‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 6 sur 40 · VAUT-IL MIEUX S'ÉTBINDRE LENTEMENT, ETC · texte numérisé non relu

VAUT-IL MIEUX S'ÉTBINDRE LENTEMENT, ETC

meil ; mais tu ne peux pas plus savoir quand elle vient, que tu n'as conscience du moment exact où tu tombes assoupi. Ceux qui te verront mourir en auront conscience et trembleront. Ils trembleront, parce que l'amour de la vie, que Dieu inspire à toutes ses créatures, les éloigne avec terreur de tout ce qui va quitter la vie. Mais toi, tu ne peux pas plus tevoirmourirquetunet'esjamaisvutomberendormi. Tu ne vois pas le nuage qui s'amasse sur tes yeux, tu n'es pas alarmé par cette pâleur qui gagne ton visage, par le refroidissement de tes membres, qui remplissent de tristes images l'imagination de ceux qui t'entourent.

Ne redoute pas ta mort, car tu connais Celui qui t'a racheté : c'est Jésus-Christ qui t'a montré le chemin du ciel, et qui t'a révélé la volonté de son Père ; en l'exécutant iSdèlement, ton esprit sera régénéré et rendu digne d'entrer dans le royaume de gloire. Tu connaîtras, quand ton heure sera venue, Celui qui t'a appelé par ton nom et qui a dit : « Tu m'appartiens ! f* C'est le Tout-Puissant, le Père tout d'amour qui t'a créé, qui t'a distingué de la foule, non pour l'éternelle souifrance et la destruction, mais pour l'éternelle félicité.

Ne crains donc rien alors, quand bien môme ta fin serait prompte. Une terreur constante et exagérée de la mort n'est pas seulement indigne d'un

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Chrétien, mais même d'an païen; car cette tortnre inutile est par elle-même plus pénible que la mort. Elle fatigue Tâme, nous prive de toute joie, — qui est en réalité le vrai soutien de la santé et de la vie»^ — aCEaiblit le corps, et hâte rapproche de la mort, quoique nous fassions tous nos efforts pour y échapper. Il est bien connu que la peur est un des plu» dangereux poisons de la vie. La peur est mortelle par elle-même, et elle consume la vie* Celui qui appréhende sans cesse la mort, meurt un millier de fois, et souffre chaque jour de sa vie, tandis que, lorsque la mort frappe réellement à sa porte, il n'a aucune conscience de son approche.

Par conséquent, ranime-toi, divertis ton esprit, occupe ton imagination avec d'autres idées ; car ce n'est que ton imagination maladive qui faitapparaltre devant toi ces tristes ombres, et non une raisonnable conviction. Essaye de détourner tes pensées, qui sont si disposées à s'attacher à ce pénible sujet, parce que tu les as trop souvent laissées aller dans cette direction. Chaque heure de bonheur que tu goûtes est un breuvage salutaire, et ajoute à la durée de tes jours.

Ne crains pas la mort, te serait-il réservé de mourir subitement. Qui connaît quelle sera sa fin? Qui peut en aucune façon prédire s'il ne sera pas exterminé par le feu, par une tuile tombant d'un toit, par

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un boulet de canon, par une attaque d'apoplexie, ou par quelque autre accident? Par conséquent, prépare ta maison, — tiens en ordre tes affaires domestiques, tes intérêts d'ici-bas, afin que, si tu es subitement appelé àt'éloignér de ton entourage et de tes amis, chaque chose après toi soit trouvée si parfaitement rangée, qu'il ne puisse y avoir aucune partie négligée, ni confusion. La louange des vivants te suivra ; les bénédictions de tes bien-aimés t'atteindront dans ta demeure éternelle ; tu auras rempli un des plus sacrés devoirs envers ceux qui te sont attachés par les liens du sang. Nous pouvons toujours regarder comme probable, que celui qui a soin de mettre ses affaires domestiques en ordre est également préparé pour celles bien plus importantes qui sont entre lui et Dieu. Vis et agis chaque jour de façon à ce qu'après ta mort, dût-elle arriver la minute prochaine, ta famille ne reste pas dans le besoin, et qu'aucun blâme ne puisse s'attacher à ton nom. L'honorabilité du nom du trépassé doit toujours être le plus bel héritage de ceux qu'il laisse après lui. Arrange tes affaires de manière qu'elles puissent à tout moment être mises sous les yeux d'étrangers, comme c'est toujours plus ou moins le cas après notre décès.

Prépare ta maison ! Si tu as mené de tout temps une vie de piété, d'innocence, de bienfaisance, remplie d'activité et de désir de bien faire, exempte

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d'envie et de colère, telle que Jésus ton Sauveur te i*a enseignée, alors une mort subite ne peut et ne doit être pour toi qu'un bienfait subit. Pourquoi craindrais-tu de paraître devant Dieu? N'es- tu pas toujours en sa présence? N'as-tu pas été, même depuis ta naissance, un de Ses enfants, un de ceux qu'il a tenus dans Ses bras, sur lequel II veille et qu'il a protégé? Vraiment tu trembles avant Son jugement. Il connaît tes imperfections; mais II sait aussi tes sérieux efforts pour les corriger. Il voit aussi les honnêtes combats que, pour te rendre digne de Lui, tu as soutenus contre les tentations du péché ; Il voit combien souvent tu as résisté et surmonté tes tendances à l'avarice et aux plaisirs sensuels ; Il surveille les efforts que tu fais pour racheter chacune de tes fautes par de nobles actions. Un jenfant doit-il craindre de paraître devant un tendre père, alors même qu'il n'a pas encore racheté toutes ses fautes ? Jésus ne nous a-t-il pas révélé la miséricorde infinie du Père dans toute Sa beauté ? Ne nous a-t-il pas donné des assurances de Sa grâce et de Son pardon?

Celui qui marche toujours devant le Seigneur, dans l'esprit aimant de Jésus, n'a pas besoin de trembler devant le Seigneur, et pour lui une mort subite n'est qu'un bienfait inattendu. Un si rapide trépas ôte à la mort ses angoisses les plus aiguës : la vue'

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