‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 16 sur 40 · L'EXISTENCE DES ANGES · texte numérisé non relu

L'EXISTENCE DES ANGES

Livrés à npus-mêmes, n^ayant pour nous éclairer que la lumière vacillante de notre raison, nous cherchons confusément à dévoiler le mystère de notre nature; mais, pour Toi, tout était clair et brillant longtemps avant le lever de Taurore de la création. A force de travaux et de fatigues, nous parvenons à recueillir, à condenser ensemble qtielques rayons épars de la vérité ; tandis que^ devant Tes yeux, ces lueurs incertaines brillent comme un vaste océan de flammes aux reflets d*or.

Pour Toi rien n'est caché : Ton regard embrasse les êtres sans nombre qui peuplent les sphères, les fleurs à peine encore épanouies, les pierres précieuses que recèlent les entrailles de la terre ; et Tu les appelles par leurs noms. Tu pénètres le germe do toutes choses; pour Toi point de doutes, point de dangers ; rien n'échappe à 'fy. clairvoyance ; Tu sais tout ce qui est, tout ce qui a été, et tout ce qui sera dans rétemité.

Je tremble et m'incline devant Ta hante et prodigieuse intelligence, dont la glorieuse immensité me confond, et je me prends à prier lorsqucjeTe vois. Je frémis, je chancelle, ô mon Dieu I Tes voies sont infinies; sans Ton aide on Ta volonté, Pœil même des archanges ne saurait en sonder la prolondeur, ni en atteindre la hauteur.

(Saint Matthieu xviii. 10.)

Dès l'antiquité la plus recalée, le genre humain 8*est montré disposé à croire & Fexistence d*êtres

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qui, quoique créés par Dieu, étaient infiniment supérieurs à rhomme. Cette croyance était bien naturelle, car plus les hommes ont étudié les diverses parties de la création, plus ils se sont convaincus qu'il n'existe point de lacunes dans la nature, que tout ce qu'elle embrasse ne forme qu'une seule grande chaîne continue, dont le dernier anneau, c'est-à-dire l'être le plus imparfait, se relie au premier, qui est le plus parfait, par l'intermédiaire d'un nombre incalculable d'autres anneaux qui s'élèvent progressivement sur l'échelle de la perfection ; qu'entre Thomme et le fragment brisé d'un roc inanimé s'échelonne une longue série de plantes et d'animaux; que la pierre inorganique se rattache dans l'origine, par ses cristaux^ à la dernière famille des végétaux ; d'un autre côté, certaines plantes se rapprochent beaucoup de la vie animale, tels que les polypes et les coraux que l'on trouve dans l'eau; dans l'échelle sans fin des êtres vivants, une- espèce plus parfaite succède toujours à une autre espèce qui Test moins, jusqu'au point où l'animal le plus parfait touche à la race d'hommes la moins parfaite et la plus rapprochée de la brute, à une race d'hommes qu'une faible étincelle de raison met seule au-dessus de l'instinct du chien, de l'éléphant, ou du singe.

L'observation de cette gradation régulière remar-

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quable dans la série des êtres a naturellement conduit rhomme à se demander si, bien qu'il fût capable de discerner ce qui était au-dessous de lui, il s'ensuivait qu'il n'y avait au-dessus de lui que ce qu'il connaissait. Les plus intelligents des animaux, s'est-il dit, savent évidemment que j'existe, mais sont-ils à même de se former la moindre idée de la nature de l'homme, de la puissance de ses facultés intellectuelles et de sa volonté? Oserais-je prétendre que dans l'échelle des êtres le plus parfait des hommes touche immédiatement à la Divinité qui régit l'univers?

C'est impossible! Plus j'approfondis l'œuvre de Dieu, plus je suis convaincu de Sa puissance sans bornes, et plus il m'éblouit de Sa gloire, et plus je sens vivement que je suis infiniment inférieur au rrès-Haut, et quelle énorme distance m'en éloigne. Or, est-il supposable que l'immense intervalle qui me sépare de la Puissance qui régit l'univers est resté vide, que cette continuité de la nature, que je constate partout où mon esprit peut pénétrer, a été brusquement interrompue ; qu'entre Dieu et l'homme il n'y a qu'un désert sans limites? — C'est impossible!

