VAUT-IL MIEUX S'ÉTBINDRB LENTEMENT, ETC
regardée comme le plus grand des maux, parce qu'elle nous prive de roccasion et du temp» nécessaire pour exprimer notre repentir et dire quelques prières. Le Divin Fils ne nous a pas enseigné : — Repentez-vous à Theure de la mort, mais II a dit : « Celui qui porte ma croix durant sa vie, et me suit, est mon disciple ! » « Soyez parfait, comme notre Père qui est au Ciel est parfait. »» Mais une telle perfection ne peut plus s'atteindre quand la maladie a épuisé nos forces, mais seulement par de persévérantes luttes contre nos désirs sensuels, par Tabnégation de soi-même selon le Verbe et l'Esprit de Jésus.
Si, donc , il est blâmable de cramdre une mort «ubite pour des raisons déterminées, il est sans aucun doute blâmable de la souhaiter t^bt pure lâcheté. Car, en réalité, qu'est-ce. que cela* peut être, si jce n'est par lâcheté, par crainte d'une maladie mortelle , ou l'approche de la mort même, qui fait que beaucoup souhaitent d'être enlevés aussi vite que possible, quand leur temps sera venu ! Vivre pour endurer l'adversité demande un plus grand courage que de chercher une mort prompte. De toutes les circonstancei qui déshocoreiit le sti«cide, il n'y en a pas qui ajoute autant à sa bassesse et à sa lâcheté que la erajmte de la vie. C'est pour cette raison que la Divine sagesse a gravé si profooh
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dément dans le cœur de rhomme Tamour de la vie et la crainte de la mort, — afin que notre faible et timide nature, accablée par ses épreuves terrestres, ne puisse s'enfuir trop tôt pour chercher un refuge dans la tombe. Ces épreuveset ces souffrances étaient nécessaires pour détourner l'esprit des objets sensuels, l'élever et lui faire atteindre les plus sublimes hauteurs, — mais l'amour de la vie n'était pa^ moins nécessaire. Sans ces entraves, de grands pays auraient souvent été convertis en déserts, et les intérêts de Dieu et la destinée de Thomme seraient restés inaccomplis.
Le sage trouvera donc les mêmes raisons pour regarder une mort lente comme aussi désirable qu'une mort subite ; mais il ne verra jamais de motifs pour en craindre aucune : car il connaît le Seigneur qui Ta créé ; il connaît la voix du Seigneur qui nous parle, même à cette heure dernière, et qui nous dit : « Ne crains point, parce que je t'ai racheté, et que je t'ai appelé par ton nom ; tu es à moi. r* (Isâie xliii. 1.)
Ne crains pas la mort, qu'elle vienne tôt ou tard ; qu'elle vienne lentement, par l'épuisement de la maladie, ou le déclin des ans, ou subitement, au milieu de la force et des jouissances de la vie, ou sur le champ de bataille , ou par quelque circonstance extraordinaire et imprévue. Tu pourrais en vérité prévoir la mort, comme à la nuit tu prévois le som-