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mort je serai dans l'éternité, mais j'y. suis déjà. Après ma mort je serai avec Dieu, mais ici-bas déjà je vis, je me meus, j'ai mon existence en Dieu.
Toutefois, avec cette action vitale violente, que nous appelons la mort, une désagrégation active et une nouvelle combinaison s'opèrent dans toutes les parties qui composaient mon être. Comme en automne la force vitale abandonne la plante flétrie, de même après la mort la partie spirituelle de mon être 'en abandonne la partie terrestre. Cette partie intime de moi-même, que je considère comme mon moi réel, et qui est capable de concevoir Dieu, entre en combinaison avec d'autres substances et d'autres choses dans le fécond univers. Mais mon corps, qui retourne à la poussière, continue aussi de demeurer dans l'univers de Dieu et subit aussi de nouvelles combinaisons. Et moi, qui ai conscience de Dieu, moi, esprit capable de le concevoir, de le percevoir, moi aussi, comme la poussière de mon corps, je durerai toute rÉtemité.
Suis-je aujourd'hui un être différent de ce que j'étais hier, parce que j'ai changé de vêtements? Non ; car, bien que j%ie pu hier porter un habit médiocre; et que j'en porte un meilleur aujourd'hui, je suis néanmoins le même être. Le corps fait aussi peu partie de Tesprit, qui s'en dépouille lors de la mort, que le vêtement que je porte fait partie de
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moi-même. Mais lorsque je serai entré dans de nouvelles combinaisons, je serai toujours le même que j'ai été pendant que j'étais revêtu de l'enveloppe corporelle, car je suis et reste le même esprit, de même que mon corps continue à être la même poussière.
Par conséquent, du court espace de temps que nous appelons la vie terrestre, je passe aux relations plus ou moins élevées, plus ou moins heureuses, qui me sont réservées dans l'avenir, selon que je me suis montré- en ce monde un esprit digne ou indigne. Et ainsi s'accomplissent les paroles de l'Écriture : « Leurs œuvres les suivent. »
« Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur; dès maintenant, dit l'Esprit, ils se reposeront dans leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. » (Apocalypse xiv. 13.)
Nos œuvres nous suivent, parce que entre le temps et l'éternité il y a une connexité indissoluble, intime, plus intime même que celle qui existe entre les gouttes d'eau de la mer et la mer elle-même. Le système entier des choses créées est un ; c'est pourquoi vivant dans le temps, je vis dans l'éternité ; en vivant dans ce monde, je vis dans l'univers, qui est la maison de mon Père, où je vivrai éternellement ; car la connexité qui existe entre l'unité et le tout, dont elle est partie intégrante, ne saurait jamais être séparée.
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Je sais que cette connexité, indissoluble entre le temps et Féternité, existe, parce que non-seulement le plus petit atome qui se balance aux rayons du soleil est impérissable; mais parce que mon esprit» qui a conscience de lui-même et qui aspire à la perfection, lest aussi. Les choses changent, mais elles durent ;les circonstances qui m'environnent, varient, mais je reste toujours au milieu de l'activité vitale, infime de l'univers. Or, si mon àme est impérissable ou conserve toujours son identité, comment la relation qu'il y a entre aujourd'hui et demain, entre le présent et l'avenir, entre le temps et l'éternité, peut-elle être jamais interrompue? Je sais que cette relation existe, parce qu'il n'y a qu'un Dieu, qui a ordonné toutes choses, qui embrasse toutes choses, qui a créé toutes choses parfaites, non comme des fragments et des parties désunies, mais comme les parties, étroitement unies et intimement liées entre elles, d'un tout infiniment harmonieux dans toutes ses causes et dans tous ses effets. Et Dieu est mon Dieu aujourd'hui, comme II le sera lorsque les circonstances de cette vie ne m'environneront plus, et que je serai entré dans de nouvelles relations et de nouveaux rapports.
C'est pourquoi heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur, car leurs œuvres les suivent. Elles les suivent, car dans le grand enchaîne-
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ment des choses, il ne manque aucun anneau, il n'y a aucune interruption. Une chose procède d'une autre, dans les plus grandes comme dans les plus petites, dans le monde moral et spirituel comme dans le monde matériel. Que tu t* élèves ou que tu tombes, tu prends la place que tu t'es préparée ; rien de ce qui est fait ne peut être défait. Tes œuvres te suivent.