De même que, dans le système planétaire, les petites lunes tournent autour de la terre ; de même la planète que nous habitons et les autres planètes

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opèrent, avec leurs satellites, leur révolution autour du soleil, qui, à son tour, accompagné de toutes les planètes, de leurs satellites, et probablement d'un grand nombre d'autres soleils que nous appelons des étoiles fixes, se meut dans l'espace autour d'un soleil infiniment plus grand, inaccessible à nos yeux ; puis, de même, ce dernier astre, avec son cortège de soleils, de planètes et de lunes, gravite autour d*un centre plus splendide encore, pendant des périodes de temps que la science humaine est incapable de calculer; de même il doit exister entre la nature humaine et la Divinité des myriades d'êtres d'un ordre plus élevé que l'homme, d'une nature surhumaine et plus rapprochée de l'essence divine que le misérable mortel Dans le langage ordinaire on désigne tous ces êtres sous le nom d'anges; mais on ne connaît ni le secret de leur nature supérieure, ni le nombre des degrés qu'il peut y avoir entre l'ange le moins parfait et par conséquent le plus voisin du plus parfait des hommes, et le plus glorieux de ces êtres qui jouissent d'une béatitude inefiable en se sentant si près de Dieu.

L'Écriture Sainte nous parle aussi de l'existence de ces natures éthérées, sans nous donner la moindri» idée de leur essence et de leurs prérogatives. Elle se borne à glorifier leur félicité plus pure que la r.ôtre, et à dire qu'elles sont les serviteurs du Très-

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Haut, les minisères de Ses volontés. Le Christ, en soulevant un coin du voile qui cache à nos yeux mortels le sanctuaire des célestes splendeurs, ne nous a laissé entrevoir que ce qu'il a pensé que Jiotre faible vue pourrait supporter. — Jésus parle, aussi, des esprits supérieurs qui interviennent entre nous et le Tout-Puissant. Mais II nous les représente simplement comme des êtres intermédiaires étant beaucoup plus près que nous du trône du Père Étemel, prenant un tendre intérêt au bonheur des âmes humaines, comme souvent des mortels charitables se constituent les amis et les protecteurs d'êtres qui leur sont inférieurs. (Saint Matthieu XVIII. 10.)

Vainement chercherions-nous à nous faire une idée de la nature de ces esprits supérieurs et de la félicité dont ils jouissent ; néanmoins il est utile de méditer sur ce que nous savons des éléments spirituels de notre existence terrestre, et d'en tirer des conclusions concernant les esprits placés au-dessus de nous. En effet, dans le.monde que nous connaissons nous trouvons une aussi grande variété dans les forces spirituelles, dans les agents invisibles que dans les choses matérielles. Au nombre de ces forces Ou essences spirituelles, dont l'existence ne nous est révélée que par les effets que nous leur attribuons, nous devons ranger non-seulement l'àme

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humaine et celle des animaux» mais aussi ces puissances que nous appelons d'ordinaire les forces aveugles de la nature, et qui sont répandues dans tout, non-seulement dans l'animal et dans la plante, mais dans la pierre, dans l'eau, dans le feu, et dans toutes les substances primitives.

La chaleur n'est-elle pas une force particulière qui dilate et modifie tout ce qui est soumis à son influence? La lumière n'en est-elle pas une autre qui, tout en excitant l'activité de notice œil, se disperse dans tous les sens, et en droite ligne, avec une rapidité inconcevable? — Qui n'a pas été émerveillé de Tinfluence mystérieuse que l'aimant communique au fer? L'aimant agit suivant des lois éternelles qui lui sont propres ; il attire à lui de petits morceaux de fer à une certaine distance, et l'aiguille frottée d'aimant tourne sans cesse vers l'une de ces extrémités, toujours la même, vers le pôle nord du globe terrestre, et devient, par suite de cette propriété, le guide sûr et fidèle du navigateur au milieu des tempêtes qui le font dévier de sa route sur le vaste océan, et aussi du laborieux mineur, enseveli dans les entrailles de la terre, loin de la lumière du jour.

N'est-ce pas une force étrange que celle qui se manifeste sous la forme de l'éclair fendant la nue, ou d'une étincelle jaillissant du poil de divers ani^

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maox lorsqu'on les caresse, — qui se révèle chex certains poissons de mer par un choc violent, et que les savants obtiennent par le frottement de diverses substances, sous la forme d'un jet de lumière ou d'un choc épouvantable, — n'est-ce pas une force d'une nature particulière?

Toutes ces forces de la nature, et beaucoup d'autres, ont pour ainsi dire un caractère spirituel, — c'est-^à-dire qu'elles existent dans les différents corps, biep qu'elles soient imperceptibles pour nos sens jusqu'à ce que certaines circonstances viennent à en provoquer la manifestation. Alors elles se révèlent par quelque changement qui se produit dans les corps, et nos sens sont avertis de leur présence. De même la force intellectuelle inhérente à l'homme demeure cachée, jusqu'à ce qu'elle se révèle par la parole et par les actes.

