Ce sont les paroles insérées dans un écrit intitulé : les
Dix-huit mois avant M. Adolphe Monod, un pasteur éminent de l'Église luthérienne de Paris, son ami et son compagnon dans le travail chrétien, M. Edouard Verny, mourait subitement dans la chaire évangélique à Strasbourg, en prêchant sur cette parole des apôtres aux chrétiens d'Antioche : « 11 a semblé bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous point imposer d'autre charge que les choses qui sont nécessaires. » Parole aussi libérale que pieuse, et fidèle expression des sentiments de l'orateur chrétien qui mourut en la commentant. M. Verny avait, par nature, l'esprit large et libre; il avait débuté dans la vie intellectuelle par les études philosophiques, et il en avait conservé un goût vif pour le mouvement des idées avec une prompte et tranquille intelligence de celles- qu'il ne partageait pas. Moins passionné et moins puis-
Adieux d'Adolphe Monod à sa famille et à l'Église, où les dernières exhortations et conversations de ce chrétien mourant ont été pieusement recueillies. (Page vin; Paris, 4856.)
sant que M. Adolphe Monod, il était aussi dévoué à la cause chrétienne, et il pénétrait avec charme dans les âmes que M. Monod conquérait avec
empire 1 . Ce fut, pour l'Eglise protestante de France, une perte immense, mais aussi un frappant et salutaire spectacle que la fin de ces deux serviteurs de Christ, l'un mourant soudainement,
4 . Quoique M. Verny ait longtemps prêché et souvent écrit dans les revues et les journaux religieux, notamment dans le Semeur, il reste peu de monuments écrits de ses idées et de son talent. Les principaux sont :
4° Un Sermon sur l'unité de l'Église, prêché dans l'église de Bol bec en 1854;
2° Deux sermons, l'un sur la prière de la Cananéenne, l'autre sur la repentance, prèchés à Paris en 1845 et 4846 ;
3° Le sermon pour l'ouverture solennelle de la session du Consistoire supérieur de l'Église de la confession d'Augsbourg, prêché à Strasbourg le 19 octobre 1854, et au miiieu duquel M. Verny est mort en chaire;
4° Un Essai sur les droits de la science, inséré dans la Revue de théologie et de philosophie chrétienne, publiée à Strasbourg par M. Colani; t. IX, pag. 208-248, 1854. Cet Essai devait être suivi d'un Essai sur les devoirs de la foi, dont la mort de M. Verny a empêché la rédaction.
dans la plénitude de sa force, au moment même où, du haut de sa chaire, il soutenait avec éclat la doctrine de son maître ; l'autre recueillant, au fond de son lit, les derniers souffles de son âme en ce monde pour verser encore à flots sa foi dans l'âme de ses auditeurs.
De telles vies et de telles morts ne sauraient demeurer stériles; sous leur influence, la foi chrétienne s'est ranimée et répandue dans le protestantisme français. Non pas cette foi sèche et froide que les hommes acceptent comme par acquit de conscience et pour se décharger d'un souci ; ni cette foi vague et rêveuse qui se repaît de ses propres émotions plutôt qu'elle ne se nourrit des vérités qui sont la voix de Dieu. La foi chrétienne n'est pas un acte de soumission prudente ni un accès de ferveur mystique ; la conviction et le sentiment, la ferme adhésion de la pensée et le filial amour du cœur y sont essentiels et intimement unis. C'est la lumière venue d'en haut et qui porte ici-bas la
chaleur féconde. Les œuvres en découlent avec liberté et abondance, comme une eau salutaire d'une source pure. J'ai sous les yeux le tableau des œuvres humaines qu'a suscitées de nos jours, dans l'Église protestante de France, la foi chrétienne ranimée 1 : associations multipliées, entreprises à longue échéance, efforts soutenus pour le développement moral des hommes, pour le soulagement matériel de leur condition terrestre, pour la conquête ou la défense de la liberté religieuse, pour l'entretien et la propagation de la foi ellemême , tous ces buts à la fois si variés et si analogues sont laborieusement poursuivis par les Églises protestantes libres comme par l'Église protestante établie; M. Edmond de Pressensé et M. Eugène Bersier vouent leur talent et leur ardeur aux mêmes croyances, aux mêmes travaux
4 . Exposé des œuvres de la charité prolestante en France, par H. de Triqueti, membre du conseil presbytéral et du diaconat de l'Église réformée de Paris, in-48, 4863.
que M. Alexandre Vinet et M. Adolphe Monod. A travers les libres dissidences et les divers régimes ecclésiastiques du protestantisme français, il y a, dans son sein, progrès de foi chrétienne, progrès <T œuvres chrétiennes, progrès de science chrétienne, progrès d'influence chrétienne. Je répète ici les mêmes termes dont je me suis servi en parlant de l'Église catholique contemporaine, parce que je me trouve en présence de faits semblables. Ces faits n'annoncent point la réunion des deux Églises ; de profonds dissentiments les séparent toujours ; mais c'est, dans l'une et dans l'autre, le réveil chrétien.
