Exode, chap. iv, vers. 10. (X
Il n'y a, dans cette histoire, pas une grande action humaine, pas un grand événement qui soit le fait de l'homme; tout est le fait de Dieu, et Moïse n'est, en toute occasion , que l'interprète et l'instrument de Dieu; c'est à cette mission qu'il a consacré son âme et sa vie; c'est à ce titre seul qu'il est puissant et qu'il concourt, en tant qu'homme, a une œuvre infiniment plus grande et plus durable que celle de tous les héros et de tous les maîtres du monde.
Je ne connais pas de plus frappant spectacle que celui de l'inébranlable foi et de l'inépuisable énergie de Moïse dans la poursuite de cette Œtuvre qui n'est pas la sienne propre, et dans laquelle il exécute ce qu'il n'a pas conçu, il obéit bien plus qu'il ne commande. Les obstacles, les mécomptes abondent devant lui; il est aux prises avec les faiblesses, les infidélités, les fantaisies, les jalousies, les séditions de son peuple, de sa propre famille : il a lui-même ses moments de tristesse et
d'inquiétude. Il crie a l'Éternel : « Que ferai-je à ce peuple? Peu s'en faut qu'ils ne me lapident... Je te prie, fais-moi voir ta gloire. >> Et Dieu lui répond : « Je ferai passer toute ma bonté devant ta face; mais tu ne pourras pas voir ma face, car nul homme ne peut me voir et vivre >. » Et Moïse se confie en Dieu et continue à triompher en lui obéissant.
L'œuvre de la délivrance est consommée; Moïse a conduit le peuple d'Israël hors d'Égypte, et surmonté les premiers périls et les premières souffrances du désert. Ils avancent dans le groupe montueux de la péninsule de Sinaï. De vallée en vallée, ils arrivent « à l'entrée d'un large bassin entouré de pics élevés. Celui de ces pics qui commande la vue !a plus étendue est couvert de blocs énormes, comme si la montagne avait été bouleversée par un tremblement de terre. Une fente