Il y a des êtres humains dégradés, très-peu audessus de la brute, qui manquent de l'énergie nécessaire pour développer aucune de lei:^rs capacités spirituelles innées. Ils n'aspirent qu'à être des animaux et à satisfaire leurs désirs brutaux. Ce qu'ils entendent dire de la vertu (d'après les lois éternelles de Dieu) leur semble déraisonnable et absurde, du moins ils veulent le croire. Porter d-es vêtements magnifiques, se coucher sur de moelleux coussins, habiter de spacieuses demeures, se nourrir des mets les plus délicats, boire les meilleurs vins, jouir d'amples ressourcées pécuniaires, posséder le pouvoir d'opprimer les autres et de les dominer, être riche en connaissances mondaines, savoir calculer adroitement, être d'une activité infatigable, en un mot, être une espèce d'animal parfait : voilà leur plus grande ambition. Ils n'ont point idée de choses plus élevées, tant leur dégradation est complète. Si vous leur dites qu'il est de leur devoir de sacrifier tous
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les avantages de la terre pour le bien de leur âme, pour acquérir la vraie noblesse d'esprit, ils vous regardent comme un insensé.
Des hommes comme ceux-là ( ils sont généralement malheureux au fond de leur cœur), s'ils ne peuvent nier le Créateur ou refuser de Le voir dans Sa création, ont du moins un penchant marqué à nier les lois éternelles et universelles de là vertu. Ils se persuaderaient volontiers que Dieu ne prend nul souci de nos actions, que la piété et la bonté sont des inventions des maîtres d'école, de purs préjugés inculqués à l'enfance et destinés à maintenir le peuple dans la soumission à ses gouvernants. Ils regardent comme avantageux ce qui est utile, et comme s^ge et bon ce qui est avantageux. Tout ce qui satisfait leurs intérêts en ce monde est juste à leurs yeux, et tout ce qui leur fait tort est mauvais ; tout moyen est justifiable, qui les met à même d'atteindre leurs fins.
Néanmoins, ils sont déconcertés quand ils s'aperçoivent que, quoiqu'il existe des religions différentes dans le monde, la vertu est la même chez toutes les nations. Il y a, par conséquent, dans l'esprit humain quelque chose de stable et d'invariable qui se rapporte à sa destinée, à sa manière de penser et d'agir, et qui lui sert de mesure pour se; jpger lui-même et être jugé par les autres., h^ vertu (c'fest-
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à-dire la conformité à la volonté de Dieu) n'est donc pas une chose changeante et accidentelle. L'homme de bien, Thomme pieux est honoré dans tous les pays, chez les nations civilisées et chez les sauvages, et Ton se âe Ibeaucoup plus à lui qu'aux hommes astucieux et rusés^ D'un autre coté, un vil égoïste sans foi ni loi, qui ne met aucun frein à ses passions, est détesté de tout le monde. Il est tel aujourd'hui qu'il était il y a plusieurs milliers d'années. Les constitutions des Etats, les cérémonies religieuses, les langues, les us et coutumes, les sciences, les idées concernant ce qui est préjudiciable, ont changé ; mais les lois de Dieu dans la sphère spirituelle, les lois et les idées relatives à la piété et à la vertu sont aussi vieilles que le genre humain luimême. La vertu est aussi indispensable à l'esprit immortel que les aliments le sont au corps mortel. Refusez toute nourriture au corps, il périt ; retirez la vertu de l'esprit, il périt également.
Si la justice n*est qu'une chose accidentelle, si elle ne se rattache pas immédiatement à la nature de l'esprit, comment se fait-il que les diffamateurs les plus audacieux de la vertu aient souvent de la répugnance à commettre de véritables crimes, indépendamment de la crainte que peuvent leur inspirer les châtiments de ce monde ? Comment se fait-il qu'il y ait des choses qu'ils n'osent pas faire ? ou
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comment se fait-il que, lorsqu'ils accomplissent de ^mauvaises actions, ils voudraient, s'ils le pouvaient, se cacher d*eux-mêmes ?
La vertu n'est que la perfection de l'esprit, son développement complet, sa maturité par rapport à sa destinée dans l'univers. Le pécheur mourant est donc un fruit qui, sans avoir mûri, pourrit au grand arbre de la vie. La vertu ou la perfection de la vie n'est toutefois rien de moins que son affranchissement par lui-même des entraves de la nature terrestre dans laquelle il est enveloppé, — son émancipation des instincts animaux, le droit de se diriger lui-même selon les lois éternelles de justice et d'obéissance à Dieu, qui lui sont propres ; son élévation de la nature animale à la nature angélique. La vertu est l'exaltation de l'esprit jusqu'à la gloire.