Ces forces aveugles de la nature sont répandues dans toute la matière. Elles agissent de concert ou contradictoirement, se combattent ou se secondent. Elles emplissent l'air et tout le vaste champ de l'espace. C'est par elles seulement que nous découvrons l'existence des étoiles. Elles occupent par conséquent l'océan sans borne de la création tout entière ; elles sont inanimées, c'est-à-dire imperceptibles par elles-mêmes, et n'ont de vie et d'activité que quand elles sont mises en rapport avec certains corps, de

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la même manière que l'esprit de Thomme ne donne signe d'existence que lorsqu'il est uni avec le corps.

Nous appelons phénomènes naturels les effets produits par ces forces mystérieuses. Ainsi que tous les animaux, toutes les pierres, toutes les plantes, nous sommes pénétrés de ce principe spirituel, dont nous ignorons la véritable essence et le mécanisme. 11 demeure toujours caché sous le développement de ses phénomènes, comme l'esprit de l'homme demeure inconnu à lui-même, jusqu'à ce que ses effets sur le corps, ou son action à travers le corps, vienne lui donner la conscience de sa présence.

Au résumé, tout ce que nous savons de ces forces aveugles de la nature, c'est que leur influence contribue en grande partie à entretenir la vie des plantes^ ainsi que la vie purement végétale des animaux et des hommes. Ce sont elles qui donnent à notre sang sa chaleur et sa couleur, et qui parent les fleurs de teintes si variées. Ce sont elles qui dans les profondes cavernes de la terre forment les divers métaux et les différents minéraux, qu'elles taillent en cristaux réguliers.

Néanmoins toutes ces forces réunies sont incapables de produire un brin d'herbe avec ses fibres, ses cellules, ses pores et ses canaux en spirale. Le brin d'herbe ne peut naître que d'une graine de son espèce ; cette graine seule contient l'existence

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future de la plante avec toutes ses formes, comme, par exemple, dans un gland il y a le germe d un chêne majestueux.

Mais qu'est-ce qui se développe si merveilleusement et si magnifiquement dans et avec ce germe ? Quelles sont les substances volatiles empruntées au sol, à Teau, à Tair, qui forment avec une admirable régularité des tubes, des pores, des veines, des fruits, du duvet, des feuilles, des racines, enfin tout cet organisme d'une symétrie et d'une harmonie parfaites? Qu'est-ce qui produit dans le corps de rhomme et dans celui des animaux les os, le sang, les muscles et les nerfs; qui dispose régulièrement les organes intérieurs, fait circuler le sang d'après des lois particulières et établit la position respective de chaque" partie par rapport à l'ensemble? L'esprit humain habite le corps sans savoir ce qui c'y passe, ou comment il se fait que tous les mouveiûents du corps sont réglés par des lois rationnelles.

Il y a évidemment là quelque chose de plus que les seules forces aveugles de la nature, telles que le magnétisme, la lumière et la chaleur. Il faut reconnaître la présence d'une force supérieure, qui, quoique à son insu et obéissant aveuglément aux lois du Créateur, prépare déjà des instruments pour des actes définis. — Ce principe plus élevé et plus puissant, c'est la force vitale.

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Cette force vitale — qui développe le corps des hommes, des animaux et des plantes, qui les forme et les entretient selon des lois éternelles fixées par le Créateur — diffère totalement des simples forces aveugles de la nature. Un caillou ne deviendra jamais un rosier ; les graines d'un arbre fruitier ne produiront jamais de For. Chaque chose demeure fidèle à son espèce, et la force vitale se développe conformément aux lois de la création. De même qu'elle attire à elle et transforme des matières terrestres pour en former le corps des plantes, des animaux et des hommes, de même pour compléter son œuvre, en quelque sorte, elle emploie toutes les substances éthérées ou spirituelles, c'est-à-dire les simples forces de la nature dont nous avons parlé plus haut. Toutefois, elle ne s'en 43ert que comme d'instrument, prouvant ainsi qu'elle leur est supérieure.

Quoi qu'il en soit, l'union entre la force vitale et les forces de la nature est si intime, que l'une serait réduite à l'inertie sans le concours des autres. Sans chaleur ni lumière, la forcé vitale qui est dans le germe de la plante ne peut développer son activité, ni étendre ses organes, ni dans l'intérieur de la terre, ni à sa surface, pour s'approprier de nouvelles substances.

Nous reconnaissons donc dans le royaume de la

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création qui nous est connu deux espèces d*essences spirituelles : les forces aveugles de la nature et la yéritable force vitale inhérente aux plantes et aux animaux. Mais le principe qui produit la vie, ou pour mieux dire, qui constitue par lui-même ce que dans les plantes et les animaux nous nommons la ide, ne se connaît pas plus que la chaleur ne se connaît. Comment nos cheveux poussent-ils sur notre tête, comment notre corps se développe-t-il avec tous ses membres? nul ne le sait ; l'àme seule, qui réside dans notre organisme, a conscience de son activité.

