu'avoir occasion d'obtenir de son Père ce qu'il demandait.
Quel modèle et quelle leçon pour nous ! Pourrions-nous, après un tel exemple, omettre de sanctifier toutes nos actions importantes par la prière? Ne les ferons-nous pas précéder de cette préparation ttécessaire ? Ce sera assurer à nos œuvres la protection et les bénédictions de Dieu.
deuxième ^oînt
Le Sauveur qui nous enseigna quand nous devons prier, nous avertit aussi de la manière dont nous devons prier.
1 s. Luc, VI, la.
2 S. Jean, xvu
FFRYEUR DE Jl.SUS 27S
Une seule demande, qu'il aurait faite en peu de mots, aucait suffi pour lui obtenir aussitôt ce qu'il désirait. Et pourtant, il restait toute une nuit en prière. Quel exemple de persévérance! Hélas! Une demi-heure consacrée à la prière nous semble longue, et, peut-être, sans l'aide de livres, ce serait plus que nous ne saurions en supporter. Nos besoins, cependant, sont nombreux, et la prière est la source unique qui puisse les satisfaire. Et encore, combien de ces courts instants sont perdus en pensées frivoles, en distractions stériles ! La prière de Jésus, pendant cette longue nuit, est appelée « la prière de Dieu » ; c'est-à-dire une prière puissante, efficace, parfaite. C'est de cette prière que parle l'Apôtre saint Paul, quand il écrit : « Durant sa vie, il offrit ses prières et ses supplications avec ses larmes, avec un accent irrésistible, à celui qui pouvait le sauver de la mort ; il fut exaucé à cause de son respect '. » Avec ses larmes ! Comme un malheureux plongé dans une détresse désespérée, qui n'a plus d'espoir que dans son suprême appel ! Comme un pauvre père de famille, qui voit les siens mourant de faim, et qui va supplier le passant qu'il espère rencontrer, pour revenir désespéré s'il n'a rien reçu ! Comme le condamné qu'on emmène, et qui n'a plus d'espoir
I Hebrae., v, 7.
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que dans la compassion du juge qui vient de le frapper!
Oh ! honte à nous qui sommes si froids dans nos prières, nous qui ne pouvons avoir d'espoir que dans la miséricorde de Dieu ; nous, débiteurs insolvables, qui ne pourrons, au jour des comptes, que nous jeter aux pieds de notre Sauveur et implorer son indulgence ! Nous devrions verser, des larmes ; nos yeux sont secs. Nous devrions demander notre pardon avec des cris ; nos lèvres sont muettes. Nous pourrions passer des nuits entières en supplications, et le nombre de nos besoins ne serait pas encore épuisé ; à peine dépensons-nous quelques instants à ce saint exercice de la prière.
Pour contempler un exemple de cette prière fervente, dont parle l'Apôtre, voyons Jésus devant le tombeau de Lazare. Il connaît son pouvoir, il veut le manifester ; il sait que son Père l'exauce toujours ; et cependant, il pleure, de façon à attirer l'attention des Juifs, il gémit sur son ami en se rendant à son sépulcre, et il lève ses yeux vers le Ciel, comme pour remercier son Père d'avoir entendu sa demande, qu'il venait de lui adresser avec tant d'émotion. Ah ! puissent nos prières, surtout celles qui ont pour but les besoins de notre âme, les obligations de notre état, la conversion des pécheurs, notre persévérance jusqu'à la mort
FERVKUR DE JLSUS 277
être accompagnées de pareilles marques d'amour et de ferveur !
^ffcctionA et piôolutîonô
« Soyez béni, ô Jésus, de l'exemple que vous nous avez donné dans la prière! Nous devrions souvent, comme vos Apôtres, vous dire : « Seigneur, apprenez-nous à prier * ; » et, comme eux, nous trouverions la réponse en méditant votre prière.
Nous avons encore d'autres motifs de reconnaissance à ce sujet. Ce n'est pas seulement pour mon enseignement que vous avez prié avec tant de ferveur et de dévotion, ce fut aussi directement pour mon salut. Vous avez versé des larmes, afin que vos supplications forcent les cieux en ma faveur. C'est pour moi que vous avez passé des nuits en prière. Un fils bien né puise des sentiments de gratitude plus vive à la pensée des larmes que sa mère a versées à cause de lui, des soins et des veilles dont elle a entouré son enfance. Pourrai-je jamais oublier les veilles et les prières auxquelles vous vous êtes assujetti pour moi, pour moi si indigne et si misérable î Pourrai-je jamais vous en
I s. Luc, XI, 1.
remercier assez! Oh! que ma recomiaissance pour tant d'amour avive la ferveur, enflamme la dévotion des prières que je vous adresserai, ô Jésus, à vous et à votre Père céleste. »
^f^^f^^'^li^-aîè^i'^ii^j^î^if^t^iâ^