Ce n'est donc ni l'habileté dans un art ou dans une industrie, ni le talent de calculer adroitement sur les événements et de savoir tirer parti des circonstances, ni une profonde érudition, ni des connaissances étendues, qui constituent la vraie grandeur d'àme ; c'est la piété et la vertu ! Ce qui est utile au monde dans lequel nous vivons actuellement y restera quand nous le quitterons. Cela venait du monde, c'était fait pour lui, et cela n'en sortira pas; mais la vertu qui sacrifie la vie et tous les biens de la terre pour exécuter la volonté de
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Dieu, la vertu qui renonce aux choses d'ici-bas, n'est pas destinée à demeurer en ce monde, avec lequel elle est souvent en antagonisme ; elle n*appartîent pas à la terre, elle n'est pas d'une nature terrestre, car elle est en lutte avec ce qui est terrestre et domine la puissance du monde. La vertu, par conséquent, appartient exclusivenàent à l'esprit, et elle est la source des œuvres saintes qui suivent l'homme de bien.
La vertu qui fait abnégation du monde n'appartient pas au présenf, mais à Vavemr. Elle n'est point née de cette terre, mais elle vient de Dieu. Ses effets ne sont donc pas limités à ce monde, mais ils s'étendent à toute l'éternité. Toutes les autres choses peuvent être récompensées sur terre, mais la vertu est par elle-même au-dessus de toute récompense. Tout ce qui est fait en vue d'une récompense n'est pas la vertu, mais une espèce de spéculation terrestre. L'homme de bien n'agit pas pour l'amour du monde ni pour l'avantage que ses actions doivent lui procurer; ses yeux sont fixés sur l'éternité. Il aspire à la perfection, à la vie' en Dieu ; aussi vit-il, aussi s'endort-t-ildans le Seigneur, sans songer aux maux ni aux plaisirs, aux éloges oa au blâme de ce monde. « Bienheureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur, car leurs œuvres le» suivent* »
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C'est la main du Dieu Tout-Puissant et éternel qui a relié le Temps et TÉtemité ; où donc est la puissance qui puisse nier ou détruire cette connexité évidente et irrécusable ?
Mon cœur palpite de plaisir à cette pensée que Jésus, le saint Révélateur de Dieu, a exprimée si nettement ! Le Temps et l'Éternité ne font qu'un; mon présent et mon avenir forment un tout sans solution de continuité, aussi certainement qu'il n'y a qu'un univers et qu'un Dieu, et que mes œuvres me sui* vent. •
Heureux ! bienheureux suis-je ! car je veux et dois mourir dans le Seigneur ! car qui peut m'aiTacher à Famour de Dieu?
Heureux, bienheureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur, car leurs œuvres les suivent ! 0 êtres bien-aimés qui avez si tôt quitté la vie, me laissant derrière vous, vous jouissez du sort heureux vers lequel tendent constamment mes efforts ; je n'ai jamais senti aussi vivement la relation qui existe entre la vie et l'éternité que lorsque j'ai leuré sur vos cadavres pâles et glacés, lorsque mes lèvres brûlantes ont baisé vos joues froides comme le marbre. Vous êtes morts dans le Seigneur et vous êtes heureux. Vous apparteniez à Dieu ; aussi vous a-t-il appelés à Lui. Hélas! Il savait ce que j'ignorais et voyait ce que je ne voyais pas. Il a
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été témoin des nombreuses lattes que vous avez soutenues contre vous-mêmes en secret; de votre repentir quand vous aviez commis même la plus légère faute ; de la confiance avec laquelle vous leviez les yeux vers Lui ; de la ferveur de vos prières, par lesquelles vous vous mettiez en rapport avec Lui. Maintenant vous avez remporté la victoire, et votre piété, votre innocence, votre bonté, votre amour, vous suivent. Le Juge miséricordieux a regardé avec une tendre indulgence ces erreurs que Ses enfants n'ont pas su éviter. Vous n'êtes pas les moins * dignes de ceux qu'il a reçus dans son sein paternel, ce Dieu qui ne permet même pas la perte du plus grand des pécheurs.
Pourquoi mon àme s'afflige-t-elle pour les morts? 0 bienheureux! Moi aussi, un jour, et peut-être avant peu, je dépouillerai mon enveloppe terrestre, comme vous avez dépouillé la vôtre, et, en mourant, je revêtirai un vêtement plus glorieux. Nous nous reverrons, nous serons réunis. L'amour, comme la vertu, est éternel ; car Dieu est tout amour. La relation qui existe entre les esprits doués d'amour est semblable à celle qui relie la vie à l'éternité. Je ne vous ai pas perdus entièrement, ô vous, êtres chéris, que le Seigneur m'avait donnés et qu'il m'a retirés ? Non, il vous a donnés à moi, mais il ne m'a pas privé de vous; car jusqu'à ce jour nous nous
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appartenons encore les uns aux autres ; nous habitons encore tous dans la maison de notre Père, quoique nos logements soient différents. Je vis, comme vous, dans l'éternité; seulement vous avez formé de nouveaux rapports, de nouveaux liens, qui m'attendent aussi. La vie sur terre n'est qu'un instant passager; mais l'éternité dure, et nous serons ensemble durant toute l'éternité .