Mais le monde n'a pas changé depuis que Dieu, en le créant, Ta livré aux disputes des hommes; la diversité et la lutte des idées et des passions y sont toujours la condition humaine. A côté du travail chrétien que je constate, un travail contraire éclate et poursuit son cours. Le christianisme, en se réveillant, est appelé aux plus rudes combats, La philosophie refuse de reconnaître à ses dogmes fondamentaux les caractères et les droits de la vérité rationnelle. La critique érudite lui conteste ses titres historiques.
Les sciences naturelles déclarent qu'elles n'ont pas besoin de lui pour expliquer l'homme et le monde. On pose en principe, on soutient dans de savants congrès que la morale est entièrement indépendante de la religion. L'esprit de liberté, cette généreuse passion de notre temps , garde une profonde rancune des chaînes et des douleurs qu'au nom usurpé de la foi chrétienne la conscience et la pensée humaines ont eu longtemps h subir. L'empire de ces amers souvenirs se manifeste, dans les diverses Églises chrétiennes, sous des traits et avec des effets divers. Beaucoup de libéraux redoutent tellement tout pouvoir de l'Église catholique sur la société civile, qu'ils ne lui accordent à elle-même qu'à grand'peine et à petite mesure les droits de la liberté commune. Parmi les protestants, quelques-uns poussent les prétentions de la liberté au point de vouloir que, dans la société religieuse, la communauté de foi ne compte pour rien, et que chacun puisse en rester membre, et
même pasteur, en professant, sur les faits et les dogmes essentiels de l'Eglise, les opinions les plus diverses, les plus étrangères à ses traditions et à ses textes. Dans le catholicisme, c'est la question de liberté qui domine; mettra-t-on en vigueur les libertés de la société civile envers l'Église, de l'Église au sein de la société civile? Dans le protestantisme, la complète liberté religieuse au sein de la société civile, le droit de chacun à manifester sa croyance et à pratiquer son culte, sont pleinement acquis et incontestés, dans l'âme des plus orthodoxes croyants comme des plus libres penseurs; c'est la question de foi et de discipline qui s'agite; une foi commune et une discipline intérieure sont-elles essentielles à l'Église? Là est le débat. Mais au-dessus de ces questions spéciales et de ces situations diverses des diverses Églises chrétiennes, pour la catholique comme pour la protestante, s'élève la question générale et la situation commune ; c'est le christianisme lui-
même qui est engagé dans la lutte; c'est avec le travail antichrétien que le réveil chrétien est aux prises.
Qu'on ne se fasse point d'illusion sur le caractère, ni sur la force, ni sur le danger du travail antichrétien; ce n'est pas un simple accès de fièvre des esprits, une simple crise révolutionnaire dans l'ordre religieux ; il y a là des convictions sérieuses et la perspective d'une longue guerre. L'impatience d'un ancien joug, l'esprit de réaction, le goût de l'innovation, beaucoup d'instincts frivoles et de mauvaises passions ont, à coup sûr, leur part, et une large part, dans les attaques dont le christianisme est aujourd'hui l'objet; mais un sentiment plus sérieux que ceux-là, un sentiment qui a fait des héros et des martyrs, l'amour de la vérité, pour elle-même et pour elle seule, quels que soient ses périls et ses résultats, c'est là le fait qui donne à ces attaques leur plus redoutable caractère. C'est l'honneur de l'homme
d'avoir soif de la vérité, et quand il croit l'avoir trouvée, il se livre avec transport au plaisir de se désaltérer et même de s'enivrer à cette source pure. Mais il court alors un grand danger :
l'homme n'est pas seulement un esprit appelé à étudier et à connaître pendant son court passage sur cette terre; il est un être actif et responsable, engagé dans une vie pleine de travail et en perspective d'une vie future pleine de mystère , ouvrier dans un but qui lui est personnel et dans un dessein général qu'il lui est seulement donné d'entrevoir. L'homme est donc dans un état d'âme très-incomplet et très-imparfait quand il s'enferme dans la contemplation de ce qui lui apparaît comme la vérité scientifique, sans soumettre sa pensée à toutes les épreuves auxquelles il est luimême appelé, sans rechercher si elle est en harmonie avec les lois de sa nature, et si elle respecte ou si elle dépasse les limites imposées à sa science. Le danger d'erreur est alors d'autant plus grand
que cet état incomplet et imparfait est un état noble, qui satisfait de nobles penchants et procure de nobles joies. Parmi les adversaires actuels du christianisme, les plus éminents se croient les interprètes et les défenseurs de la vérité; les uns, de la vérité philosophique; les autres, de la vérité historique ; d'autres, de la vérité sur les faits et les lois du monde physique. Ils sont tous fiers d'appartenir à la science pure, de faire, de la vérité scientifique, l'unique but comme l'unique règle de leurs travaux, et ils oublient tous quelques-unes des conditions, et des plus impérieuses, auxquelles la science doit satisfaire, quelques-unes des épreuves, et des plus légitimes, qu'elle est tenue de subir.
