‹ Méditations sur la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 4 sur 14 · Sermon sur V Exclusisme ou l'Unité de la foi, dans lo · texte numérisé non relu

Sermon sur V Exclusisme ou l'Unité de la foi, dans lo

Une piété si profonde, si modeste et si large, manifestée avec une éloquence où la gravité passionnée du langage se joignait à la gravité passionnée de la conviction, ne pouvait manquer d'exercer une grande influence. Comme prédicateur, M. Adolphe Monod était puissant; il avait acquis, non par une curieuse et froide observation, mais par une assidue et consciencieuse étude de l'Évangile et de lui-même , une intelligence supérieure de la nature humaine, de ses forces et de ses faiblesses, de ses vides et de ses aspirations. Il assiégeait, pour ainsi dire, les âmes

Recueil des Sermons de M. Adolphe Monod; 3« série, t. II, p. 386-390; Paris, 1860.

Les sermons de M. Adolphe Monod ont été recueillis et publiés en 4 vol. in-8°, Paris, 4856-1860. On a aussi de lui plusieurs petits ouvrages, entre autres : 4° Lucile ou la lecture de la Bible, 4841 ; 2° la Destitution d'Adolphe Monod, récit inédit, rédigé par lui-môme, 1864; 3° Récit des conférences qui ont eu lieu en 1834 entre quelques catholiques romains et M. Adolphe Monod; Paris, 1860; 4° les adieux 4' Adolphe Monod a ses amis et à l'Église; Paris, 1856.

avec une ardeur savante, frappant à toutes leurs portes, les poursuivant dans leurs plus intimes replis, tenant constamment déployé le drapeau de Jésus-Christ et leur inspirant la parfaite confiance qu'il les pressait de s'y rallier, non par aucun motif humain, par aucun désir de sa propre gloire, mais par Tunique et sérieux souci de leur salut éternel. Il conquérait ainsi à son divin maître les cœurs disposés à l'accueillir, remuait fortement ceux qui ne lui étaient pas décidément rebelles, et laissait étonnés et intimidés ceux qu'il n'attirait pas. Comme pasteur aussi, il était puissant; sa vie était le reflet et le commentaire de sa prédication ; il s'appliquait à lui-même, le premier, les préceptes et les conséquences de sa croyance; comme il ne disait rien qu'il ne pensât, de même il ne pensait rien qu'il ne pratiquât; et sans être aisément sympathique comme M. Vinet, il était ardemment expansif et pieusement tourmenté du besoin de répandre, par son exemple

comme par sa parole, la foi et la vie chrétienne* Atteint d'une maladie douloureuse et incurable qui le condamna enfin à l'immobilité, il ne souffrit pas qu'elle le rendît inactif et inutile; pendant les six derniers mois de sa vie, tous les dimanches, sa famille, quelques-uns des pasteurs ses collègues et autant d'amis fidèles que sa chambre en pouvait contenir, se réunissaient autour de son lit; et son zèle surmontant ses douleurs, il leur adressait, selon ses propres expressions, tantôt les regrets d'un mourant, tantôt les résultats de son expérience dans la foi et dans la vie. Cette pieuse réunion était encore convoquée, selon sa volonté, pour le 6 avril 1856 : « Mais ce jour-là, avant que l'heure de la convocation fût venue, Dieu retirait à lui son serviteur, exauçant ainsi sa prière souvent répétée : « Que ma vie ne s'éteigne qu'avec mon ministère, et que mon ministère ne s'éteigne qu'avec ma vie 1 . »

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