Bienheureux, 6 bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur, car leurs œuvres les suivent, et les miennes me suivront pareillement !
0 Dieu de vie. Juge de la mort! Sauveur miséricordieux des pécheurs! mes œuvres me suivront aussi, les bonnes comme les mauvaises! Je jette en arrière un regard effrayé sur ma vi^ passée. Je ne sais même pas combien de fois je puis avoir erré. Seigneur, Seigneur, te souviendras-Tu de mes offenses ? Quand Tu viendras méjuger, comment me présenterai-je devant Toi? Les bons instincts qui existaient en moi n'ont été que faiblement soutenus par ma volonté, et, hélas ! ils ont souvent été étouffés par ma frivolité, mon insouciance et mes passions, tandis que la vanité m'a fréquemment aveuglé par le mérite de mes meilleures actions. Que de fois j'ai manqué de cliarité, de persévérance, de douceur et d'humilité !
Sauve-moi, Seigneur, du douloureux décourage-
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ment qui s'empare de moi lorsque je pense à mes fautes et à mes erreurs, à toutes les offenses que j'ai, en secret ou en public, commises contre Toi et contre mes semblables, car mes forces seules ne me mettront jamais en état d'atteindre le but que me tracent Ta volonté et les enseignements du Christ 1 Si je ne pouvais placer mon espérance et ma confiance en Ta miséricorde, je serais vraiment inconsolable en songeant à l'avenir, et au changement que je dois subir à l'heure de la mort !
Mais Toi, ô Dieu Miséricordieux, Tu es mon consolateur et mon appui ! Accepte ma volonté pour la moitié de l'action, mes efforts pour la moitié du succès, mes luttes pour la moitié de la victoire. Pardonne-moi mes fautes! Tu sais que bien souvent j'ai tâché de m'élever jusqu'à Toi, quoique chaque fois je retombe dans une triste impuissance !
Mais la vie n'est sans doute qu'une longue lutte contre le mal ; et celui qui a eu assez de courage pour ne pas abandonner le combat et pour lutter de son mieux, trouvera peut-être grâce devant Toi.
Quant à moi, je ne veux pas me laisser abattre dans cette lutte pour acquérir la perfection. Je veux mourir en combattant pour Toi; plein de foi, plein d'espoir en Ta Miséricorde, ô mon Père, qui nous accordes toujours plus que nous ne méritons. Ainsi soit- il!
Où sais- je? qn^est-ce que cette vie de délices? Quelle source pure ravive ma poussière? Quel éclat recouvre tous mes membres? Estce bien mon corps? — Est-ce que je renais à une vie nouvelle ? Cela se peut-il? Est-ce mon sang qui circule dans mes veines ? Cette gloire Divine qui m'environne, Tai-je aussi en partage? Ne suis- je plus enchaîné dans les fers glacés de la mort? Qui m'appelle? A qui ce trône que je vois briller au loin ? Ah ! c'est Dieu, — ma foi, — mon bien, — 6 Messie, c'est Toi seul!
0 Seigneur, Ta vérité est infaillible; je Te remercie pour la Vie nouvelle que Tu m'as don. née. Je plane dans les torrents de lumière annoncés par l'Apocalypse. Salut, mille fois salut, ô mon Dieu ! Mon ennemi est dompté ; la*mort est écrasée sous mon triomphe; et je ne me traîne plus dans la poussière. — Salut, Ô Seigneur ! La toute-puissance, tous les honneurs Pappartiennent! Divin Sauveur! Tu es la source de ma vie. Je me hâte de me joindre au chœur des Anges, et je chante les AUeluia les plus retenti ssi:nts.
(I. Corinthiens xv. 36-50.)
Si je possède le droit de cité dans deux mondes; si je n'appartiens pas seulement à la vie d'ici-bas, et
si je dois par la suite, bientôt peut-être, participer aussi à une existence supérieure; oh! alors je ne saurais avoir tort de fixer parfois mon esprit sur l'avenir qui m'est réservé, et vers lequel m'attire sans cesse un désir sans bornes. C'est une grande satisfaction ppur moi que de laisser absorber mes pensées par le souvenir des êtres aimés que la mort a séparés de moi ; de même j'ai du plaisir à cultiver mes relations avec ceux qui vivent encore autour de moi, et font la joie de mon existence. Car les premiers sont encore vivants, eux aussi, quoiqu'ils n'aient pas conservé leur forme terrestre. Le corps périt, et l'esprit lui survit. Je vous aime toujours, malgré la distance qui nous sépare; et puis-je douter que vous, m'aimiez toujours? Non! personne, pas même le tombeau, ne peut séparer les esprits que Dieu a unis.