La plante est douée de vie, ainsi que Tanimal ; mais celui-ci possède de plus une àme, c'est-à-dire la faculté innée de percevoir et de juger les choses jusqu'à un certain point ; il est en outre susceptible de haine et d'affection, de colère et de joie, de désir et d'aversion. Les animaux ont encore une volonté ; mais les plantes, qui, il est vrai, dans de rares circonstances, manifestent un faible indice de sensation, n'offrent pas la moindre apparence de volonté.

C'est ppurquoi le règne animal est aussi au-dessus du règne végétal que l'âme, maltresse de ses actions, l'est au-dessus de la force vitale mécanique, ou que l'être animal s'élève au-dessus des forces aveugles de la nature.

Cependant l'àme de l'animal a un rapport intime

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avec le principe vital des plantes, dont l'activité se manifeste souvent delà même manière. Exactement à l'instar de la plante qui, suivant les lois qu'elle ignore, tire de la terre, de l'air et de l'eau, la nourriture qui lui est nécessaire, l'àme de l'animal obéit à de mystérieux instincts auxquels il n'est pas en son pouvoir de résister. Ces instincts ont, toutefois, leur origine dans la structure particulière du corps de l'animal. Ainsi les bêtes à cornes passent, sans y toucher, près des herbes qui ne conviennent pas à la nature de leur corps, et recherchent celles qui peuvent leur fournir une nourriture saine. Ainsi la faim rend lé loup féroce, tandis que l'instinct qui pousse les animaux à s'accoupler réunit en troupeaux les bêtes les plus farouches. Toutes les sensations, tous les désirs des animaux sont les conséquences de leur conformation physique, qui seule influe sur leurs actions; ils aiment ce qui flatte leurs sens ; ils ont de l'aversion pour ce qui leur cause la moindre souffrance corporelle.

Combien l'àme élevée de l'homme se montre différente du simple instinct de l'animal ! Non-seulement elle a le sentiment de sa propre existence, mais elle en a la conscience nette et claire. Nonseulement elle apprend à connaître les choses qui l'entourent (l'instinct de l'animal en fait autant), mais elle parvient à découvrir les rapports les plus

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subtils qui existent entre elles, leurs causes et leurs conséquences. Son esprit investigateur sonde les merveilles de la création, son activité inventive se rend maîtresse des éléments et les soumet à son pouvoir ; elle transplante les produits du règne végétal dans des sols étrangers ; elle dompte et utilise la force des animaux les plus robustes ; elle calcule les mouvements des sphères célestes dans l'espace, et porte en elle une révélation de la Divinité.

L'animal ne connaît rien de tout cela. L'àme de la bête la plus intelligente est incapable de s'élever à la hauteur atteinte par lu pensée même de l'enfant. L'àme de l'animal a une volonté, il est vrai, mais elle ne veut que ce que désire son corps, et n'agit qu'en se conformant à ses instincts corporels. Au contraire, 1 ame de l'homme, qui n'a rien perdu de sa dignité native, reconnaît une loi plus élevée que celle des instincts physiques ; elle n'obéit pas à la chair qui lui sert d'enveloppe, mais à elle-même, à elle seule, c'est-à-dire aux lois de sa raison, qui lui fait distinguer le bien et le mal, le juste et l'injuste. Celui-là est libre qui ne suit que les lois qu'il s'est imposées lui-même. L^esprit humain est donc capable de liberté, et par conséquent l'àme de l'animal, étant l'esclave d'instincts sensuels, en diffère essentiellement. L'àme humaine est d'essence Di-

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yine ; rame de ranimai est de la même nature que sa chair.

Mais les liens matériels dans lesquels l'esprit de l'homme est retenu l'unissent étroitement à l'àme de l'animal. Souvent l'esprit n'est guère maître de lui-même ; l'àme de l'animal, liée à son corps, maîtrise sa puissance supérieure, et une double loi se partage le cœur humain. L'homme ne fait pas toujours ce que veut l'esprit ; au contraire, il fait souvent ce que l'esprit abhorre. Voici ce que Saint Paul, l'apôtre inspiré, dit à cet égard : —

« Mais je sens dans les membres de mon corps une autre loi, qui comjiat contre la loi de mon esprit, et qui me fait violence- pour me rendre captif sous cette loi du péché, qui est dans les membres de mon corps. »» (Romains vu. 23.)

L'esprit humain, malgré la conscience de son immortalité, ressemble encorq à Tàrae de l'animal, en ce que, tout en connaissant les choses dont il est entouré, il ignore sa propre nature. Tout lui est familier, mais il est étranger à lui-même, car il ne saurait dire ni comment ni pourquoi il existe. Il observe, comprend, organise toutes les affaires terrestres avec une admirable sagacité ; mais il ne peut sonder le monde spirituel, quoiqu'il soit lui-même un esprit.

La chaîne des forces et des essences supérieures

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