Éoaiig. selon taint Matthieu, chap. v, vers
moi. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles 1 ? »
Ainsi Jésus-Christ parlait aux Juifs. C'était au nom de leur histoire et de leur foi, au nom du Dieu d'Abraham et de Jacob qu'il les appelait à. lui, conservateur en même temps que réformateur, et invoquant l'ancienne loi contre ceux qui, en l'observant en apparence, l'oubliaient ou la dénaturaient en réalité ; « Des Scribes et des Pharisiens vinrent de Jérusalem à Jésus et lui dirent : Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens, car ils ne se lavent point les mains lorsqu'ils prennent leurs repas? — Mais il leur répondit: Pourquoi transgressez- vous le commandement de Dieu par votre tradilion? Car Dieu a donné le commandement: Honore ion père et ta mère, et que celui qui maudira son père ou sa mère soit puni de mort. Mais vous, vous diles :
t. Évang. selon saint Jeun, chap. v, vers. 15-47.
Celui qui aura dit a son père ou à sa mère : Tout ce dont je pourrais t' assister est un don consacré à Dieu, n'est pas coupable, quoiqu'il n'honore pas son père ou sa mère. Et ainsi vous avez anéanti le commandement de Dieu par votre tradition...
Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, car vous payez la dîme de la menthe, de l'anet et du cumin, et vous négligez les choses les plus importantes de la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité! Ce sont là les choses qu'il fallait faire, sans néanmoins omettre les autres 1 . »
En toute occasion Jésus-Christ renouvelait aux Juifs ses avertissements, ses appels ; et quand il se voyait obstinément méconnu et repoussé, il s'écriait avec une patriotique et tendre tristesse : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une
l. Évwig. sclim saint Matthieu, chjp, xv, vers. 1-6 j chap. xxiii, vers. 23,
poule rassemble ses poussins sous ses ailes ; et vous ne l'avez pas voulu 1 ! »
Je ne connais rien de plus imposant que l'apparition d'une grande idée, d'une idée divine qui se lève et monte rapidement sur l'horizon humain. C'est le spectacle que nous offre, dans sa courte durée, l'histoire de Jésus-Christ. Dans ses premières instructions à. ses apôtres il leur disait : « N'allez point vers les Gentils et n'entrez dans aucune ville des Samaritains; mais allez plutôt, aux brebis d'Israël qui sont perdues; » il ménageait ainsi l'état des esprits et ne prescrivait à ses apôtres que ce qu'ils pouvaient faire avec succès au début de leur mission. Bientôt la lumière grandit dans les paroles et les actes de Jésus; j'avance dans les Évangiles, et j'y lis : « Jésus étant entré dans Capernaùm, un centenier vint à lui, le priant et lui disant : Sei-
1. itvmtg. selon zttiiit Mnlthietu chu p. xxu, vers. 37. — Évang, selon saint Luc, chap. Mil, vers. U.
gneur, mon serviteur est au lit, dans la maison, malade de paralysie et fort tourmenté. Et Jésus lui dît : J'irai et je le guérirai. Et le centenier répondit et lui dit : Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres chez moi; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. Car, quoique je ne sois qu'un homme soumis à la puissance d'autrui, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va, et il va; et à l'autre: Viens, et il vient, et à mon serviteur : Fais cela, et il le fait. Ce que Jésus ayant ouï, il en fut fort étonné, et dit a ceux qui le suivaient : Je vous dis en vérité que jo n'ai point trouvé une si grande foi, pas même en Israël. Aussi je vous dis que plusieurs viendront d'Orient et d'Occident, et seront à table, au royaume des Cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob 1 . » Ainsi un grand pas se fait; ce n'est plus pour les seules brebis d'Israël que