Il est vrai que je demeure dans l'ignorance de ce que sera mon sort, et de ce que je serai au delà de la tombe; mais je ne saurais avoir tort d'occuper de temps en temps mon imagination de ce sujet, de chercher, en comparant ce que j'éprouve ici-bas, à deviner ce qui aura lieu dans l'avenir. Ici, nous vivons encore par la foi, et non par la vue. Mais Jésus même nous a tracé de sublimes images de l'état surhumain qui nous attend après la mort du corps. Ses disciples aimaient aussi à s'appesantir sur ce sujet
avec leurs sectateurs ou avec ceux d'entre eux qui conservaient des doutes sur la possibilité de la résurrection des morts. ,
Les Juifs ont longtemps admis la doctrine de la résurrection du corps. Les Pharisiens l'enseignaient, mais sous une forme grossière et sensuelle, prétendant que la même chair, qui était déposée dans la tombe, devait nécessairement redevenir l'enveloppe et le véhicule de l'esprit : — opinion fortement repoussée par les Saducéens, autre secte Juive. Appelé à prononcer et à dire laquelle des deux opinions opposées était la meilleure, le Christ démontra que l'une et l'autre des sectes Juives se trompaient sur ce point; et que ^immortalité, ou la vie dans le monde situé au delà de la tombe, et la résurrection après la mort, auraient lieu sans la nécessité d'une résurrection corporelle , dans le sens grossièrement matériel tel qu'elles le comprenaient , c'est-à-dire que l'âme avait besoin d'un corps pour être douée, <5omme auparavant, de tous les instincts terrestres nécessaires à sa conservation et à sa propagation. Les Saducéens sentirent la vérité de Ses paroles et s'écrièrent : « Maître ! Tu as bien parlé ! »» (Saint Luc XX, 27-39.)
Jésus semble avoir développé plus amplement, <îans Ses conversations confidentielles avec Ses disciples, ce sujet qu'il n'abordait que rarement en
public ; car nous voyons que Ses disciples avaient les mêmes vues que Lui sur l'état de l'esprit après la mort et sur la doctrine Juive de la résurrection. « Insensés que vous êtes! »» dit Saint Paul, « ce que vous semez ne reprend point vie, s'il ne meurt auparavant; et quand vous semez, vous ne semez pas le corps de la plante qui doit venir, mais un simple grain. C'est un corps animal qui est mis enterre, et le corps qui ressuscitera sera spirituel, La chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu; et la corruption ne possédera point ce qui est incorruptible. »» (Corinthiens xv. 36-50.) Le corps humain, composé de substances terrestres, retournera à la terre. Il n'est pas fait pour la vie éternelle : étant corruptible, il ne peut hériter de ce qui ne l'est pas; c'est-à-dire que, lorsque nos membres terrestres se séparent de la partie la plus noble de nous-mêmes, celle-ci s'élève plus librement au-dessus de la partie qui est morte; et alors, comme si elle était transfigurée ou glorifiée, elle sera revêtue par une enveloppe ou corps spirituel.
Cette doctrine, contenue dans l'Écriture Sainte telle qu'elle a été conçue dans l'esprit de Jésus et de Ses disciples, est merveilleusement en harmonie avec ce que nous discernons ici-bas de la nature de l'homme. Il est incontestable que, tant qu'il réside dans le corps terrestre, l'esprit est pourvu d'un
corps spirituel <iiii est afiranchi à la mort du corps matériel et s'épanouit, en quelque sorte, comme la fleur sort de la graine.
La mort est quelquefois appelée métaphoriquement la sœur du sommeil. Elle Test, en effet. Le sommeil est le retrait de Tàme et de l'esprit en euxmêmes, — un isolement, pour ainsi dire, des parties étrangères et grossières du corps. La même chose a lieu lors de la mort. Cependant, pendant le sommeil, les membres extérieurs de la chair, quoique abandonnés par l'essence la plus noble de notre être, continuent à être animés de la vie végétative. L'homme est insensible, mais le sang circule encore dans ses veines; les poumons respirent encore ; tout ce qui est essentiel à la prolongation de sa vie végétative est en pleine activité, de même que dans la fleur ou Tarbre inanimés. Cette retraite de. la partie spirituelle de l'homme, à des intervalles réguliers, semble être nécessaire à la conservation de la partie terrestre, qui, autrement, s'userait en quelque sorte par un emploi continuel, et deviendrait moins utile comme instrument de l'esprit. Si la vie végétative du corps humain continue à ne pas être entravée par l'activité de l'esprit, elle fonctionne plus constamment, selon les lois qui lui sont propres, et acquiert ainsi de nouvelles forces. Aussi est-ce après un sommeil salutaire, que le corps se
sent rafraîchi et l'esprit ranimé. Lors de la mort, toutefois, la vie v^étative môme abandonne les substances dont le corps est composé, et qui sont maintenues ensemble par cette force seule; et c'est pourquoi elles dépérissent.