Ils réclament aussi l'honneur de porter le drapeau d'une grande et noble cause, la cause de la liberté. Que le christianisme seul ait rendu à l'homme, en tant qu'homme et à ce seul titre, ses droits à la liberté, c'est un fait que démontre jusqu'à l'évidence l'histoire comparée du monde
chrétien et du monde non chrétien; qu'on mette ces deux histoires en face Tune de l'autre, et qu'on dise quels sont les peuples chez qui l'idée de la dignité et de la liberté humaine est devenue générale, puissante et féconde.
C'est un autre fait également historique et certain, que le christianisme a pu et m s'adapter aux divers états de la société, aux diverses formes de gouvernement ; il s'est établi et maintenu dans les républiques comme dans les monarchies, sous le régime constitutionnel comme sous te pouvoir absolu, au sein des sociétés démocratiques comme des aristocratiques ; et certes ce n'est pas dans les Etats libres qu'il a déployé le moins de vigueur et d'efficacité. On méconnaît de nos jours ces deux grands faits; on accuse le christianisme d'être hostile à la liberté et incompatible avec l'esprit des sociétés modernes; c'est là le grief suprême qu'on élève contre lui. Il est vrai que l'histoire moderne de l'Europe donne à ce grief quelque apparence;
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il est vrai que des intérêts mondains, des passions égoïstes, des événements complexes et obscurs dans lesquels Tordre moral et social a été compromis, ont comme suspendu, dans certains pays, Faction libérale du christianisme, et momentanément porté sous un autre drapeau que le sien la cause de la liberté. L'erreur est profonde et sera passagère; les longues influences reprendront leur empire et les grands faits leur cours; la religion chrétienne et la liberté humaine rapprendront Tune et l'autre qu'elles ont besoin l'une de l'autre, et que leur alliance au sein de l'ordre est leur état naturel et nécessaire. Leur mésintelligence actuelle est la plus grave épreuve que la société moderne ait à traverser.
C'est aussi le plus grave péril que, de nos jours, la religion chrétienne ait à surmonter. Appréciez la puissance des deux sentiments que je viens de rappeler, l'amour de la science et l'amour de la liberté; prévoyez les dégénérations
et les transformations trompeuses que, dans l'ardeur du travail et du combat, ces sentiments peuvent subir; comptez, si vous le pouvez, les idées fausses et les espérances chimériques dont ils peuvent être la source; placez à leur suite les passions immorales et anarchiques qui peuvent s'en faire un prétexte et un instrument : vous aurez passé en revue l'armée ennemie qui fait au christianisme une guerre acharnée et qu'il est appelé à vaincre.
Je ne dissimule point les forces de cette armée. Je n'en atténue pas plus la qualité que le nombre. Pour combattre dignement et efficacement, il faut, dès l'abord, reconnaître à ses adversaires leur part de mérite comme de puissance, et les attaquer dans leurs meilleurs retranchements. J'ai taxé les ennemis du christianisme d'une présomption frivole quand ils méconnaissent l'énergie et les progrès du réveil chrétien. 11 importe infiniment aux chrétiens de ne pas s'aveugler à leur
tour sur l'ardeur et l'effet du travail antichrétien auquel leur foi et leur Église sont en butte. J'ai la ferme confiance que, dans cette guerre, le christianisme vaincra; mais il ne désarmera pas ses ennemis; il ne remportera pas sur eux une victoire complète et définitive, pas plus qu'il ne fera avec eux une paix sérieuse et durable. Dans l'état actuel des esprits et des sociétés, la lutte durera entre les chrétiens et les nonchrétiens; les deux armées se développeront l'une en face de l'autre, et la chrétienne, pour défendre et étendre ses domaines, sera incessamment obligée de veiller et de combattre. Elle sera obligée aussi, en combattant, de satisfaire aux exigences de la vérité et aux conditions de la liberté. De ces exigences et de ces conditions le christianisme n'a rien à redouter, pouvu qu'il les accepte hardiment et qu'à son tour il les impose sévèrement à ses adversaires. Que la science humaine, ses travaux et ses systèmes soient soumis
aux mêmes épreuves et traités avec la même liberté que les fondements et les doctrines de la foi chrétienne, c'est là tout ce que les chrétiens ont droit et besoin de réclamer.