D'un autre côté, l'esprit et l'âme peuvent avoir abandonné le corps sans que celui-ci ait l'apparence de la mort, bien que l'on puisse vraiment dire que la mort réelle ait eu lieu quand la meilleure pa^^tie de l'homme Ta quitté. Mais le corps respire, le pouls bat ; et l'on dit de l'homme qu'il est encore vivant. D'autres fois, il peut arriver que la force vitale se retire de certaines parties du corps, et que celles-ci meurent, pour ainsi dire, tandis que l'esprit et l'âme restent toujours unis avec les autres parties*
Le sommeil est un des plus grands mystères qui se rattachent à la vie de l'homme ; il mérite d'être observé avec la plus vive et la plujs intelligente attention. Mais ce qui en rend l'étude doublement difficile, c'est que l'esprit qui observe est, par rapport aux questions qui y sont impliquées, sujet aux lois de la nature corporelle, qu'il doit laisser agir sans les trouble?, afin que le corps puisse reprendre des forces pour lui servir d'instrument. On peut dire que le sommeil est l'aliment de la force vitale : l'esprit n'y con ribue en rien. La force vitale est indé-
pendante de l'esprit, comme Test la digestion, qui transforme en sang la nourriture du corps, la crois-r sance des cheveux, ou les différentes sécrétions qui s'opèrent dans le corps. Quand nous sommes éveillés, la force vitale se dépense, se déploie, et agil extérieurement ; quand nous sommes endormis, elle se replie du dehors en dedans. Ainsi, comme on peut Tobserver, ce ne sont pas seulement les homm^ et les animaux qui dorment ; les plantes dorment aussi, — elles ferment leurs calices, plient ou laissent pendre leurs feuilles, aux approches de la nuit. Mais quel est l'état de la partie la plus élevée de nous-mêmes, pendant qu'elle s'est retirée des sens extérieurs? Elle tf est plus susceptible de recevoir les impressions du dehors, par l'intermédiaire des yeux ou des oreilles, au moyen du goût, de l'odorat ou des sensations. Mais s'ensuit-il qu*on puisse dire que l'esprit est annihilé pendant ces moments-là? S'il en était ainsi, notre corps, chaque matin, appartiendrait à un autre esprit, à une autre âme. Mais l'esprit a parfaitement conscience d'être toujours le même, de n'être pas autre aujourd'hui qu'il était hier. Quoique concentré en lui-même et retiré du monde des sens, par conséquent privé temporairement des intermédiaires à l'aide desquels il communique avec le monde extérieur, l'esprit est vivant et actif.
484 QLORTFICATIOli APRÈS LA MORT.
Les Songes soot une preuve de la continuation de l'activité de l'esprit pendant le sommeil. A quelque heure que nous nous éveillons, nous avons cons* cience d'avoir rêvé ; et lorsque tel n'est pas le cas, c'est parce que le souvenir du rêve est effacé par les fortes impressions qui se produisent quand nos sens soiit subitement éveillés. Et, bien qu'en pareille occasion nous n'ayons pas de souvenir distinct de nos songes, nous avons néanmoins l'impression bien nette qu'au moment de notre réveil, nous avons dû détourner notre attention de ce qui nous occupait dans notre intérieur, pour la reporter sur les objets extérieurs qui la réclament désormais.
Dans nos rêves, nous avons conscience de perceptions, de désirs et de sentiments; mais comme les sens extérieurs sont en quelque sorte fermés, l'activité de l'esprit se continue indépendamment dès objets extérieurs. Et tout en laissant rarement une. impression forte et durable dans la mémoire, néanmoins elle a lieu. L'esprit et l'âme sont donc actifs, bien que plus tard nous ne puissions nous souvenir de leur activité. En effet, qui est capable de se rappeler toutes les idées sans nombre, mais fugitives, qui lui passent par l'esprit à chaque instant du jour? Mais devrions-nous en déduire que notre Qsprit, au moment même où il était le plus actif, n'avait point d'idées?
' Dans les rêves, la conscience que l'esprit a de loi-même, c'est*à-dire la connaissance qu'il a de son existence, est exactement la même que pendant la veille; il se distingue des objets de sa perception. Sans cette conscience de lui-même, sans cet isolément, pour ainsi dire, du moi des images de ses con^ ceptions, il ne pourrait pas rêver. Chaque fois que nous pouvons nous rappeler un songe passé, nous trouvons que c'était notre moi qui, jouissant de l'entière conscience de lui-même, vivait et se, mouvait au milieu des créations de son imagination. Il est possible que nous oubliions les détails variés d'un rêve, et même le rêve tout entier dans lequel les impressions produites par l'esprit sur le corps endormi, sous formes de désirs ou de sentiments, n'ont pas été très-vives; il est aussi possible, par conséquent, que nous oubliions que l'esprit a eu conscience de lui-même pendant cet intervalle ; mais il ne s^ensuit pas que la conscience que nous avons de nous-mêmes, la connaissance qu'a l'esprit de son identité et de son existence ait cessé un seul instant. Il y a des personnes qui, même dans l'état de veille, lorsqu'elles sont plongées dans de profondes pensées, deviennent absolument étrangères à ce qui se passe autour d'elles. L'esprit retiré des parties extérieures du corps et des sens se concentre en lui-même, et n'<)st pi occupé que de lui seul ; selon
toutes les apparences, ces personnes semblent, dans ces moments-là, rêver ou dormir les yeux oûyerts; Mais qui nieffa que, pendant ces heures de médita^ tion profonde, elles aient pleinement conscience d'elles-mêmes, quoique leurs oreilles n'entendent pas et que leurs yeux ne voient rien ? Le fait que nous pouvons, quand aous en avons pris la détermi* nation, nous éveiller de notre sommeil à une heure fixe, est une autre preuve en faveur de la continuité de la conscience que îious avons de nous-mêmes et de notre existence.
On ne saurait donc dire d'une personne livrée à un sommeil léger ou profond, qu elle a perdu connaissance, car elle conserve la conscience de son existence, bien qu'elle ne nous le fasse pas saToir. L'esprit ne perd jamais conscience de son être, ni l'âme de son identité, quoique, en rentrant dans la sphère des sens extérieurs, ils peuvent avoir perdu le souvenir d'avoir conservé cette conscience dans l'état de sommeil. La même chose a lieu pendant l'évanouissement, quand, par suite d'une perturbation partielle et temporaire de la vie végétative, la partie spirituelle de l'homme se retire en elle-même/ car l'esprit fuit ce qui est mort et ne tient aux substances inanimées elles-mêmes que par le lien de la force vitale. Quoique la personne évanouie ne donne^ aucun signe de connaissance, néanmoins elle n'a pas
plus perdu connaissance que dans Tétat de som* meil. En effet, au sortir d'un évanouissement, bien des personnes se souviennent des idées qu'elles ont eues pendant leur insensibilité apparente, absolument de même qu'elles se rappellent leurs rêves à leur réveil, tandis que d'autres n'en ont aucun souvenir. Bien plus, il y a des états physiques, tels que la catalepsie, par exemple, pendant lesquels le corps paraît pâle, froid, roide, privé de respii'ation et de mouvement, semblable à un cadavre ; l'esprit reste néanmoins en relation avec quelques-uns des sens et a parfaitement connaissance de tout ce qui se passe autour de lui, tout en étant incapable de donner le moindre signe extérieur de vie ou de connaissance.
La nature humaine est encore sujette à un état physique remarquable, et bien fait pour nous convaincre de la non-interruption de l'activité de l'esprit et de sa connaissance, môme pendant des mo^ ments dont il perd ensuite le souvenir. Je veux parler du somnambulisme. Le somnambule parait être en état ordinaire. Ses sens extérieurs sont inertes. Il n'entend plus, ne voit plus, ne sent plus. Tout à coup il paraît s'éveiller, non pas secouer le sommeil, mais agir tout endormi. Il entend, mais ce n'est pas par ses oreilles; il voit, mais ce n'est pas par ses yeux ; il sent, mais ce n'est pas par la
sensibilité de sa peau. Il marche, il parle, il accomplit différents actes, et, au grand étonnement de ceux qui le voient, souvent avec une adresse et une précision plus grandes que s*il était éveillé. Dans cet état, il a un souvenir frappant des événements qui ont eu lieu quand il était dans l'état de veille, et assez fréquemment même il se souvient de détails qui échappent complètement à sa mémoire, lorsque ses sens sont parfaitement éveillés. Après être resté dans cet état d'agitation pendant quelque temps, le somnambule retombe dans le sommeil ordinaire ; et enfin à son réveil, il n'a nulle connaissance de ce qui s'est passé. Il a oublié ce qu'il a dit et ce qu'il a fait, et il trouve souvent impossible de croire ce que lui rapportent les témoins de son somnambulisme. Mais peut-on nier que son esprit ait eu conscience de lui-même était joui d'une activité merveilleuse pendant ce sommeil? Quand le somnambule retombe dans cet état de sommeil extérieur et de veille intérieure, il se souvient tant qu'il dure, chose incompréhensible pour lui-même, de tout ce qu'il a fait et pensé, lorsqu'il était auparavant dans le même état, actions et pensées dont il n'a aucune connaissance quand ses sens extérieurs sont éveillés.