J'ai exposé l'état actuel de la religion chrétienne en France, ses forces et ses faiblesses, son réveil et ses périls. Je veux maintenant rechercher où en sont les doctrines et les systèmes qui n'acceptent pas, ou qui, à des degrés divers, nient et combattent le christianisme. Quand j'aurai passé ainsi en revue l'armée ennemie, je remettrai le christianisme en face de ses adversaires, et j'essayerai de reconnaître, dans ce rapprochement, de quel côté sont la vérité, le droit et l'avenir.
J'ai vu naître, non pas certes le spiritualisme, il est né, comme le matérialisme son frère jumeau, dans le berceau et dès les premiers pas de la philosophie, mais l'école spiritualiste du xix* siècle. Elle est née d'une réaction naturelle contre le sensualisme du xvm e , comme le réveil chrétien d'une réaction contre son impiété. Les théories n'échappent pas à l'empire des événements ; à la suite des idées viennent les faits qui les inondent de leur lumière; les vices des systèmes,
philosophiques aussi bien que politiques, se révèlent dans leurs conséquences pratiques. Le sensualisme, c'est-k-dire, pour l'appeler de son vrai nom, le matérialisme du xvm e siècle, s'est trouvé mal de cette épreuve ; il régnait encore en France au commencement du xix% mais comme règne un pouvoir vieilli et en déclin, dont le public reconnaît les fautes, et qui touche à l'avènement de son successeur.
M. Royer-Collard eut, le premier, le mérite et l'honneur de ramener le spiritualisme dans l'enseignement philosophique et dans la pensée publique ; non par un simple retour aux doctrines spiritualistes du xvn c siècle, mais par un réel progrès dans une voie nouvelle et vraiment scientifique. M. Royer-Collard n'était ni un philosophe de profession, ni le disciple d'aucun maître, ni un esprit enclin aux conceptions systématiques; il observait, lisait, étudiait et réfléchissait en spectateur et juge sérieux du monde et des hommes.
Il a été en philosophie et dans sa chaire, comme plus tard en politique et à la tribune, un penseur original et profond, sensé avec élévation, circonspect avec fierté, et intimement pénétré de l'esprit de son temps, tout en s'appliquant à en repousser le joug. Dans son grave et libre enseignement, il traitait les questions philosophiques à mesure qu'elles se présentaient à lui, pas à pas, chacune pour son compte, sans autre souci que la recherche de la vérité, mais aussi sans empressement à réunir et à résoudre toutes les questions dans un système général savamment prémédité. Pour ceux qui les ont entendues, et même pour ceux qui n'en peuvent connaître que les fragments qu'en a publiés M. Jouffroy 1 , ses leçons, dirigées chacune vers une question spéciale bien déterminée, étaient des modèles d'analyse et de critique philosophique scrupuleusement renfermées dans l'étude des faits
\ . Dans sa Traduction des œuvres complètes de Reid, t. III, p. 299-449; t. IV, p. 273-451 .
et des résultats que l'induction découvre dans les faits. Il avait beaucoup lu les philosophes écossais, leur portait une grande estime, et marchait dans leur voie, le regard plus haut et d'un pas plus ferme quoique aussi prudent. Il eut, dans sa courte carrière philosophique, deux bonnes fortunes rares : l'une, d'avoir pour ami M. Maine de Biran, observateur profond et passionné de l'âme humaine dans sa propre âme, métaphysicien subtil et presque mystique que j'appellerais, si j'osais, la sainte Thérèse de la philosophie; l'autre, d'avoir pour disciple M. Cousin, le sympathique rival et l'éloquent interprèle des grands philosophes de tous les siècles. M. Cousin, à son tour, a eu la bonne fortune d'avoir pour disciple M. Jouffroy, disciple original et indépendant, maître accompli dans l'art d'observer les faits intellectuels et moraux, de les décrire et de les coordonner sans les altérer, cédant quelquefois à l'ambition de sa pensée et aux courants intellec-
tuels de son temps, mais bientôt ramené ou du moins averti par son lucide et probe bon sens. Ce sont là les fondateurs et les chefs glorieux de l'école spiritualiste du xix e siècle.
Les disciples et les héritiers dignes d'eux ne leur ont pas manqué. C'est, depuis quelques années, dans quelques régions du monde savant, une mode un peu frivole de demander un peu ironiquement : « Que devient donc et que fait l'école spiritualiste? » Je ne répondrai pas, comme Tertullien aux païens : «Nous ne sommes que d'hier et nous sommes partout, dans vos domaines, dans vos villes, vos îles, vos forteresses, vos municipes, vos conseils, vos camps, vos tribus, vos décuries, dans le palais, le Sénat, le Forum ; nous ne vous laissons que vos temples 1 . » Les spiritualistes modernes n'avaient pas de semblables conquêtes à faire, et il convient à des philosophes d'être plus modestes; mais quelle que soit mon expérience de