Comment expliquer cela? Comment se fait-il que lorsque nous sommes endormis, lorsque nos sens extérieurs sont, pour ainsi dire, fermés, nous soyons
néanmoins, dans des cas du genre de celui que nous venons de mentionner, capables d'entendre et de voir non-seulement aussi bien , mais mieux même que lorsque nous sommes éveillés ? C'est parce que le corps n'est rien moins que l'enveloppe ou la couverture de l'esprit , 'parce que, par lui-même, le corps, indépendamment de Tàme, ne possède ni sensibilité ni faculté de perception, car l'œil du corps est aussi aveugle que celui d'une statue de marbre. C'est par conséquent l'àme, l'âme seule, qui sent, voit et entend ce qui se passe extérieurement.L'œil, l'oreille, etc., ne^sont que des dispositions particulières de l'enveloppe charnelle, habilement adaptées au transport des impressions du monde extérieur à l'àme. Cependant, coname nous l'avons vu, il y a des cas où, la grossière enveloppe corporelle étant affectée par la maladie et lésée d'une façon ou d'une autre, l'àme s'en retire en quelque sorte et continue son activité sans Taide des sens extérieurs. En pareil cas, elle agit aussi sur le système nerveux d'une manière tout à fait différente que lorsque lo corps est dans son état de veille ordinaire , et en y augmentant la force de végétation, elle exerce son influence contre ce qui est dépourvu d'existence chez l'homme.
C'est par conséquent l'àme et non le corps qui est l'organe de la sensibilité ; l'àme est donc le vé-
ritable corps de Tesprit, et le corps n'en est que la charpente, l'enveloppe, et la couverture extérieure. Or, comme des expériences et des faits nombreux nous ont appris que l'esprit ne cesse jamais d'être actif et d'avoir conscience de lui-même ; comme nous savons que, lorsque nous sommes plongés dans une profonde méditation, l'esprit peut perdre la connaissance du corps qui l'enveloppe et de toutes Jes circonstances extérieures; que dans certaines maladies il est capable d'agir sur les membres du corps; que, comme dans les cas de somnambulisme» il est capable de se passer entièrement de l'aide des sens corporels, il n'est pas difficile de concevoir com« ment l'esprit immortel, même après avoir complètement dépouillé la gcossière enveloppe de son corps périssable, peut conserver la conscience de luimême et le sentiment de son identité, quoiqu'il ne puisse se manifester par l'entremise du corps à ceux qui vivent encore en chair et en os ! Nous sommes ainsi à même de concevoir ce qu'est le corps spiritml dont parle Saint Paul; ce qu'est l'incorruptibilité qui s'élève de la corruption; quelle est la faiblesse qui s'évanouit ou est semée dans le tom- »beau, puis se transforme en force et s'élance vers le ciel, lorsqu'elle est mûre pour une vie meilleure. (1. Corinthiens xv. 43.) Telle est donc la glorification qui nous est réservée après la mort ; telle est la
résurrection spirituelle. Ce qui est né de la terre doit retourner à la terre; mais l'esprit, rèvétu du corps glorifié, porte l'image de la perfection céleste, comme il a porté l'image de l'imperfection terrestre. (1. Corinthiens xv. 40.) Le corps, composé de chair et d'os, livré à la corruption dans le tombeau, n'est plus sensible; mais en réalité, il n'a jamais été sensible par lui seul; c^est le corps spirituel, c'esi l'àme qui a eu réellement la faculté de sentir et de percevoir; faculté qu'elle conserve, même après sa séparation de son enveloppe terrestre. Sa sensibilité et sa perception deviendront plus parfaites, il est vrai; et l'esprit, continuant à vivre dans un corps spirituel et à avoir conscience de lui-même, verra toujours la gloire de Dieu dans sa création, reconnaîtra et aimera les êtres qu'il aura aimés antérieurement. Mais il n'aura plus ni besoins ni désirs sensuels ou terrestres, il ne connaîtra plus les larmes ; il portera l'image de la perfection céleste d'où il tire son origine.
Qu'éprouverai-je, lorsque Tu m'appelleras, ô mon Créateur, mon Dieu ! quand arrivera l'époque de ma glorification ; quand mes amis pleureront autour de moi; quand les êtrels qui me sont chers et qui sont aujourd'hui dans le séjour de gloire s'approcheront de moi, et que mon cœur embrassera toute chose dans l'égalité de son amour! quand Je paraîtrai
devant Toi, sanctifié par Jésus-Christ, et admis au nombre des habitants de Son royaume, je chercherai mon Sauveur et je me prosternerai devant Toi, ô Seigneur, et je T'adresserai mes prières et mes actions de grâces avec une nouvelle ferveur, avec un redoublement de respect et de piété, demandant à Ta miséricorde que mon esprit mortel mûrisse de jour en jour daas une plus grande perfection et dans toutes les vertus 1 Ainsi soit-il l